‹ Mélanges d'histoire bénédictineChapitre 8 sur 69 · Petr. Ven., c. 10, col · texte numérisé non relu

Petr. Ven., c. 10, col

pussent s'ouvrir en même temps pour chanter les louanf^es du Christ. Matthieu fit rembourser l'argent aux créanciers, et plus jamais il ne permit qu'on lui alléguât la pauvreté de la maison pour contracter des emprunts de ce genre (i).

On ne connaît que peu d'actes relatifs à l'administration priorale de Matthieu à Saint-Martin-des-Champs. En il 17, avant le 3 août, le roi Louis VI, à la demande de Matthieu, accorda au prieuré un serf du nom d'Ansoud (2). Peu après, dans le courant de la même année, ce prince autorisa Dreu, archidiacre de Notre-Dame, à donner à Saint-Martin ce qu'il possédait à Marolles, à Chevri et à Mandres(3). Le 27 novembre de cette année, Calixte II confirma les biens du monastère (4). Au commencement de 11 20, Louis VI approuva le don fait aux moines de St-Martin par Froger de Châlons et Agnès, sa femme, de l'église d'Attichi (5). On mentionne encore, en 11 20, une donation à Lerny et, en 1 123, une autre à Cressy (6).

Du consentement de l'abbé Ponce (1117-juin 1122), Matthieu établit un trentain de messes pour le repos de l'âme de ses deux prédécesseurs, les prieurs Thibaut et Ursion (7).

Tandis que Matthieu se consacrait entièrement au bien de son prieuré, un changement important s'était opéré à Cluny. L'abbé Ponce de Melgueil, dont l'administration avait si profondément troublé la congrégation clunisienne, avait été remplacé par le prieur, Hugues de Marcigny. Mais ce vieillard, recommandable par ses vertus, n'avait occupé la charge abbatiale que pendant trois mois, et, lors du nouveau scrutin ouvert pendant l'octave de l'Assomption de l'an 1 122, c'était un jeune moine de vingt-huit ans qui avait été appelé par le suffrage des frères à recueillir la succession des grands abbés de Cluny.

Pierre-Maurice de Montboisier, descendant d'une illustre famille d'Auvergne, avait été offert à Dieu par ses parents dans le prieuré de Sauxillange. Envoyé de bonne heure à Vézelay, il en avait été rappelé par l'abbé Ponce pour être mis à la tète du prieuré de Domène. Ses vertus étaient supérieures à l'éclat de sa naissance, et, quand le jeune prieur entra au chapitre pour prendre part à l'élec-

Page 1