‹ Mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 68 sur 117 · Ibid., vers 56-57 et la note · texte numérisé non relu

Ibid., vers 56-57 et la note

hérétiques ? Et ce procurator regis 176 , dilapidateur et célibataire, est-ce Hugue de Beauvais, ce comte du palais, mort assassiné en 1017 ou (selon des hypothèses plus récentes) en 1008, ou Landry de Nevers, architriclinus , tout-puissant vers 1019-1023, et mort en 1028?

Il est périlleux d'interpréter à la lettre et de donner une signification trop précise à des passages qui n'en ont point. Au surplus, la question de chronologie n'a pas l'importance du problème de la date du Rythrnus satiricus . Il n est cependant pas indifférent de limiter autant que possible le champ des hypothèses raisonnables.

Nous aurons plus tard à conclure que le parti conservateur est en progrès continu depuis le milieu jusqu'à la fin du règne ; or, le Carmen ad Rotbertum étant, nous le verrons, comme le signal de cette réaction, est antérieur au Rythrnus satiricus qui consacre une victoire politique du parti d'Adalbéron de Laon sur celui de Landry de Nevers. D’autre part, nous ne serions pas disposé à admettre que le Carmen ad Rotbertum regcm soit postérieur à l'avènement de Hugue lien 1017. Mais, par contre, la date donnée par Mabillon, 1006, nous paraît trop ancienne, et il semble qu'on pourrait reculer la limite extrême jusqu'au début de la seconde décade du xi e siècle.

Sous la forme d'un dialogue entre le roi Robert et lui-même, Adalbéron de Laon a composé un poème malheureusement fort obscur, et parfois inintelligible, mais présentant quatre parties distinctes, maladroitement liées dans la forme, pour le fond assez cohérentes. A un tableau d’ensemble des révolutions dans l'Eglise et dans l'Etat, succède une satire burlesque des mœurs de la société clunisienne ; à une théorie de la hiérarchie ecclésiastique et des castes sociales, un essai de programme réformateur. Il faut, pour retrouver le lien qui unit ces paragraphes si différents, se souvenir qu'une même idée les inspire : l'esprit de tradition du haut clergé, et la haine des révolutions qui, dans le monde politique et social, ecclésiastique et laïque, inaugurent le xi c siècle. Il faut se représenter cet homme du passé qu’est l'évêque de Laon,

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