XIII. — Llchaikb. — Mélanges <f histoire
MÉLANGES b'HISTOIRE DE MOVEN-AGE
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De 991 à 996, de changement d’orientation de la politique de Hugues Capet est très sensible : s’il ménage d’abord et les évêques et les moines, ses sympathies de plus en plus marquées pour ces derniers ne cessent de se manifester jusqu’au jour où, à l’occasion de la désastreuse affaire de Saint-Denis, il abandonne et condamne définitivement l’épiscopat 3 . Il n’est pas difficile de reconnaître dans cette évolution l’influence personnelle d’Abbon de Fleury-sur-Loire, chef véritable de la faction militante des moines, dès longtemps en faveur à la cour 4 . La violence du ton de son Apologétique , où il défend son parti avec lui-même \ nous fait soupçonner, indépendamment de sa querelle personnelle avec Arnoul d’Orléans, des intrigues auxquelles il est mêlé, des attaques auxquelles il lui faut répondre. Il n’en réussit pas moins à se maintenir, h telles enseignes que ses Canons , qui tracent véritablement le programme de la politique royale, ont pu passer, à tort ou à raison, pour un reste de la législation de Hugues CapetAbbon est, à la fin du x e siècle, le personnage important à la cour : il ne manquait plus, pour le triomphe du parti des moines, que l’avènement de Robert II.
La personne même et le caractère de Robert II semblent avoir été pour beaucoup dans le renversement d'influences qui s’accomplit. Derrière le roi pieux et le dévot presque imbécile encensé par Helgaud dans sa Vit a Rot ber ti , on devine, à ne pas s’y tromper, un allié des humbles et des moines, et il est certain que c'est lui qui dirige, dès le règne de son père, la nouvelle politique. Il semble qu'elle entraîne un plan systématique suggéré peut-être par les conseils d’Abbon, et comportant, avec l’exclusion des trop puissants appuis de la dynastie robertinienne, l’arrivée au pouvoir du bas clergé ; avec la ruine des traditions séculières, l'application des idées progressistes. Si, dès 995, la disgrâce d'Arnoul d'Orléans, et celle de Gerbert, accusé de trahison, et quittant la cour pour ne pas s’exposer « aux morsures des chiens du palais 7 », sont la conséquence des événements de
3. Sackuh, Die Cluninc ., t. I, p. 282. Pfister, p. 316, après E. de Certain, Arnould'Orléans, clans Ribl. Fc. des Ch., C.IV, 1854, p. 437 suiv., donnent le récit de l'affaire de Saint-Denis (D’après Aimoin, Vie d'Abbon, § 6-8).