‹ Mélanges d'histoireChapitre 4 sur 10 · Lenôire, p · texte numérisé non relu

Lenôire, p

12 BIX MOIS AD TEMPLR AVBC LOmS XVII

effet; mais si ses appointements ne lui étaientpaB payés, la question change de face, et il parait très assuré qu'il n'a jamais touché que d'insignifiants acomptes en assignats. La misère où fut réduite la femme après l'exécution du mari aux journées de thermidor, en est une preuve. D'autre part, Chanlelauze, fort bien renseigné, dit que Simon, ayant réclamé son arriéré, vît sa demande ajournée, et qu'il ne put même obtenir un payement quelconque en assignats.

Donc, en fait d'appointements, rien. Mais ils étaient logés et nourris ; c'était bien quelque chose. Toutefois, comme ils avaient conservé leur logement de la rue des Cordeliers, nulle économie pour eux sur ce chapitre. Reste la nourriture, et cet avantage était fort loin de compenser les multiples inconvénients de leur charge. Ne nous étonnons pas qne Simon ait quitté le Temple, mais bien qu'il y soit resté six mois.

Il est possible que, dans les premières semaines et aux jours d'été, la bonne table, la boisson libéralement départie, l'orgueil de son importance et le mirage des dix mille livres lui aient fait prendre en patience sa réclusion et son ennui. Mais l'hiver arriva : l'appartement de la Tour avec ses fenêtres obstruées par des barreaux et des grillages et, extérieurement,

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par des hottes en bois, était encore plus noir et plus humide que le taudis de la rue des Cordelière. Dans ce taudis, Simon ne s'attardait guère : il virait dans la rue, pérorait à sa section et au cjub, allait à l'Hôtel de Ville, enfin prenait sa large part de l'agitation caractéristique de l'époque. Du Temple, on ne sortait pas. La femme Simon a bien pu s'échapper quelquefois, et en profiter pour venir prendre langue dans son ancien quartier ; quant à Simon, il était bel et bien prisonnier. On lui refusa jusqu'à la permission de se promener — même accompagné — dans les cours du Temple (1). C'est tout simple : la claustration du gedlïer était une assurance contre l'éTasion toujours redoutée du captif.

Par surcroît de précaution, l'on avait élevé entre la Tour et te Château, résidence des anciens grands-prieurs de France (2) où, présentement, gîtaient le conseil du Temple et le grand poste de garde, une haute muraille dont les portes ne s'ouvraient qu'après de laborieuses formalités. Privé de jour, d'air et d'exercice, distrait seulement par la visite des commissaires municipaux et les ribotes avec les gardes

(1) Délibératioti du coAieil géDérnl da I* Commana en dat« dn 16 octobre 17S3.

(2) BëDéfiaiairaa de l'an daigrandi-priearja del'ordra da Saint- Jeaoda Jéruaalam.

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de la Tour, Simon devait se trouver fort misérable. Aussi vidait-il force bouteilles pour tromper son inaction et, fût-il entré sobre au Temple, qu'inévitablement il y serait devenu ivrogne.

Sa femme lui faisait volontiers raison et, soit effet des spiritueux ou de Thumidité du logis, elle tomba malade en décembre ; c'est alors que le docteur Naudin, appelé pour la soigner, fut témoin des sévices que nous avons rapportés plus haut. Bien convaincus qu'ils ne seraient jamais payés, les Simon n'avaient aucune raison pour demeurer au Temple (1).

