‹ Mélanges d'histoire des religionsChapitre 72 sur 197 · Paus. X · texte numérisé non relu

Paus. X

. CI. Frazer, Gold. B.. II, p. 445, 498, etc.

. Chavero, Mexico à través de los Siglos, p. 644. . Porph. D. Abst., IT, p. 154.

Ce : l

Mais le rituel hindou va nous permettre de mieux suivre toute la suite d'opérations au cours desquelles la victime est progressivement divinisée. Après qu’on l’a baignée!, on l'introduit, tandis qu’on fait différentes libations ?. On lui adresse alors la parole en multipliant les épithètes laudatives et en la priant de se tranquilliser 5. En même temps, on invoque le dieu, maître des bestiaux, pour lui demander de consentir à ce qu’on prenne sa propriété pou en faire une victime‘. Ces précautions, ces propitiations ces marques d’honneur ont un double but. D'abord, elles accusent le caractère sacré de la victime ; en la qualifiant de chose excellente, de propriété des dieux, ôn la fait telle. Mais surtout, il s’agit de l’induire à se laisser sacrifier ‘pui- ‘siblement pour le bien des hommes, à ne pas se venger une fois morte. Ces usages. qui sont infiniment fréquents, ne signifient pas, comme on l’a dit, que la bête sacrifiée est toujours un ancien animal totémique. L'’explication est plus prochaine. Il y a dans la victime un esprit que le sacrifice a précisément pour objet de libérer. Il faut done se concilier cet esprit qui, autrement, pourrait, une fois libre, devenir dangereux; de là, ces flatteries et ces excuses préalables.

dr Ap. CRAN IR EAS EME

2. Ap. çr.sû., NIL, 19, 10. Les mantras de ces libations sont T. $..4, 4 9. Chose curieuse, ces mantras se retrouvent dans A. V., IL, 34: ef. Weber. Id. Stud. NT, p. 207; ils sont employés (Kauc. Sû., 57,20) lors de l’initiation du jeune brahmane. C’est que. en fait, il s’agit bien d’une sorte d'introduction dans le monde religieux. — Des libations lors de la présentation de la victime se retrouvent assez souvent : Paton, Cos., 40. 9. — En Assyrie, Rawlinson, W. 4. I., IV, 32, Inscript. de Sippara.

8. T.S., 1, 3, 7, 1; 6, 8, 6, 1.2; Ap. cr. st., NII, 42, 6. — Cf V.S., &5, = Maitr. S., 5, 3, 9, 6; Ça. Br., 3, 7, 3, 9 sqq.; Kéé. er. sd, 6, 3, 419.

4. Àp. id. le dieu est dans le cas présent Prajäpati-Rudra : T. Sale 4, 1,-commenté par T.S., 8.1. 4, 5. Cette invocation n’est pas pratiquée par d’autres écoles.

5. Marq. Rôm. Allerth., NI, p. 175. — Cf. Frazer, Gold. B., IL, p.110, sqq- — La chose était encore plus naturelle lorsqu'il s'agissait d'une victime humaine (voir Serv. «d Aen., I, 57. Cf. Eur. Herak. 350 Sqq.; Phoen., 890; Ath. XIIL, p. 602. Chavero, Mexico, etc., p. 610. Cf. Macpherson, Memorials of.service in India, 1865, p. 146) et encore plus lorsqu'il s’agit

* d’une victime dieu.

Puis, on lie la victime au poteau. À ce moment, le caractère sacré qu’elle est en train d’acquérir.est déjà tel que le brahmane ne peut plus la toucher avec les mains, et que le sacrificateur lui-même hésite à s’en approcher. Il a bésoin d’y être invité et encouragé par une formule spéciale que lui adresse un prêtre’. Et cependant, pour porter à ces dérnières limites cette religiosité déjà si haute, trois séries de rites sont nécessaires. On fait boire de l’eau . à la bête *, car l’eau est divine ; on la lustre en dessus, en dessous, partout *. Ensuite, on l’oint de beurre fondu sur la tête, sur le garrot et les deux épaules, sur la croupe et entre les deux cornes. Ces onctions correspondent à celles qui se faisaient avec de l'huile dans le sacrifice hébreu, à la cérémonie de la mola salsa à Rome, aux oÿaf ou grains d'orge que les assistants, en Grèce, jetaient sur l’animal *. De même, on retrouve un peu partout des libations analogues à celles dont nous venons de parler. Elles avaient pour objet de produire une accumulation de sainteté sur la

1. Ap., VU, 13-8. Le mantra est T. S., 1, 3, 8,1 commenté, 6, 3, 6, 3, dhrsa manusa «affermis-toi, ô homme! « — Une autre tradition FV. S., VI, 8. €. Br.3,7,4,1,veut qu'on adresse à la bête la formule dhrsa manusän, « affermis les hommes ». Nous croyons, contrairement à l'opinion de M. Schwab (op. cit., p. 84, n. 2), que le texte des Taitt. est plus fondé, dans la nature du rite. Les Vâjasaneins représentent, là comme ailleurs, une tradition plus épurée et rationalisée. Le rapprochement avec R. V.. I, 63, 3, ne prévaut pas.

2. Ap., VIL 13, 9 et comm. On lui dit : « tu es un buveur d'eau »: V. S., VI 10 8. TS, 4,328, 4. M Ludwig ad R.V?X,36,'8,.t. IV. p. 285 pense (ef. Säy. ad. Tail. S.) que le sens est : « Tu as soif d’eau ». Mais le sens qué nous adoptons est celui qu'indiquent le C. Br., 3, 7, 4, 6. Cf. T. &., 6, 3, 6. 4 fin, ainsi que les comm. à V.8., loc. cit. et à Kdk., 6, 3, 32. En faisant boire la bête, on la rend intérieurement pure. De même le sacrifiant se rince la bouche avant le sacrifice.

Page 1