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LES POÈMES SATIRIQUE8 d’aDÀLBÉRON
les cendres du feu roi Hugue, c’est-à-dire l’ancien temps ,8 ' 2 . Lisez entre les lignes : il est alors à Laon, selon toute vraisemblance 183 : c’est donc qu’il n’est pas admis aux affaires^, et, s’il est tenu au courant de la situation, c’est par ses émissaires. Il voit donc les choses de loin : peut-être les voit-il mieux, et de fait c’est une impression d'ensemble qu’il nous donne dans son tableau, un aperçu général, une vue de la politique et des mœurs contemporaines.
Quelque idée que l’on ait des antécédents d’Adalbéron, lui se prétend dans le Carmen ad Rotbertum regem parfaitement sincère:
Grede révéra dehinc necfalsa notavi, 484
assure-t-il, pour mettre plus en relief les traits et les allusions qui visent Cluny. En dixi verum m , répète-t-il ailleurs, et il insiste sur tous les tons: Ordinishaec igitur est transformatio regni m . « Il en est bien ainsi, roi, n’en doute pas. » Cela ne suffit-il pas à donner l’idée de la tentative d’un elfort sincère pour ouvrir les yeux au roi Robert, et le ramener aux idées conservatrices ?
Car, si nous avons dû faire, dans l’interprétation du Carmen ad Rotbertum regem , la part des rancunes personnelles, il est certain que le mobileestplus désintéressé, le but plus élevé. Adalbéron est le théoricien d’un parti. Il prouve, en développant ses idées sur l’Eglise et sur l’État, en mettant avec conscience toute son érudition de théologien à profit, qu’il subordonne son activité à un principe, celui de la tradition ecclésiastique. Il parle à Robert en ami, en conseiller, comme Fulbert de Chartres dans ses Lettres, mais en homme du passé, et non en opportuniste. Surtout il parle franc, il dénonce clairement, il n’épargne même pas au roi ses censures, et le rappelle au souvenir de ses devoirs traditionnels. Il attaque Odilon et sa réforme, Cluny et ses mœurs. Dans la partie théorique du poème, ses idées s’opposent à celles qu’a développées Âbbon dans son Apologétique et dans ses Canons . Il fallait, avant d’entrer dans le détail de l’interprétation, déterminer ce point de vue général, ce caractère abstrait d’un écrit politique différent d’une satire de circonstance comme le Rythmus satiricus .