‹ Mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 92 sur 117 · Ibid., vv · texte numérisé non relu

Ibid., vv

MÉLANGES D'HtSTOIRE Dû MOVEN-AGE

humain tout entier 295 . Tout entier, le Seigneur la ainsi prononcé, et il n'a admis d’exception pour aucun prince ou puissant de la terre 296 . Mais aussi que de devoirs multiples leur impose cette autorité qu’ils possèdent ! Adalbéron, pour en donner le détail, suit de nouveau à la lettre le rcepl tschapitre

par chapitre. Ce sont les ministres de Dieu qui enseignent les principes de la vraie foi 297 , guérissent les blessures de l’âme 298 , commentent les Ecritures, administrent le saint sacrement de la communion divine 299 et donnent le baptême 30 °. Dieu ne leur a-t-il pas promis les premières places dans le royaume des cieux? Aussi leur devoir est-il de prier constamment pour les péchés du peuple de Dieu, et de s’astreindre à de fréquentes observances de jeûnes. Qu’ils veillent et prient, ce sont les premiers de la terre et des cieux 301 .

Au contraire de la loi divine, la loi humaine a distingué dans l’ordre laïque deux castes superposées, nobles et serfs. Parmi les nobles, la volonté divine a choisi deux puissants de la terre, chargés d’administrer l’État laïque : le roi et l’empereur 302 . Au reste incombe la tâche de défendre l’Eglise, le peuple, tout le corps de la société 393 : leur naissance les a affranchis de toute servitude, mais la justice royale a prise sur eux lorsqu’ils s’abandonnent aux crimes qu’elle châtie 39,4 . Quant à la classe des serfs,, sa destinée est la servitude et le travail : et l’on relève ici chez Adalbéron un cri de pitié, fort surprenant s’il est sincère, à considérer la misérable condition qui est faite à ces auxiliaires de la société, sans lesquels les deux ordres précédents ne pourraient subsister : leurs épreuves sont sans trêve et leurs larmes sans tin 393 . Le trait est rare, à l’époque et dans tout le moyen âge, de trouver dans un écrit politique des paroles de commisération pour les humbles; il étonne surtout de la part du vetulus trqditor de Laon, et I on s'attendrait plutôt à le trouver sous la plume d’un moine à l’âme compatissante et proche des malheureux. *

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