‹ Mélanges d'histoire des religionsChapitre 146 sur 197 · Ils ne se nourrissent que de miel et de palme bangalow · texte numérisé non relu

Ils ne se nourrissent que de miel et de palme bangalow

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‘en arrivent à presque mourir de faim. C’est alors qu'ils

reçoivent du dieu les dons de magie !.

3° Les révélations complexes. — On remarque aisément combien tous ces renseignements sommaires, toujours insuffisants, laissent d’obscurités. Il est probable que la plupart recouvrent des faits infiniment plüs complexes. D'abord les préparations auxquelles sont soumis les magiciens, les conditions requises pour qu'ils se sentent élus par les esprits sont presque toujours négligées par nos informateurs. La faute en est probablement aux témoins indigènes

auteurs des récits. Ensuite la description exacte des sen-

sations et des illusions éprouvées manque presque toujours ; nous ne savons ni le détail, ni les thèmes généraux de ces événements. Enfin n’y a-t-il que des rêves proprement dits, ou bien l'individu. est-il en état d'extase ? Quelle est la part de la sincérité, quelle est la part de la fiction, de la tradition mythologique et de la conscience individuelle ? L’individu est il vraiment victime d’illusions de ses sens, et ses illusions’ ne lui sont-elles pas

4. Nous ne savons pas certainement à quelle tribu il faut attribuer ce que Palmer, dans le même article, nous dit de la révélation des formules et rites au magicien, par les esprits, appelés Limbeen-jar-goolong, loc. cit., p. 291 et 292. C’est probablement à la tribu des Miappe, sur laquelle Palmer a informé Curr, Austr. Race, II, p. 330. Les Lembeen-jar-goolong semblent être des esprits mythiques ancestraux.Cf.Roth,Ethn-Stud., page 153: chez les Mita-Koodi, Limbin-j4-Koolun désigne les morts. Nous évitons de même derien dire de définitifsurla tribu des Euah-laya. Nous attendons la publication définitive des documents que Mrs Langloh Parker nous promet ; nous n’avons pu voir que le dernier de ses articles, The Medicine and Witchcraft of the Blacks of Australia, Austr. Anthr. Jour. n. s. I, n° 17 et 18, où il est question des relations qui existent entre le Wirreenum, magicien, et ses gooweera; cf. légendes in Australian Legendary Tales, 1896, p. 80 et 81 (ancienne magicienne devenue étoile filante et qui réssuscite son fils en le faisant piquer dans une fourmilière) ; More Australian Legendary Tales, 1898, p. 14, 16, 23 et 24 (magiciens qui envoient au loin leurs « dream spirits », sous la forme de tourbillons), p. 53 ( « spirit-tree » d’un magicien), p. 90 et 92 éle séjour de Bayame, en cristal de roche): (perte de pouvoirs par suite d'absorption de boissons chaudes), p. xi1v ; toutes croyances qui doivent certainement entrer dans une description mythique de l’origine des pouvoirs magiques, description que nous n'avons pas encore.

imposées par la tradition ? Dans quelle mesure ses soidisant expériences sont-elles vraiment l’objet de souvenirs et n'est-ce pas très longtemps après sa révélation qu'ilarrive à se convaincre de les avoir éprouvées ? N'est-ce pas à force de méditations et de hâbleries qu'il arrive à devenir, pour lui-même et pour les autres, l’homme de son personnage ? Autant de questions psychologiques qui restent insolubles tant que nous n'avons que des documents de Cette valeur Enfin, au point de vue des mythes et des rites impliqués, quelle n’est pas l'insuffisance de ces informations! Quels sont ces esprits, âmes des morts. que nous avons des raisons de confondre avec les esprits de la nature et les âmes totémiques ? Que sont ces cristaux de quartz, « symboles de la déité!», pourquoi ce pouvoir leur est-il attribué ? Quels rites le magicien observe-t-il pendant et après ces états d’extase ? N’est-il pas aussi soumis à une autre initiation, à une révélation traditionnelle ? Quels sont les rites qui doivent être observés par le nouveau magicien, après initiation, s’il veut conserver ses pouvoirs? Sans supposer que tous ces divers phénomènes, à propos desquels nous posons toutes ces questions, se rencontrent dans toute initiation magique en Australie, il est rationnel de penser que toujours un certain nombre d’entre eux tout au moins composent le système reconnu par chaque société. Nous ne connaissons pas de fait qui infirme cette hypothèse. Tout au contraire ;: dès que nous trouvons des récits vraiment détaillés, nous n’avons plus en face de nous que des espèces, des variantes d’un même type de conte magique. Les incidents varient en nombre et en place dans des limites assez étroites et ne sont que des manières plus ou moins parfaites de représenter par des images et des coutumes diverses une même institution, un même phénomène social complexe. C'est ce dont va nous convaincre l’étude comparative de documents à peu près complets.

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