‹ Mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur Luchaire (volume 2)Chapitre 38 sur 51 · Inv., nos 42, 57, 58, 71, 76, 125; Cf. 9 et · texte numérisé non relu

Inv., nos 42, 57, 58, 71, 76, 125; Cf. 9 et

Chose édifiante, Y un d’eux commençait gravement par une citation de saint Mathieu1 et un. autre avait pris pour sujet la Sainte-Ecriture 2.

Les occasions s’offraient à lui de se détourner sur la poésie, la fantaisie, le conte. Il comparait les deux auteurs du Roman de la Rose : la douceur tendre et voluptueuse de Guillaume de Lorris avec la véhémente satire de Jean de Meung, sa liberté cynique et souvent méchante3. Il ne nous a pas marqué ses préférences. Tout au moins savons-nous qu’il sacrifiait, comme ses contemporains, à l’Allégorie4. De Pétrarque5 ou de Boccace6, lequel avait pour lui plus de charme, nous voudrions aussi le savoir. Il avait de chacun trois manuscrits, mais il ne pouvait goûter qu’à travers une traduction la grâce légère et attristée du chantre de Laure, la prose animée de l’auteur du Décaméron . Qui pourrait dire s’il se scandalisait ou non de ce livre et de VArt d'aimer d’Ovide que Christine de Pisan censurait durement7.

Selon toute apparence, le comte croyait rêver encore en lisant les merveilleux voyages de Marco-Polo 8 de Rubruquis 9 et de Jean de Mandeville10; la vision de la Tartarie, de l’immense étendue du royaume du grand Khan, de ses formidables armées, tout cela devait, dans son cerveau, éveiller les fantastiques images d’un Orient supposé. Les temps n’étaient pas encore venus où il aurait appris que le monde occidental était plus vaste que l’univers borné figuré sur sa Mappe marine^. A bien plus forte raison, ne pouvait-il soupçonner encore que des planètes restaient à décrire dont ne lui parlaient point ses livres d’astronomie12.

1. Inv., 57 ; cette citation peut être également tirée de saint Marc.

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