Cf. suprà passim
Trois pièces de vers, — dont l’une est sûrement un travail d’écolier, dont les deux autres, qui ne peuvent être datées, ne sont peut-être pas autre chose, — ne sauraient évidemment autoriser un jugement sérieux sur la veine poétique du prince. Recommander l’éloignement du vice et le culte de la vertu, c’est là, bien assurément, donner des conseils excellents; on sent que la piété, l’honnêteté de l’auteur percent à chaque ligne ; on cherche où perce son talent. Mais, de tout cela, puisque les documents significatifs font défaut, nul n’aurait le droit de conclure que le cœur du comte valût mieux que son intelligence et que son âme fût vraiment plus parfaite que son œuvre.
Prose ou Poésie, en réalité, Jean d’Angoulême paraît bien n’avoir jamais composé un livre original. Autrement, comment supposer qu’un pareil manuscrit eût échappé à notre Inventaire, lequel relate ceux-là même des volumes qui sont sortis de la Bibliothèque du comte1. Et puis, dans leurs dédicaces, les auteurs n’auraient pas manqué de joindre aux louanges qu’ils adressent au prince l’éloge de ses productions littéraires. Or, ou bien ils célèbrent son érudition :
Doctus es et doctas excolis usque Deas2 ;
ou bien ils vantent son caractère conciliant et lui consacrent, comme un symbole vivant de sa nature, cette Salamandre, que François Ier reprendra plus tard à son aïeul, et immortalisera :
Seigneur humain doulx et prudent,
Père de paix et d’union,
Qui estaignez tout feu ardent De noise et de division,
Je vous foys cy oblacion D’ung salmendre, qui estaint Le feu, par operation Naturelle, quand il luy3.
Ainsi, lire, résumer, compiler infatigablement, ne jamais secouer la tyrannie de sa propre mémoire, éternellement vivre
t. Cf. n<>* i, 2, 10, 22, 32, 33, 36, 38, 40, 77 de l'Inventaire.