DE NEVERS
Étude d 1 interprétation.
Ce document singulier, publié pour la première fois par Mabillon dans les Analecta Vetera, a été réimprimé au tome X du Recueil des Historiens de France, sous le titre de Rythmus sati ricus de temporibus Rotberti regis 105 . Le second éditeur remarquait déjà, en le plaçant à la suite du poème d’Adalbéron au roi Robert, comme un air de famille entre les deux écrits. Même arrière-pensée de la part des auteurs de YHistoire littéraire , qui soupçonnaient un vague rapport entre les deux satires ,06 . M. Beaudoin, faisant de son document le point de départ d’une étude sur les Femmes du roi Robert 107 , en attribuait, sans démonstration, la facture à Adalbéron de Laon, ou à l’un de ses élèves clercs, chansonnier des intrigues de Landry, comte de Nevers.
L’hypothèse est plausible. En effet, les noms, rapprochés dans la satire, de Landry et d’Adalbéron, font souvenir de l’aventure de 995, où Landry de Nevers se montra si sévère pour l’évêque traître : de là leur profonde inimitié. D’autre part, on lit en toutes lettres le nom d’Adalbéron dans un texte où tous les autres personnages sont affublés de pseudonymes 108 ; on le voit clairement désigné ailleurs par le mot episcopus ; on trouve enfin mention de certain clerc à lui fidèle, qui paraît bien être un Widon dont il est question plus loin, et qui fait songer au Widon associé à l’épiscopat de Laon 109 . Au reste, il est facile de
105. Mabillon, Vetera analecta, p. 366-67 (l re édit. : t. 111,533). Historiens de France, t. X, pp. 93-94.