‹ Mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 46 sur 117 · Strophes 10 (v. 19) et 15 (v · texte numérisé non relu

Strophes 10 (v. 19) et 15 (v

MÉLANGES d’HISTOIKE DU MOÎEN-AGE

voir que le Rythmus satiricus n’a pas été rédigé par un personnage quelconque, mais bien par un clerc instruit. L’auteur qui cite les noms d’Achitophel, d’Églon, de Nabuzardan, qui a des réminiscences des Livres saints et de la topographie sacrée, semble bien connaître la chronique de l’Ancien Testament et le texte des Écritures. Détail plus remarquable, citer à côté de ces noms, ceux de Catilina, de Jugurtha, de Crassus, avec des allusions précises à leur rôle, témoigne d’une expérience de l’histoire profane peu commune à l’époque, et bien digne d’un Adalbéron, qui cite, dans son Carmen ad Rotbertum regem , Perse à côté de saint Grégoire et de Denys l’Aréopagite. Si l’on ajoute que la facture, le style, l’esprit, l’inspiration sont semblables à ceux du Carmen ad Rotbertum , et si l’on se rappelle certain Neptanabus de ce dernier qui est de la famille du Nabuzardan de nôtre Rythmus, on se convaincra qu’il est bien probable que, si Adalbéron n’a pas écrit le Rythmus satiricus , il l’a inspiré et fait écrire.

Landry, comte de Nevers, héros principal du Rythmus satiri cûs, est ce seigneur bourguignon qui, au début du xi® siècle, est en guerre contre Foulques Nerra, comte d’Anjou 110 , et, au cours de l’expédition du roi de France en Bourgogne, en lutte ouverte avec Robert II H1 , contre lequel il défend Auxerre jusqu’en 1005. A partir de l’époque où il fait sa soumission, c’est un fidèle de la cour de France. Fils de Bodon, ex-comte de Nevers, il a une mauvaise réputation, et passe pour un homme injuste, plein de fourberies et de perfidie 112 . Les moines rappellent de lui certaine tentative de vol des reliques d’un saint 113 ; le parti des évêques lui en veut de son attitude à l’égard de l’évêque de Laon 114 . Homme d’intrigues évidemment, il cherche l’occasion la plus favorable de parvenir, selon la fortune des partis à la cour.

Le tableau quasi officiel du moine Helgaud masque des mœurs corrompues et dçs intrigues passionnées. Dès l’heure où, vers 1003, Constance (fille, ce n’est plus contesté, de Guillaume Taillefer d’Aquitaine 115 , et cousine germaine de Foulques Nerra,

410. Màbillon, Rythm. satiric. adnotationes ( Veter . anal., p. 366).

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