‹ Mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 50 sur 117 · Dormit Bertae promissio, 24 (v · texte numérisé non relu

Dormit Bertae promissio, 24 (v

MÉLANGES D’HISTOIRE Dû MOYEN-AGE

ie yeut pas s'en déposséder au profit du comte de Nevers : et ▼oilà Landry en contestation avec la maison de Blois.

Nous sommes donc disposés à admettre qu'il n'y a pas à tenir compte, pour interpréter le Rythmus Satiricus , d’un voyage simultané île fierthe et de Robert à Rome en 1010 ou en 1016, et que

et se déroulent vraisemblablement avant 1023 : la mention de Provins le veut ainsi. Pas d'objection sérieuse du reste à ce qu’un rapprochement entre Berthe et Robert ait lieu à une époque si tardive. Restent les observations de M. Pfister. Ne pourrait-on expliquer les mots : tollit Henrico feminam, en traduisant « femina » par gouvernante, le jeune Henri ayant vers cette époque douze à quinze ans? Qu'en est-il donc de ce roi Robert dont on veut faire un évêque ? Il ne s'agit rien moins que de Robert II lui-même, et nullement de son fils, le futur duc de Bourgogne. Et la Chanson de Landry de Nevers nous semble être interprétable dès lors comme il suit.

Adalbéron de Laon tout d'abord, — ou celui du moins qu'il inspire, — remonte loin, et reprend les choses de haut, au temps où Landry de Nevers est aux prises avec Foulques N erra, comte d'Anjou. Car c’est bien Foulques Nerra, comiquement désigné sous le nom de Lapis in Sion 132 , dont l’auteur a voulu symboliser les attaques, comparées à la chute sept fois répétée dun rocher sur la tête du comte de Nevers, du « seigneur bourguignon » (5), à moins que l'on ne préfère y voir une allusion à l’expédition de Robert en Bourgogne et contre la ville d'Auxerre. De toutes fàçons, Landry a été écrasé (contritus) autrefois, en Bourgogne, comine il est probable ; et depuis, il s’est tout transformé. Il s’est glissé auprès du roi Robert, et en véritable Achitophel du xi® siècle, — le surnom, emprunté du conseiller du roi David et de son fils Absalon 133 , dit bien ce qu’il veut dire, — prétend jouer

132. Le personnage désigné dans notre texte sous le nom de Lapis in Sion est identifié par Mabillon à Eudes de Champagne. C'est un singulier lapsus. D’après nos renseignements sur Landry, il ne peut être question ici que des luttes entre les maisons d’Anjou et de Nevers. Le surnom même du personnage ici mis en scène semble indiquer qu'il s'agit bien de Foulque :

« Rocher de Sion » n’est-ce pas un sobriquet par allusion aux premiers voyages du comte d’Anjou en Terre-Sainte?

. 133. Strophes 2, 3. Achitophel, conseiller du roi David, persuada à Absalon d'abuser des concubines de son père. Ailleurs il tente de surprendre et de mettre à mort, pour élever ce prince, David lui-même : ayant,échoué dans ses desseins, il se pendit de désespoir. Rois , XV, 12 ; XVI, 21 ; XVII, T, 2, etc.

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LES POÈMES SATIRIQUES D T ADACMfeRO* 75

à la cour un rôle semblable à celui de l’Achitophel de’ l'Ancien Testament 134 .

C est alors un portrait achevé de Landry et de ses manœuvres perfides, depuis les quelque quinze ans qu’il vit au palais. Adalbéron le compare successivement à Catilina et à Jugurtha. Landry ? C’est ce caméléon ( versipellis ), qui pénètre tout emmitouflé dans le palais 135 : c’est ce traître qui embrasse ses amis, et le coeur plein de haine pour eux, leur parle avec assurance, fidélité et confiance 136 . C’est ce flatteur qui va complimenter les rois, mais qui au fond ne les aime guère : il est pour eux, qu’on le sache bien,* le dangereux auxiliaire qu’est un couvercle de verre pour un plant de concombres, — comparaison pittoresque tirée de l’Ecriture 137 . C’est bientôt le fourbe qui touche à ses fins ; il en cache mal sa joie, et lui, l’homme morose et sévère, semblable à ce Crassus de l’antiquité, que l’on n’avait jamais vu rire, il se prend peu à peu d’une gaieté suspecte, qui éveille les défiances de ses ennemis 138 . Car Landry est tenu en observation par le parti qui soutient la reine Constance: Gui ou Widon, le familier d’Adalbéron, ce clerc qui ne paraît pas être sans influence à la cour, a surpris Landry de Nevers riant aux éclats à l’insu de ses amis, et en a prévenu Adalbéron 139 . On se rend très clairement compte à cet endroit, qu’Adalbéron intervient dans l’aventure comme chef d'opposition ; tout ce qui suit est le récit des observations

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