‹ Mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur Luchaire (volume 2)Chapitre 39 sur 51 · Luchaire. Moyen Age · texte numérisé non relu

Luchaire. Moyen Age

MÉLANGES d’hISTOIRE DU MOYEN AGE

Théologie, Morale et, à un degré moindre. Histoire, Roman*, Poésie, Voyages, on voit où allaient les prédilections de Jean d’Angoulême. — En grande majorité, les auteurs dont il cherchait l’intimité étaient chrétiens. Au milieu d’eux, l’antiquité païenne n’était représentée que par deux versions latines d’Aristote, par Térence, Cicéron, Ovide et Valère Maxime L

Ce choix, parce qu’il est capricieux, n’est pas sans intérêt. Si les préférences qu’il révèle ne sont pas pour surprendre, on pourra s’étonner pourtant de ne point rencontrer là un Virgile. Mais les poésies mêmes de Charles d’Orléans, frère du comte, comment ne figurent-elles pas au Catalogue ?

Quant au grec, Jean d’Angoulême vivait à la veille de la Renaissance et il ne savait pas le grec. Il ne possédait aucun ouvrage écrit en grec. Le seul mot grec qu’il ait cité, il l’a complètement défiguré2. A part le français et le latin, il n’entendait donc que l’anglais3 : n’avait-il pas eu, pour l’apprendre, les loisirs de la captivité 4 ?

La lecture de ses manuscrits, l’étude des traités de grammaire et de poésie qu’il possédait semblent, du reste, avoir inspiré au comte quelques œuvres personnelles. L’une d’elles n’est déjà plus inédite5. Les deux autres6 ne nous paraissent pas mériter les honneurs de la publication. Elles sont, malgré tout, intéressantes à plus d’un titre.

Par exemple, dans toutes les trois, nous retrouvons ces préoccupations religieuses et morales qui tenaient, dans l’âme du prince, la place éminente que l’on a vue7. Le titre donné à

1. Aristote, Inv., 11. 148. Térence, Inv., 23. Cicéron, Inv., HO. Ovide, Inv., 82 et 89. Valère Max., Inv., 25, 26. — Quant à Boèce (cf. suprà p. 45 n. 12, on discute s’il était chrétien ou non; cf. Boetius , derletzle Borner par J. S.Suttner; Fr. Nitzch, Das System desB.und ihrer Jugeschriebenen theologischen Schrifften, Berlin 1860; et plus récemment, Gaston Boissier, De V origine des traditions relatives au christianisme de Boèce (Extr. du Journal des Savants, Paris, sept. 1889).

2. B. Nat., lat. 7909 (cf. Inv., 23) ; le comte a dressé la table des comédies de Térence et il appelle l’Héautontimorumenos « Heauto tumenon ».

3. Cf. inv. n° 37, notes et Captivité /. d'Angoul. , citée p. 11.

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