‹ Mélanges d'histoire bénédictineChapitre 37 sur 69 · Martène, Anecd., V, 981-983 ; P. L. . t · texte numérisé non relu

Martène, Anecd., V, 981-983 ; P. L. . t

3. Cf. M. G. H. Lihelli de lite, III, 285,736-737. Les auteurs de \ Histoire littéraire de la France parlent de l'estime que S. Bernard professait pour Matthieu (t. XII, 222 ; cf. Mabillon, Annal., lib. 78. n. 32), mais, dans le passage auquel ils renvoient, il n'est question que de S. Malachie d'Armagh et du cardinal Albéric d'Ostie (cf. Vita Bern. auct. Gaufrid., ap. P. L. 185. col. 333).

On pourrait s'étonner, à première vue, que l'ordre bénédictin ne possède point de recueil disciplinaire complet,et même qu'on ait tenu si peu de compte des diverses manifestations ou transformations de sa discipline dans l'exposé de son histoire. On ne se trompera pas en affirmant que les bouleversements causés dans l'Ordre par la Révolution en France et la sécularisation forcée en Allemagne, qui arrêtèrent brusquement les travaux d'histoire monastique,entrepris par les congrégations de St-Maur et de St-Vanne ainsi que par les abbayes de St-Blaise et de St-Emmeran de Ratisbonne, ont créé cette lacune dans notre historiographie. Les continuateurs des Annales de Mabillon auraient été certainement amenés à rechercher et à analyser les documents relatifs aux chapitres généraux de l'ordre, peut-être même à composer un recueil complet des actes de ces réunions si importants pour l'histoire de l'antique famille bénédictine. Ce n'est pas qu'il n'existe déjà des fragments de cette histoire disciplinaire : ainsi le « Veùis disciplina » de Hergott restera un ouvrage d'une grande utilité, tant que nous ne posséderons le recueil complet des Consuetudines monasticae entrepris par le P. Bruno Albers ; de même une partie importante des chapitres généraux d'Angleterre a été mise au jour par le P. Clément Reyner dans son « Apostolatus Benedictinorum in Anglia >; Trithème a composé le recueil analytique des chapitres de la province de Mayence-Bamberg à partir de 1417. Mais, en dehors de ces travaux et de quelques fragments épars dans les grandes collections bénédictines et dans quelques revues, c'est en vain que l'on essaierait de rencontrer un recueil des matériaux relatifs à la discipline monastique à partir du XI 11^ siècle.

Dans les dernières années, il est vrai, l'attention des historiens a été rappelée sur ce sujet, mais pas encore avec tout l'intérêt qu'il mérite. Aussi l'auteur de ces lignes a-t-il cru faire une œuvre utile

1. Ce travail a été lu au Congrès International des savants catholiques à Munich, le 25 septembre 1900.

en entretenant les savants catholiques réunis à Munich en scptcmbre 1900, de l'institution des chapitres triennaux de l'ordre bénédictin, non pas avec l'intention de donner un aperçu historique complet, mais plutôt pour montrer leur importance et faire connaître l'état actuel de la littérature du sujet, dans l'espoir que cette communication pourrait servir à fixer l'attention des chercheurs sur les documents manuscrits encore cachés ou négligés dans les archives et les bibliothèques.

Le chapitre général, comme rouage essentiel de l'organisme d'un ordre religieux, est d'origine cistercienne ; comme manifestation de la vie religieuse et comme moyen d'affermir ou de rétablir la discipline régulière, il remonte, pour ainsi dire, aux origines du monachisme. Au IV^ siècle déjà, S. Pacôme, fondateur d'une sorte de congrégation monastique dans la Thébaïde supérieure, exerçait une autorité suprême sur les monastères qui suivaient sa règle : chaque année, à Pâques et au mois d'août, les religieux de ces différentes maisons se réunissaient en assemblée générale au monastère de Feboou, suivant un usage établi précédemment et une ancienne coutume {^). S. Basile demandait également i que les supérieurs des communautés se réunissent en des temps déterminés en certains lieux fixés d'avance », évidemment dans le but de traiter des intérêts de la discipline claustrale (2).

En Occident, l'ordre monastique n'adopta cet usage qu'au IX« siècle, quand on sentit la nécessité de porter remède à la trop grande variété d'observances, qui s'étaient introduites dans les monastères où l'on suivait la règle de S. Benoit. La grande assemblée des abbés de l'empire franc, convoquée en 817 à Aix-la- Chapelle sous l'inspiration de S. Benoît d'Aniane, est un fait isolé dans les annales de l'ordre. Soit qu'un grand nombre d'abbés ne partageassent pas les idées, parfois étroites, de l'abbé d'Aniane; soit que les circonstances ne se prêtassent pas à l'exécution du plan rêvé par Louis le Pieux, il ne fut plus question de réunir les abbés en assemblées générales.

Toutefois on constate qu'à partir de cette époque il se tint des réunions plus ou moins nombreuses ou périodiques, qui ne furent pas sans produire d'excellents effets sur la discipline. L'abbé du Mont-Cassin, berceau de l'ordre bénédictin, réunissait chaque année les supérieurs des monastères ou obédiences dépendant de

1. Cf. Ladeuze, Etude sur U cénobitisme Pakhtnnicn, Louvain, 1898. pp. 176. 286-287.

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