‹ Mélanges d'histoire bénédictineChapitre 9 sur 69 · Martyrologe de Si-Martin ap. Marrier, Ilistoria · texte numérisé non relu

Martyrologe de Si-Martin ap. Marrier, Ilistoria

tion, il n'y eut qu'une voix pour le proclamer dîî^ne de monter sur le siège abbatial de Cluny. A la nouvelle de cette nomination, la joie fut vive dans l'ordre jusque-là si troublé, et le Pontife romain, Calixte II, en confirmant l'élection de Pierre (21 octobre 11 22), fut heureux de donner à Cluny un nouveau témoignage de l'affection dont il entourait cette maison (M.

Au moment où il recevait le bâton pastoral, signe de la juridiction qu'il devait exercer sur Cluny, le jeune prieur de Domène, qui se voyait subitement élevé à une si haute position, se trouvait en face d'une situation pleine de responsabilités et de périls. Pierre de Montboisier pouvait avoir forcé par ses vertus le respect de ses électeurs et les avoir rappelé au véritable sentiment de leur vocation et de leur devoir ; il ne pouvait se dissimuler que sa tâche était lourde et que la lutte, suspendue pendant le scrutin, était de nouveau imminente. Les troubles suscités sous Ponce et par la faute de cet abbé, avaient laissé des traces nombreuses et profondes ; la discipline avait faibli, le sentiment du devoir s'était émoussé, le respect de la tradition avait en partie disparu, et l'agitation qui régnait encore dans les âmes ébranlées par les événements qui avaient marqué la fin du gouvernement de Ponce, divisait en plusieurs partis ceux qui n'auraient dû avoir qu'un seul cœur et une seule âme. « Ramener la régularité parmi les religieux qui s'étaient abandonnés à leur volonté, concilier les partis qui divisaient la communauté, lutter peut-être contre les intrigues de Pons et de ses partisans, restaurer les intérêts temporels gravement compromis, empêcher que les désordres récents ne ternissent la réputation de l'ordre et ne portassent atteinte à son unité, poursuivre le cours de ses visites pastorales dans les maisons qui avaient participé au relâchement, lui parut une tâche trop lourde pour un seul homme et dont l'accomplissement exigeait l'aide du temps et d'un collaborateur (2). »

Le nouvel abbé de Cluny n'était pas sans connaître les mérites du prieur de Saint-IMartin-des-Champs, dont l'importante maison était alors considérée comme un des remparts de l'observance clunisienne et un modèle de régularité monastique. Aussitôt après son élection, Pierre de Montboisier l'appela à Cluny pour l'aider dans son œuvre de restauration. Matthieu avait le zèle de la maison de Dieu, et son ardeur pour le bien ne con-

1. Mabillon. Annal., VI, 79-80 ; Pat. lai., 163, col. 1226 ; Robert, II, 7^73-

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