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quelques-uns de ses vers parle assez de lui-même : « Le poème contre tout péché » ; l’Orgueil, l’Avarice, la Luxure, l’Envie, « la Gloutonnie, l’Ire et la Peresse » forment le sujet d’autant de chants... de quelques vingt rimes chacun1. L’amour de Dieu doit être la première assise de nos actions, sinon elles sont vaines : voilà quelles idées développe Jean d’Angoulême2. Ailleurs, dans la poésie appelée « Jeunesse 3 », il expose que cet âge est charmant mais qu’il faut guider ses ignorances, dresser ses habitudes, si l’on veut l’incliner au bien :
O très doulce enfance !
Age de plaisance.
Estât d’ignorance,
Foie soufisa[n]ce !
Tu ne cognois pas Corne celui t’avance Qui, de sa puissance,
Te fait démonstrance Et rigle tes pas!
Tu es un cerceau sans compas Se tu n’as doctrine et savance4...
Puis, il compare le jeune homme, voyageur au début de la route, à la barque qui n’a pas encore vogué loin du port :
Quant pèlerin, en la saison novelle,
Part de son huis et s’esbat et réveille,
Il ne scet pas des dangiers qu’il aura;
Barge sur port sault en la mer cruelle,
Plaist auz voians et apert gente et belle Qui tant de hurs force rencontrera5...
Une tournure d’esprit frappe aussi très vivement qui examine les vers que nous ne reproduisons pas : c’est la. complaisante citation des auteurs qu’avait lus le comte : Aristote6, les Distiques de Caton1, saint Bernard8 et surtout Alain de Lille9. Et cela confirme bien ce que nous savions déjà par ailleurs10.
Un troisième fait mérite qu’on s’y arrête : le Poème contre les péchés fut composé par le comte quand (il venait d’avoir dix