Ibid., v
110 MÉLANGES D HISTOIRE DE MOYEN-AGE
guerre 3l *, à labourer, etc. Les obligations de la vie de cloître imposées par Odilon et les réformateurs prescrivaient aux moines le travail de la terre et les occupations domestiques 313 : on a vu, d’après la satire d’Adalbéron contre Cluny, à quelles conséquences ces règles nouvelles ont entraîné les réguliers.
Devoir pour les clercs , d'être purs de toute souillure. — Le trait porte plus haut. Il condamne d’abord la pratique du mariage des prêtres; mais surtout, il condamne le système pratiqué dans les élections épiscopales. La loi n’impose-t-elle pas aux ministres de Dieu d’être chastes et purs, partant d’une origine convenable? Or qu’on se rappelle que le roi, nommant aux offices ecclésiastiques, choisit ces pastores ovium , ces nautae , ces opiliones, car nifices , hircorum sectatores et bubulci, dont l’érection aux dignités a tant indigné Adalbéron 314 . Dieu répudie ces impurs; il lui faut des ministres mundi , casti et sobrii m , préparés évidemment par leur science aux multiples devoirs qui leur incombent, et capables, par leur exemple et la dignité de leurs mœurs 316 , d’édifier le peuple confié à leur garde.
Prépondérance de l'ordre des clercs sur tout le genre humain . — Il est facile de voir à la façon dont Adalbéron insiste, son intention précise :
Princeps excipitur nullus, cum dicitur omne 3f7 .
C’est au roi Robert que ceci s’adresse ; le roi qui prétend tenir toute l’Église gallicane sous la main, le roi dont la politique a été pendant tout le règne de ruiner un ordre ecclésiastique par l’autre, le roi qui en particulier nomme aux offices ecclésiastiques qui il veut, et comme il veut. Mais c’est aussi affirmer d’une manière plus générale le droit de contrôle exercé par l’ordre ecclésiastique sur l’ordre laïque, son droit de police de la société, de surveillance des mœurs, de direction de la politique générale, la haute main enfin conservée par l’Eglise sur les affaires de l’État. Adalbéron a pris grand soin de mettre l’Église à l’écart, comme si elle n’avait à s’occuper que des affaires spirituelles.