‹ Mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 33 sur 117 · BiMtc. Posit. des th. de l'Éc. des Ch · texte numérisé non relu

BiMtc. Posit. des th. de l'Éc. des Ch

MÉLANGES D'illSTOIRK DU MOYEN-AGE

Il faut d’abord entretenir à la cour une agitation de surface : le temps n’est plus où les grands noms de Gerbert et d’Abbon donnaient quelque éclat, les disputes sur le cas d’Arnoul de Reims un air de profondeur aux querelles de parti. Dans ces années confuses du début du xi* siècle, on voit s'agiter autour de Robert de nouveaux venus : Hugues de Beauvais, Landry de Nevers, qui se heurtent au parti de l’autre siècle dont le chef est Adalbéron de Laon. La grande question, c’est celle des mariages de Robert. Les progressistes et les conservateurs se rallient au nom de Berthe et de Constance 40 ; l'aristocratie des évêques fait cause commune avec l’aristocratie laïque et les seigneurs mécontents, et quand Foulque Nerra fait assassiner Hugues de Beauvais 41 , c'est pour le plus grand bonheur des ennemis communs du roi. Il semble que, de près ou de loin, à la cour ou en disgrâce, Adalbéron surveille les événements, épie les occasions, et ce qu’il y a de plus clair, c’est que le parti d'opposition ne perd jamais pied dans l’entourage du roi. Le seul examen des diplômes du roi Robert suffit à convaincre que les anciens noms, au moins dans les grandes occasions, sont toujours à côté des nouveaux, dans les signatures apposées aux actes du gouvernement royal. Mais des documents tels que la Vita Rotberti , ne nous renseignent guère sur la figure que fait l’opposition au milieu d’une cour transformée et agitée. Seul le Rythmus satiricus de temporibus Rotberti regis , que nous allons étudier en détail, jette une demi-lumière sur des intrigues où dominent les ambitions personnelles plus que les intérêts des partis.

La polémique de pamphlets est pour l’opposition une arme redoutable, soit qu’elle s’en serve pour ridiculiser et stigmatiser le nouvel état des choses, soit qu’elle l’emploie ù exprimer ses théories conservatrices et ses idées politiques.

Aux abords du xi e siècle, la satire et le pamphlet ont eu une fortune extraordinaire; les écrits de tout genre qui attaquent et calomnient sont répandus à profusion. Dès le lendemain du synode de Saint-Denis, Arnoul d’Orléans composait contre Abbon son De Cartilagine qui n’était pas comme on l’a cru souvent, un « traité scientifique, mais une charge à fond contre les moines

40. Pfister, Études sur le règne de Robert , 51 suiv. 65 suiv. (Les mariages du roi Robert). Beaudoin, Les trois femmes du roi Robert, dans Mémoires de la Soc. des inscr . des lettres et des sciences de Toulouse , 1886, t. V, p. 201-222.

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