‹ Mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 59 sur 117 · XIII. — Llcuaikk. — Mélanges d'histoire · texte numérisé non relu

XIII. — Llcuaikk. — Mélanges d'histoire

MÉLANGES D’HISTOIRE DU MOYEN-AGE

travers Mabillon, et est publié en couplets de quatre vers chacun. C’est la véritable complainte satirique dont le même Lenormant cite les précédents en France au vin 0 et ix° siècles.

Nous n’avons pas cru devoir adopter un autre procédé. Le texte que nous publions ne se distingue donc pas de ceux de Mabillon et de Beaudoin. Signalons cependant une différence : nous avons respecté la transcription du premier éditeur, lettre pour lettre, sauf au couplet 8, où une leçon Ceges n’est que trop évidemment une faute de copie pour Reges , comme au couplet 21, une transcription fraudibus est à coup sûr un lapsus calami pour laudibus : ces corrections ont déjà été faites dans les Historiens de France . Mais nous avons écarté les corrections (ingénieuses, sans doute) que proposait Mabillon en marge, et qu’a adoptées sans discussion M. Beaudoin ; nous ne les avons signalées qu’en note, nous forçant chaque fois de considérer comme intelligible le texte que nous avions sous les yeux, ou leçon représentant le premier texte. Les notes relèvent les diverses conjectures ou modifications proposées.

La traductiort française du Rythmus satiricus est d’un travail pénible. M. Beaudoin avait joint, à son travail d’interprétation du document, un essai de version littérale, disposé matériellement en couplets, et traduisant le latin vers à vers. Outre que l’allure en paraît un peu fantaisiste, elle se ressent, et pour cause, des obscurités du texte même ; pour avoir été ingénieuse, elle n’est pas toujours très claire. Nous avons cru pouvoir nous autoriser à refaire la traduction de la Chanson de Landry de Nevers en l’interprétant conformément aux hypothèses présentées plus haut.

1. Orbis magni monarchiam Dolus Landrici nititur Per energiae studium Sollemniter evertere.*

2. Est lapis unus in Sion [dali, Quam dicunt petram scan- Quae cecidit super caput Achitophel jam septies. b

1. Les artifices de Landry et tout le zèle de son activité s’efforcent de renverser par un acte solennel la monarchie d’un grand royaume.

2. Il est une pierre dans Sion, — on la nomme le roc du scandale, — qui, jusqu’à la septième fois, est tombée sur la tête de [cet illustre] Achitophel.

LES POÈMES SATIRIQUES d’aDALBÉRON

3. Sed cum cadit lapis semel, Cadit vi septenaria ; Contritum spiritaliter Burgundionem vidimus.

4. Achitophel Burgundia Aetati nostrae reddidit, Multum crinitus Absalon Cujus sprevit consilium.

5. Intrat saepe palatia Versipellis regalia ; Occultât nasum pellibus Pectus subdendo fraudibus.

6. Jam Catilina nequior Amicis praebet osculum; Sed praetendit decipulas Sapore fellis ebrias.

7. Aller Jugurtha loquitur Non ex fide, sed de fide, Pro veris amicitiis Reddens inimicitias.

8. Ad regum pergens solium, Reges salutat, non amat, c Sed est quasi tugurium Alto cucumerario.

9. Non est auditus in Thevan, Nec inventus in Corbanan d , Prior risus in vultibus, Amicis ignorantibus.

Page 1