‹ Mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 93 sur 117 · Ibid., vv · texte numérisé non relu

Ibid., vv

Voilà donc les éléments dont se compose cet état tripartite, dont les parties sont inséparables 306 . Des trois ordres, chacun a son rôle ; l’un a la prière en partage, le second la guerre, et le troisième le travail ? 0 ?. Cette constitution sociale est si solide, que les services rendus par chacun des trois ordres sont nécessaires à l'efficacité* de la tâche des deux autres 308 . Ni les nobles ni les prêtres ne peuvent, en particulier, se passer du service des serfs 309 . Il faut, pour que la cité prospère, veiller, et c’est le devoir du roi, à ce que la hiérarchie soit ainsi maintenue : c’est la condition essentielle de la paix de l’Etat et de l’autorité des lois 310 .

Cette théorie élémentaire, dont l’état des choses actuel est une violation perpétuelle, mais qui, aux yeux d’Adalbéron, a été, dans son application, tout le secret du bonheur des rois aux siècles précédents 311 , est d’une concision remarquable: relevons les points essentiels qui en marquent l’esprit.

Elle est la profession de foi de l’aristocratie de l’Eglise séculière. Il suffit de noter les privilèges attribués par Adalbéron à l’ordre des clercs :

. Primauté de Vordre ecclésiastique sur Vordre laïque.

Indépendance de VÉglise vis-à-vis de la loi humaine qui gouverne les nobles et les serfs.

Principe d'égalité entre eux des ministres de VÉglise. — Bien n’est plus curieux que de constater qu’Adalbéron ne fait même pas la distinction de l'ordre séculier et de l’ordre régulier. Il n’y a à ses yeux qu’un seul ordre ecclésiastique remplissant les devoirs du ministère divin que lui a confié la Providence : prier pour les péchés du peuple, célébrer les rites de l’Église, prodiguer et propager la parole divine. On ne peut plus clairement condamner la légitimité de la vie monastique, et surtout la prépondérance que prétend exercer l’ordre monastique sur tout le corps laïque.

Exemption , pour tout le corps des clercs, de tout emploi servile. — La censure impliquée dans ce principe s’adresse à ces moines occupés à travailler la terre, à s’acquitter de toutes ces tâches dont l’évêque de Laon nous donne le minutieux détail, à faire la

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