De là le nom du rite, « les nourritures de Varana
5. C. B., 2, 5,2, 1. — VoirS. Lévi, p. 486, n. 1, le texte T. B., 1, 6,4,4.
n'indique que ce dernier terme du mythe. — Nous n'étudions qu’un des trois rites qui font partie de la cérémonie : l’un de ces rites est un bain identique au bain de la sortie du sacrifice à soma (voy. plus haut, p. 67), l’autre est une confession de la femme, de tout point comparable à l'épreuve lévitique de la femme adultère. Toute la fête à ainsi un caractère purificatoire bien marqué (voy. plus haut, p 95, n. 4 et 8).
6. Toutes faites d'orge; exceptionnellement quelques-unes peuvent être faites de riz: Ap. çr. sû, VIII, 5, 35.
7e Àp., VII, 5, 42; 6. 4 sqq. ; 10 sqq. — Évidemment ces deux images
représentent l’esprit de l’orge, considéré comme fécondant et fécondé
(cf. T. B., 1, 6, 6, 4, sur la copulation figurée de ces deux animaux, par laquelle les créatures se délient du lien de Varuna), mais il n’y a pas de texte bien net sur ce point; quoique le rite ait bien en ue même le sens d’une création magique de l'esprit de l’orge (cf. Ç. B., 2, 5, 2, 16 où il est dit que le bélier c’est « Varuna visible » et où il s’agit du bélier figuré et non pas d’un bélier quelconque comme le croit M. Lévi, Doctrine, p. 155, n. 4), les textes ne dégagent pas assez cette signification pour que nous puissions la développer.
Mauss-HUBERT. PM.
fice ; une part est attribuée à Varuna ainsi que d’autres offrandes d'orge. Et alors on mange solennellement le reste. « Par le sacrifice on écarte! » Varuna, on l’élimine, ôn débarrasse ceux qui mangeront de l'orge du « lien » qu'il jetterait sur eux. Puis, en mangeant ce qui reste des figurines, on absorbe l'esprit même de l’orge. La commupion se superpose done nettement à la désacralisation. Dans ce cas et dans les cas similaires, on craint sans doute que la profanation n'ait été incomplète et que, d'autre part, le sacrifiant n’ait reçu qu’une demi-consécration. Le sacrifice établit un niveau entre la sainteté de l’objet à mettre en usage et celle du sacrifiant.
Mais dans les sacrifices dont le but est de fertiliser la terre?, de lui infuser une vie divine ou de rendre plus active : la vie qu’elle peut avoir déjà, il ne s’agit plus comme précédemment, d'éliminer un caractère sacré ; il faut le communiquer. Les procédés de communiéation directe ou indirecte sont doncnécessairement impliqués dansces sortes d'opérations. Il faut fixer dans le sol un esprit qui le féconde. Les Khonds sacrifiaient des victimes humaines pour assurer la fertilité des terres; les chairs étaient partagées entre les différents groupes et enterrées dans les champs*. Ailleurs, le sang de la victime humaine était répandu sur la terre *. En Europe, on dépose dans le champ des cendres de la Saint-Jean, du pain bénit de la Saint- Antoine‘, des os de bêtes tuées à Pâques ou à d'autres fêtes °. Mais, souvent, la victime n’était pas toute employée de cette manière et, comme dans les Bouphonia, les sacrifiants en recevaient leur part”. Parfois même elle leur était