Les trois femmes du roi Robert , dans le recueil cité
MÉLANGES ^HISTOIRE DU MOYEN-AGE
scientifiques assurément, et où la fantaisie du ton se mêle à une ingéniosité d’interprétation un peu aventureuse, en est venu, après d’Arbois de Jubainville dans son Histoire des ducs de Champagne 121 , aux mêmes conclusions. La solution précédente a été par contre vivement combattue par Ch. Pfister, dans ses Études sur le roi Robert.
Mabillon, d’Arbois de Jubainville et Beaudoin rapprochent l’aventure de Landry d’une tentative de réconciliation entre Berthe et Robert, qui aurait précédé un voyage de Robert à Rome 122 en 1016. Pfister place cette tentative quelques années plus tôt, en 1010, au moment d’un autre voyage de Robert en Italie, coïncidant avec un déplacement de Berthe à Rome. Mais, d’un autre côté, il regarde l’aventure duRythmus satirieus comme totalement étrangère non seulement aux voyages eh question, mais même à la lutte des deux reines rivales. Selon lui, les couplets de la chanson de Landry de Nevers font allusion aux événements qui précédèrent le mariage de Robert et de Berthe, en 996 1?3 . L’objection est très sérieuse, et voici sur quoi il la fonde.
On lit dans le Rythmus satirieus, en un passage où il est question de la manière dont Landry boulevèrse les choses à la cour, les vers suivants :
Henricus sit aedituus, dicit Bodonis filius,
Fiat Rex Hugo monachus, Rex Rotbertus episcopus,
Habens hic vitam simplicem, alter vocis dulcedinem m .
Aux yeux des précédents commentateurs, Henri, Hugues et Robert sont les trois fils de Robert II. Pfister déclare la chose impossible : il fait remarquer que Robert, fils de Robert, n’a jamais porté le titre de roi. D’autre part, il appelle l’attention sur ce vers :
Dolis armatus justifer Henrico tollit feminam m .
Henri, fils de Robert, n’étant qu’un enfant en 1016, que signifient ces mots : tollit feminam ? De ces observations, il conclut que le roi Hugues et le roi Robert dont il est question plus haut ne sont
121. Histoire des ducs et comtes de Champagne , t. I, p. 236.