‹ Mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur Luchaire (volume 2)Chapitre 13 sur 51 · Annales de LouisVI , n · texte numérisé non relu

Annales de LouisVI , n

IIL’GUE DE CLERS ET LE « DE SENESCALCIÀ FRANCÏÆ » 15

héritier des pouvoirs de l'ancien comte du palais, ayant, à ce titre, la haute surveillance de tout le service de la bouche. — A coup sûr, les chartes de la famille des bouteillers de la Tour et celles de la région de Senlis, en général, ne font, à notre connaissance, aucune mention des droits de suzeraineté exercés par les comtes d’Anjou sur les terres contiguës à cette cité. — Notons qu'en 1117-1119, le bouteiller de Louis VI était Gilbert de Garlande1, et non un membre de la famille de Senlis. Nous ne connaissons pas d'ailleurs, dans cette famille et pour la première moitié du xu0 siècle, un Gautier. Gui II de la Tour ou de Senlis avait été bouteiller jusqu'en 1112. Louis de Senlis le fut de 1112 à 1132, époque où il fut remplacé par Guillaume de Senlis. Mais peut-être l'auteur du traité parle-t-il d'une autre époque que celle de l'entrevue de Marchenoir ; et d'ailleurs un copiste peut avoir mal interprété la lettre G., abrévation de Guido ou de Guillelmus, détail sur lequel nous n'insistons pas.

Les prérogatives du grand sénéchal

C'est peut-être la partie la plus curieuse du traité attribué à Hugue de Clers. Lorsque le comte d'Anjou vient à la cour du roi, le sénéchal (ordinaire) ordonne aux maréchaux de lui préparer et de lui livrer son logement. A son arrivée, le sénéchal va au devant de lui et le conduit au logis qu’il doit occuper, puis il annonce au roi la venue du haut dignitaire. Si le comte veut aller trouver le roi, le sénéchal le conduit à la cour et le reconduit de la cour à son logis. S’agit-il d’un couronnement royal ? le jour de la solennité, au banquet d’apparat auquel assiste le roi, le sénéchal fait préparer pour le comte un siège couvert d’une belle étoffe et le comte s’y asseoit jusqu’au moment où commence le service de bouche. Au premier service, le comte se désagrafe, se lève de son siège et prenant le plat des mains du sénéchal, le place devant le roi et la reine, puis, au fur et à mesure, donne ses ordres au sénéchal. Il s'asseoit un peu en arrière pour attendre la présentation des autres services, et agit de même jusqu'à la fin.

Après le banquet, il monte à cheval, escorté du sénéchal, et revient à son logis. Le destrier qui l’a amené à la cour devient la propriété du maître queux du roi : son manteau de cour est donné au dépensier , mais une fois le repas terminé. Le panetier

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