Pfister, Études sur le règne de Robert
LES POÈMES SATIRIQUES d’àDALBÉRON 71
comte d’Anjou) est devenue femme de Robert, le cœur du roi s’est trouvé partagé entre ses devoirs envers Constance et son amour pour Berthe, son ancienne femme, répudiée vers 1002, jyirès une longue résistance, sur l’ordre de l’Église. Deux partis se sont fondés : et tandis que Berthe trouve un appui dans son fils Eudes, comte de Blois, de Tours et de Chartres, Constance avait pour elle Foulques Nerra 116 . La cour devenait ainsi le théâtre de la lutte qui durait depuis de si longues années entre les maisons d’Anjou et de Blois et se concentrait autour des deux rivales.
Hugues de Beauvais, partisan de la maison de Blois, a prêté son appui à la cause de Berthe 117 ; il a su conquérir la faveur royale Robert lui a confié de vastes terres dépendant de l’église Sainte-Croix d’Orléans; en peu de temps, il s’est élevé aux dignités, et s’est fait attribuer la charge de comte du palais 118 . A côté de ce personnage, le Rythmussatiricus nous permet précisément d’en entrevoir deux autres : Landry et Adalbéron.
. Landry débutant à la cour dut avoir sous les yeux l’exemple de Hugues de Beauvais: la fortune du comte du palais lui a répondu dès le début du crédit dont dispose le parti de Berthe. La fin de l’aventure a pu d’ailleurs l’éclairer sur les risques à courir. A une date sur laquelle on n’est pas fixé, Hugues tombe victime d’un assassinat commis à l’instigation de Foulques Nerra 11D , sous les yeux même du roi Robert. Quoi qu’il en soit, la suite de l’histoire de Landry montre bien que, prenant parti dans la querelle, c’est à coup sûr du côté de Berthe qu’il se range, ne fût-ce que du fait de sa vieille haine contre Foulques d’Anjou. Parvient-il, lui aussi, à jouer un rôle, et dans quelles conditions? La satire inspirée par Adalbéron ou composée par lui éclaire, telle que nous l’interprétons, ces circonstances, et donne sûr les intrigues de la cour des indications assez précises.
Il faut revenir à l’interprétation pénétrante de Mabillon, qui a distingué, dans notre document, la satire flétrissant la conduite de Landry" de Nevers qui s’efforçait, pour satisfaire ses ambitions, de ménager un rapprochement entre Robert et Berthe, et de perdre Constance. Beaudoin 12 °, dans un article sans prétentions