Voir Imbert, Histoire de Thouars , p
109. Chronicon Britannicum , dans dom Bouquet, XI, p. 412, D; Chronique de Saint-Maixent, dans les Chroniques des églises d'Anjou, p. 399 ; Chronicon Vindocinenpe seu de Aquaria , ibid., p. 167.
110. Chronica Rainaldi Archidiaconi Andegav. dans les Chroniques des Eglises d'Anjou, p. 12:« MLXVII... Illo anno,cornes Britannorum Conanus,
allusion à des démêlés provoqués par l'affaire de la confiscation de Craon.
Le seigneur de Craon 1,1 ayant prêté hommage au duc de Bretagne, comte de Rennes, Geoffroy Martel prétendit que ce fief relevait du comté d’Anjou, en prononça la confiscation, s'en saisit et le confia à Robert le Bourguignon 112 . Ménage, unique source sur ce point des anciens historiens de la Bretagne, dom Morice et dom Lobineau, nous fait le récit très circonstancié de la guerre qui aurait alors éclaté. Le seigneur de Craon, dit-il, « appuyé de Robert de Vitré, son gendre, qui était un grand seigneur de Bretagne, et de Conan, duc de Bretagne, qui était un grand prince, leva des troupes pour se maintenir dans la seigneurie de Craon, confisquée sur lui par Geoffroy Martel pour félonie. Et avec ces troupes il fit des courses aux portes d'Angers... Geoffroy Martel, de son côté, leva aussi des troupes, et ces troupes défirent à Kspinace le seigneur de Craon 113 ».
Ainsi, d’après ce récit, il y aurait eu une guerre entre le seigneur de Craon soutenu par le duc de Bretagne et Geoffroy Martel, ce qui rendrait complètement compte de notre texte. Mais le dernier historien de la maison de Craon, M. Bertrand de Broussillon, déclare que « aucune pièce contemporaine, aucune chronique ne nous donne les détails » que nous venons de rapporter 114 . Quoi qu'il en soit, nous ne pouvons nous empêcher de remarquer que la guerre racontée par Ménage offre un caractère d'assez grande vraisemblance. Et, sans vouloir rechercher si les historiens qui ont inspiré Ménage lui-même avaient eu connaissance de textes disparus depuis, nous dirons que, même si aucun document n'a jamais permis d’affirmer qu’il y ait eu, à propos de la confiscation de Craon, lutte entre Geoffroy Martel et le duc de Bretagne, rationnellement il est probable que cette confiscation n’a pas été sans causer quelque conflit.
juvenis ac malitiosus, Andecavorum terram superbe adorsus, pervasioni suae ac superbiae, in ipsa Andecavorum terra, subita morte peremptus est. »
111. Guérin de Craon, disent les anciens historiens. M. Bertrand de Broussillon (La maison de Craon , I, p. 18 et suiv.) rectifie et dit qu’il s’agit de Suhart le Jeune, frère et successeur de Guérin I er .
112. Cartulaire delà Trinité de Vendôme, édition Métais, I, chartes n° 96, n° 98, n° 130. Cf. Cartulaire de Craon , édition Bertrand de Broussillon (La maison de Craon , 1), chartes n° 7 et n° 11.
113. Ménage, Histoire de Sablé (1683), livre IV, p. 121 et suiv.