Il nous est impossible de rien voir de mystérieux dans leur détermination; de même, le fait établi par M. Lenôtre que, le 19 janvier 1794, jour de leur sortie de la Tour, ils allèrent se loger dans les anciennes écuries du Temple, au lieu de rentrer chez eux rue des Cordeliers, pourrait peut-être s'expliquer assez facilement. Simon, d'après le récit de Ghantelauze (2}, ne

(1) M. Lenôtre ne pense pas que l'obligation (2 janvier 1794) dfe choisir entre les fonctions municipales et les emplois salariés par l'Etat, ait pu influer sur la décision de Simon. Pourtant Coru, membre du conseil de la Commune, comme Simon, donna le 3 janvier sa démission d'économe au Temple, et tous deuxfurent inscrits sur une liste de candidats pour missions salariées à la dis • position de la Commune. Simon ne manqua pas de faire valotr le désintéressement qui lui faisait préférer les fonctions municipales gratuites, à une place lucrative. On sait ce qu'il en faut, croire.

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voulait point quitter le Temple qu'il n'eut été payé de Farriéré de son traitement, et il fut installé au-dessus des écuries ; mais il n'y serait resté qu'une dizaine de jours, entre le 6 et le 19 janvier. Il y a concordance sur la question du logement ; sur celle des dates, M. Lenétre a sûrement raison : il cite une pièce démontrant que le 18 juin 1794, les Simon résidaient dans les dépendances du Temple. Mais la preuve peutelle être faite que ce logement était loué par les Simon, ainsi que le dit M. Lenôtre, ou bien leur était-il laissé gratuitement, en compensation de l'argent vainement attendu ; la chose est au moins vraisemblable.

Ce qui surprend davantage, c'est que l'appartement de la rue des Cordeliers étant, paratt-il, encore à leur nom, ils louent en juillet, deux pièces dans l'ancien couvent des Cordeliers (aujourd'hui dépendancede la Faculté de Médecine), à raison de soixante francs par bd. Mais ne se peut-il pas que les Simon, tandis qu'ils étaient au Temple, aient sous-loué leur logis P cela se fait tous les jours; d'où la nécessité de cette nouvelle et très modeste location de soixante francs, pour le mari bientôt remplacée par la Conciergerie, et qui demeura l'habitation de la veuve.

Nous n'aurions pas insisté sur ces détails

d'appartements, si le récit de M. Lenâtre ne donnait à penser qu'ils pourraient avoir une relation quelconque, d'ailleurs malaisée à saisir, avec la problématique évasion du Dauphin dont il nous reste à parler.

La longue série des prétendus Dauphins serait tout à fait déroutante, si Ton ne remarquait d'abord, dans l'histoire propre à chacun d'eux, un certain nombre d'accessoires qui ont bien la mine d'être tirés d'un fonds commun : tels que, paquets de linge sale, manne d'osier, cheval de bois ou cheval « à jupe », un narcotique et l'indispensable enfant muet. Gela posé, il suffira de nous attacher à l'un seulement de ces c( Dauphins », celui-là même auquel M. Le- ' nôtre a fait une place dans son étude ; ce qui nous ramène à la femme Simon laquelle, avec la complicité de son mari, aurait réussi à faire sortir Louis XVII de la Tour du Temple, le 19 janvier 1794.

Le lecteur n'a pas oublié que ce jour-là, Simon, démissionnaire de puis le 5, résigne

fc.-

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définitivement ses fonctions, et transporte ses pénates aux écuries du Temple, k « vingt toises ^40 mètres) de la Tour » . La femme Simon charge « ses hardes et ses ballots de linge », peut-être aussi quelques meubles (1), sur une charrette, et M. Lendtre s'étonne: « Pourquoi cette charrertte ? Ne pouvaient-ils faire porter à bras leur bagage, jusqu'à leur nouveau logement? »(2) Ils le pouvaient sans doute; mais nous croyons que toute personne ayant à opérer le plus modeste déménagement, à travers « des cours toutes boueuses de neige fondue », s'y prendrait comme la femme Simon sans avoir pour cela un Dauphin A faire évader.

Le reste de l'aventure se reconstitue facilement au moyen des accessoires énumérés plus haut. Un agent royaliste, conducteur de la charrette, avait apporté dedans un cheval s à jupe », lequel dissimulait un enfant endormi par un narcotique et muet. Echange des deux enfants, et le vrai Dauphin, roulé dans du linge sale, remplaça dans la charrette le cheval « à jupe » (3).

