CONCLUSIONS
1° Si la première partie de ce document, attribuée à Foulque Nerra, est un tissu d'erreurs et d’anachronismes, la seconde qui contient le témoignage personnel de Hugue de Clers, sénéchal de la Flèche, ne mérite pas non plus la confiance des historiens.
2° L’auteur, peut-être un clerc de l’entourage de Hugue de Clers, a certainement travesti les faits historiques, dans le double dessein de mettre en vue la personnalité de ce fonctionnaire et de justifier les prétentions du roi d’Angleterre à la sénéchaussée de France.
3° Il était d'ailleurs au courant des détails de l’histoire de la cour capétienne sous les règnes de Louis VI et de Louis VII; mais l’exactitude de certains faits qu’il rapporte ne rend pas plus acceptables les invraisemblances et les faussetés que présente son récit.
4° Les documents qu’on a invoqués k l’appui de son dire, pour établir sa véracité, ou bien n’ont pas de valeur historique, ou bien sont inspirés du traité De Senescalcia lui-même, ou bien ne sont en rien favorables à la thèse des prétentions angevines.
5° Tout porte à croire que l’écrit composé au nom de Hugue de Clers a été produit en 1158, au moment où la chancellerie de Henri II négociait avec la cour de France pour faire attribuer au roi d’Angleterre la fonction de sénéchal, en vue de son expédition de Bretagne.
Achille Luchaire.