Sackur, Die Cluniac ., t. II, pp
15. Aimoin, Vie d’Abbon, cite deux voyages diplomatiques d’Abbon de Fleury à Rome : en 996, auprès de Jean XVIII, au lendemain de l’afTaire de Saint-Denis (cf. Sackur, t. I, p. 290) ; en 998, auprès de Grégoire V, au sujet des deux affaires d’Arnoul de Reims et de la reine Berthe ( ibid ., 293).
MÉLANGES D*HISTOlKÈ LÜ MOYEN-AGE
Qu'on ne s'y méprenne point, (Tailleurs : la politique royale n'est pas de reformer une caste nouvelle à la place .de l’ancienne aristocratie séculière ; la faveur de Robert n'est pas si exclusive qu’elle n’élève que les moines. H est l'ami de tous les gens d'humble origine, qu’il sait s'attacher. Rien de plus caractéristique à cet égard que le spectacle de cette cour où Helgaud place Robert suivi à toute heure d’un cortège de pauvres et de petites gens i6 , et que tant d’autres traits qui se dégagent des anecdotes légendaires de la Vit a Rotberti . Le héros de cet hymne d’un moine en l’honneur de l'ami des moines est une figure vraiment populaire 17 . Robert II est, avec Odilon 18 , le rex etVarchangelus monachorum , le monachorum amator, pater ac nutritor , et, dans une plus large mesure, un ami du peuple.
De pareilles allures et une semblable popularité choquaient les idées traditionnelles du haut clergé français : mais les choses prennent une tournure qui les touche plus personnellement. Le roi a la haute main sur les élections épiscopales : systématiquement, — rien n’est plus manifeste, — il donne les sièges à ses créatures. Un évêque meurt : il pousse à sa place qui il veut ; or c’est toujours, (Raoul Glaber en témoigne), quelque clerc de basse extraction 19 . Plus tard, il investit des moines de son parti, à mesure que les sièges à pourvoir se multiplient 20 . La durée du règne permet de pousser la substitution à l’extrême : la plupart des séculiers sont en fait, à la fin du règne, des créatures du roi, comme Fulbert de Chartres, « évêque par la grâce de Dieu et du roi Robert », sauf illustres exceptions d'ailleurs : tel Adalbéron de Laon 21 . — Aussi bien, il est impossible de