(1) Simon fat BUtorlti on* «•»!« fois ft le rendre chez lai, accomp^^é, pour ehercfa«t qaalqnei meablei. Bbadchkbhe,

(3) II. LeoAtre (p. S6| eiinrc ■ qu'on homnit tout «ntier ■ peut M diitimiilar dans un cheTol à jupe. C'elt ans opinioD bien haiardée. Le corpi d'un chaval à jupe, déjà réduit Ji trèi peu de ehose, eit percé d'une large onTertnre circulaire qui met'ce cartonnage complètement h jour.

i8 SIX MOIS AU TEMPLE AVEC LOUIS XVII

Qui a raconté ces incidents ? L'un des « Dauphins », nommé Richemont, dans une relation qu'il fit paraître environ quinze ans après la mort de la femme Simon. Nous ne nous attarderons pas à démontrer que s'ils rentrent parfaitement dans les données d'un bon mélodrame, ils sont en contradiction absolue avec toute vraisemblance et avec les renseignements très certains que l'on possède sur la surveillance exercée au Temple par les soins de la municipalité, responsable de la garde du Dauphin, et nous avouons ne plus comprendre M. Lenôtre, lorsqu'il dit : a Les commissaires de la Commune qui avaient donné décharge à Simon de son prisonnier et n'avaient pas, l'enfant muet étant endormi, remarqué la substitution, s'en aperçurent certainement le lendemain ; mais que faire ? où courir ? où trouver Simon ?(1) » — Tout près, à vingt toises de la Tour, puisque M. Lenôtre a lui-même établi que le ménage n'avait pas quitté le Temple. Poursuivons.

M. Lenôtre considère comme a une imagination inconcevable, à moins d'une nécessité impérieuse », le parti pris et exécuté le jour même de murer le captif dans sa chambre. Certes, il y avait là une nécessité impérieuse, et qui ne consistait pas du tout à dissimuler une super-

chérie impossible à soutenir seulement trois jours (1), mais bien à faciliter la besogne des commissaires, désormais seuls chargés du Dauphin, Simon n'ayant pas eu de remplaçant, et à s'assurer matériellement contre le péril en* gendre par le changement quotidien d'hommes dont on devait bien supposer que quelques-uns étaient accessibles au moins à la pitié.

La Commune, que la garde des Princesses et surtout de Louis XVII ennuyait fort, commença par s'adresser à la Convention pour obtenir d'elle qu'on les mit dans une autre prison. La Convention s'y refusa. Alors, la Commune demanda au Comité de salut public de désigner le successeur de Simon, démissionnaire de l'avantveille. Simon était un homme sûr, très difiicile à remplacer; le Comité de salut public qui, à la vérité, ne manquait pas d'affaires à cette époque, se tira d'embarras en signifiant à la municipalité qu'elle devait s'arranger pour se passer d'un gardien attitré (16 janv. 1794).

Ainsi, la responsabilité dont la Commune

(t) Quatre commissaires délégués par la Commune et chaque jour renouvelée, passaient ying^-quatre heures de suite au Temple. Beaucoup connaissaient le Dauphin pour Favoir déjà tu au Temple depuis dix-huit mois, ou même de longue date pour PaToir, en qualité de gardes nationaux, surveillé de fort près sur la terrasse des Tuileries où le prince, prenant l'air et tra- Taillant à son petitjardin, était, sous prétexte d'honneur, g^rdé strictement à vue.

aurait voulu se déoharger complètement, lui demeurait, et non plus partagée avec un gardien, mandataire d'un autre pouvoir que le sien, mais entière et, par conséquent, plus gênante et plus compromettante que jamais. C'est pourquoi nous en croyons volontiers Beauchesne et Ghantelauze qui, tous deux, disent qu'Hébert et Chaumette, particulièrement chargés de ce qui concernait le Temple, résolurent de prendre des mesures de sûreté infaillible. L'on sait du reste qu'aucun scrupule d'humanité ne pouvait les troubler.

