H. Hubert et M. Mauss, La Magie, L. L., p. 61; sq
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science du: même coup de leur accord et de sa fatalité. L'objectivité de ces faits résulte de leur subjectivité partagée et subie. D'autre part, leur abstraction est parallèle
à leur objectivation. Enfin, la première notion, cellé de
mana ou de sacré, prête de sa réalité à la deuxième, celle de temps. Mais, étant donné que les conditions du milieu mystique sont telles que toute conception y devient efficacité et réalité, toutes les fois que, dans ce milieu, il ya lieu de concevoir la notion abstraite et générale de temps, ce temps se trouve réalisé absolument; d’où il suit, une ‘fois de plus, que les choses religieuses, qui se passent dans le temps, sont légitimement et logiquement considérées comme se passant dans l'éternité.
Que la même abstrâction ait pu se former dans d’autres conditions, nous n’en savons rien et nous nous gardons bien de le nier. Nous prétendons seulement montrer que. celles-ci sont particulièrement favorables à sa production, en raison de l'objectivité qu’elles sont capables de lui donner, tout d'abord, et, en outre, parce qu'elles se prêtent à la formation des conventions qui créent les mots, sans lesquels il n’y a pas d’abstraction qui tienne. L’abstraction qui en sortirait répondrait bien aux caractères de la notion de temps, puisque sa formation serait parallèle à
celle d’un système de points successifs, définis par les concomitances décrites et dont les positions relatives, réglées par la loi du rythme, puisqu'il s’agit de représentations sociales, constitueraient un tableau du temps.
A supposer que les conditions énoncées ci-dessus, pouvoir d’abstraire et de généraliser, constatation en commun de coincidences, travail collectif des consciences, notions de sacré et de pouvoir magique, aient pu suffire à donner à la magie et à la religion la notion de temps dont elles font état, faut-il en inférer que les mêmes phénomènes d'activité collective soient nécessaires à la formation de la notion de temps, qui fonctionne dans nos consciences,
en dehors de toute préoccupation de magie ou de religion ?
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Nous sommes bien loin de le prétendre, et nous n'avons aucun intérêt à spéculer là-dessus. En tout cas, si l'on considère non plus ce qu’il y a de plus simple et de plus abstrait dans notre notion de temps, mais la complexité
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réelle de celles de nos représentations où elle est impliquée telle qu’elle résulte du passé et de la tradition, il est
incontestable que les fornres spéciales de cette notion ie
viennent d’être étudiées ont largement contribué à l’élabo-
ration des autres.
D'ailleurs, notre représentation réelle h temps, qui,
comme nous le disions, suppose une sorte de tableau fixe
dont les points semblent avoir la propriété de monter, les uns après les autres dans le présent de notre conscience,
se détache mal ou, du moins, ne se détache que par une .
abstraction, toujours imparfaite, de notre système de mesure
du temps et tout spécialement du calendrier. Or, en fait,
la véritable fonction originelle des calendriers est reli-
gieuse ou magico-religieuse. Ils servaient essentiellement à prévoir le retour des faits, dont on croyait qu'ils entrai- .
nent nécessairement avec eux la célébration de tels rites
ou la production de tel phénomène auquel la religion devait
avoir égard. S'il est difficile de prouver qu'ils ont été réellement institués pour assurer l'observation régulière des
concomitances fatales d'images et de rites, on peut obser-
ver toutefois que les rectifications auxquelles ils ont donné
lieu, même assez récemment, ont eu pour objet de retrouver
la régularité de ces concomitances, ce qui constitue au
moins une forte présomption en ce qui concerne la nature
de leur institution première. Le but des réformes julienne . et grégorienne du calendrier a été essentiellement reli-
gieux. C’est également pour des raisons religieuses, que ces réformes ne sont pas acceptées sans opposition et qu’il subsiste toujours quelque chose des calendriers abolis:
L'autorité de la convention qui crée le calendrier lui donne
une réalité égale à celle des phénomènes sur lesquels on
prétend le régler Bref, le calendrier est l'ordre de la pério-
<> qu vil est le de des dites du temps. Les drontiore re | Fe driers sont des almanachs, qui enregistrent, jour par jour, Eu les pronostics et les prescriptions magico-religieuses !. Leriite 10 Ainsi l'institution des calendriers n’a pas pour objet (hi "à unique, ni sans doute. pour objet premier de mesurer “2 l'écoulement du temps considéré comme quantité. Elle F4 procède non pas de l'idée d’un temps purement quantitatif, F “mais de l’idée du temps qualitatjf, composé de parties discontinues, hétérogènes et tournant sans cesse sur lui- + même, dont nous avons exposé plus haut les caractères. A | dire le vrai, la fructification continue de cette deuxième notion était de nature, en fin de compte, à produire la 10 première. La multiplication des points qualifiés, la diffé- | renciation progressive des parties énumérables, la confu- ? 4 1e Re sion même des qualités, que nous avons déjà décrite, ne à devait conduire à l’analyse des synthèses premières. En ENT. nu
somme, le travail d'abstraction, d’où est sortie la notion. a? Re + s . . .. ns  ù . PEUR du temps objectif, quantitatif et abstrait, est peut-être la Li. 1 ONE suite de celui qui a détaché dec choses le temps qualitatif ET ‘et à demi concret. + LPS s, % Fr. LA: + À ' 4 g a ‘ X + “Fe EN 1. Cf. Chabas, Le calendrier des jours fasles et néfastes de l’année a e. | égyplienne. ; pis PAU : = NÉE “E F ù te », ‘
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