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MÉLANGES d’hI8T0IRE DU MOYEN-AGE
Il accompagne Robert, comme jadis Lothaire, dans ses voyages, à Chelles, à Dijon, à Massay en Berry, à Verberie, à Sénlis. C’est donc qu’il est fréquemment en relations avec le roi : et comment expliquer autrement la composition de ce poème théologique, De Summa Fidei , que nous avons mentionné ? Comment rendre compte de la démarche de Fulbert qui s’adresse à son crédit pour obtenir de Robert la vengeance d’Évrard 101 ? Il faut admettre qu’il jouit de la faveur royale ; et si l’on ne sait trop ce qu’il devient depuis l’an mil, il faut supposer que, sinon vers 1008, au moins depuis 1015 il est rentré en grâce et a su prendre un certain ascendant sur l’esprit du roi, et quelque influence sur ses décisions.
Cependant, malgré ces apparences, il s’en faut que l’accord soit parfait entre Adalbéron et Robert. Au cours de la longue lutte entre Jordan de Limoges et Gauzlin de Bourges, le duc d’Aquitaine, comme on sait, a pris parti pour le premier, et Robert soutient le second. Fulbert de Chartres nous est garant que, lorsque celui-ci l’emporte, c’est à Adalbéron de Laon que le duc écrit pour se plaindre vivement de la vilenie du roi 102 . La lettre tombe sous les yeux de Robert, et le roi est indigné de voir en quels termes ses vassaux parlent de lui 103 . Indication d’importance : il en faudrait plus pour prouver que l’évêque de Laon a soutenu franchement le duc contre le roi; mais ce détail ne laisse-t-il pas entrevoir qu’Adalbéron avait pria une attitude d’opposition? Pour en être sûr, il faut demander maintenant à ses œuvres et à ses pamphlets le secret de ses idées politiques et de sa conduite d’homme de parti 104 .
101. Fulbert (Migne, lettre 38) « Necessarium estregem nostrum... excitare... Quod ego te facere deprecor... ».
102. Fulbert, Lettre à Guillaume d'Aquitaine : « Volo autem vos scire quod literae, quas priores Laudunensi episcopo Azelino misistis, régi relatae sunt : qui etiam valde contristatus est de sua vilitate quam ibi scriptam invenit ». Historiens de France, X, 468, c.
103. Sur ces faits, Pfister, Éludes sur Robert le Pieux , p. 196.
104. Il vécut jusqu'au 19 juillet 1030 : Mabillon, Ann., I, 56, n. 30; Gallia Christian^, IX, col. 522; Martènb, Thés., II, 68; Histoire littéraire , t. VII, p. 292.
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LES POÈMES SATIRIQUES d’àDALBÉRON