L'OPPOSITION DU CLERGÉ SÉCULIER SOUS LE ROI ROBERT
Au cours du x® siècle, le clergé régulier s’est constitué en une sorte d’immense congrégation qui, non contente d’avoir conquis une place dans la société, aspire à la gouverner. Un ouvrage justement estimé a mis en lumière les progrès de l’abbaye de Cluny éprise de propagande et de réformes, qui, dans son extension rapide, se heurte au clergé épiscopal, entre en lutte avec lui sur la question du temporel et celle du spirituel, et, tout en réorganisant les monastères, se transforme, au contact de la société laïque, en un parti militant. Des conflits retentissants, querelles d’intérêt local et discussions tumultueuses et parfois sanglantes dans les synodes, mettent aux prises les évêques et les moines 2 . Une fois sur le terrain politique, la lutte est désormais entre deux factions rivales qui cherchent à gagner la faveur de la royauté pour dominer la politique robertinienne : lutte d’influences, lutte de politiciens où les rois, mis décidément en demeure de choisir, prennent parti pour les réformateurs.
1. E. Sackur, Die Cluniacenser in ihrer kirchlichen und allgemcinges chichtlichen wirksamkeit bis zur Mitte des elften Jahrhunderts. Halle, 1894, 2 v. 8°, 2 e éd.
2. Sackur, Die Cluniac ., consacre de très bons passages aux querelles des évêques et des moines. L'histoire des principaux conflits locaux et synodaux s’y trouve, tome I er , p. 270 et suiv., et, pour le règne de Robert, t. II, p. 84 et suiv. Le résumé des principaux épisodes dans Pfister, Etudes sur le règne du roi Robert le Pieux , p. 313 suiv.