‹ Mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur Luchaire (volume 2)Chapitre 20 sur 51 · HF. XVI · texte numérisé non relu

HF. XVI

que Henri II et ses agents faisaient à Saint-Julien, comme dans bien d’autres établissements religieux delà Touraine, une propagande active pour substituer le patronage des Plantagenets à celui des Capétiens ; mais elle prouve aussi que les archevêques n’étaient pas disposés à laisser ce changement s’accomplir et à rompre les liens qui les rattachaient à la France. Par faiblesse de caractère et surtout par l’impuissance où il était d’agir en Touraine, c’est-à-dire en pays ennemi, Louis VII a pu cesser d’exercer ses droits sur les églises de cette région, mais nous considérons comme tout à fait invraisemblable qu’il ait consenti par déclaration solennelle à les transférer à son rival. La charte où apparaît le nom d’Hugue de Clers était destinée à faciliter la tâche des fonctionnaires d’Henri II : elle faisait de leur prétention et de leur désir une réalité.

Les textes relatifs à Vhistoire du dapiférat sous Philippe - A uguste .

M. Bémont n’a cité, à l’appui de sa thèse ou plutôt de celle d’Hugue de Clers, qu’une partie de ces textes ; non seulement ils ne sont pas de nature à la corroborer, mais, à les examiner de près, on jugera qu’ils lui sont plutôt défavorables.

I. — S’il était une circonstance où les comtes d’Anjou fussent autorisés à faire valoir les droits attachés à la 'charge de grand sénéchal de France, c’était assurément l’époque du sacre, la solennité religieuse du couronnement et le repas d’apparat qui suivait la cérémonie d’église. Nous savons par les formulaires1 que le haut vassal chargé, dans cette occurrence, des fonctions de sénéchal, portait l’épée devant le roi et servait ensuite, comme porte-mets , à la table royale. Or, le 1er novembre 1179, eut lieu, à Reims, du vivant même de Louis VII qui ne mourut que l’année suivante, le couronnement de Philippe-Auguste, l’héritier présomptif du trône. Le sénéchal en exercice, Thibaud V, comte de Blois, n’est pas nommé parmi les barons qui assistèrent au sacre, soit que la maladie l’ait empêché de venir, soit que la place prépondérante occupée à la cour de France par Philippe d’Alsace, comte de Flandre, portât déjà ombrage à la maison de Champagne. On remarquera que la sœur de Thibaud, la mère même de Philippe-Auguste, la reine Adèle, ne fut pas non plus

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