Madame Royale et sa tante Elisabeth (celleci ne périt que le 10 mai 1794) confinées depuis longtemps au troisième étage de la Tour, furent resserrées encore plus étroitement que par le passé. Quant au Dauphin, il fut, à la lettre, mis en cage.

Primitivement, chaque palier de la Tour ne formait qu'une seule pièce, et la famille royale fut d'abord conduite dans la petite tour carrée, qui flanquait l'un des côtés de la grande Tour, carrée également, et complétée aux quatre angles par une tourelle. Deux étages furent hâtivement divisés en chambres : le second, où le Roi logea avec son fils et Cléry, son valet de chambre, et le troisième assigné à la Reine et aux Princesses. Le 3 juillet 1793, les Simon

s'installèrent au second, dans l'ancienne chambre du Roi^ avec l'enfant. La pièce, qu'à cet étage, avait occupée le fidèle Gléry, communiquait seulement avec l'une des tourelles convertie en water-closet, et avec le vestibule, sur lequel débouchait l'escalier. 11 sufiisait, pour isoler cette chambre, d'en condamner la porte donnant accès sur le vestibule. C'est précisément ce que Ton fit, après y avoir, au préalable, jeté le Dauphin et cadenassé la fenêtre, défendue déjà par les barreaux, le grillage et la hotte de bois.

La partie supérieure de la porte fut remplacée par des barreaux, ce qui permettait de voir l'enfant ; au moyen d'un guichet, ouvert à hauteur d'appui, on pouvait lui passer du linge, une cruche d'eau et sa nourriture, désormais la pitance réservée aux malfaiteurs. Ce travail, poussé rapidement, « fut même achevé à la clarté des lanternes », ce qui est bien compréhensible : les commissaires dont la tète aurait payé la fuite du prisonnier, ne le laissèrent pas languir et il est présumable qu'ils n'osèrent pas démarrer du vestibule que tout ne fût fini.

Maintenant, que l'on n'ait eu à noter « ni une plainte, ni un mot, ni un cri de l'enfant », ainsi que l'avance M. Lenôtre, ce qui donnerait à

2i SU MOIS AD TBUPLB AVEC LOCIS XVII

croire qu'il était muet et que, par conséquent, ce n'était pas le Dauphin, nous avouons ne pas savoir où s'en trouve la preuve ; nous ajouterons qu'un muet sait fort bien manifester sa détresse, et qu'enfin, le petit prince n'a sans doute pas réalisé tout de suite les nouvelles conditions de son internement.

Il demeura sept mois et dix jours dans cette prison, sans air, presque sans lumière, sans autre contact avec l'humanité que l'apparition, entre les barreaux de la porte, de visages farouches. S'il était copieusement injurié, au, moins ne pouvait-il plus être battu ; mais, à cet âge, rien n'est plus déprimant, au point de vue physique et intellectuel, que la solitude. L'enfant cessa bientôt de faire SOQ ménage, de se laver, presque de manger. Couvert d'ulcères, dévoré de vermine, tourmenté par les rats, il fut délivré par Barras, le 10 thermidor, Barras qui, assurément, ne fut pas un honnête homme, mais auquel il sera un peu pardonné pour le cri d'indignation qu'il jeta à la vue de cette misère !(i)

Comme nous n'avons pas à faire l'histoire de Louis XVII, nous rappellerons seulement que,

(1) Barras fît deaceller la porte; mais eUe fat ansiilût reicelïie snr l'ordre dei commiisairei (très probablement) pour un mois encore. Le trlorophe des thermidoriens était bien noaveaD ; ' il ne fallait pas se compromettre trop vil* vis-L-Tis des vainons .

traité de façon humaine à partir du f septembre 1794, il parut se reprendre à la vie ; puis, le mal développé par tant de tortures matérielles et morales fit de rapides progrès et l'emporta le 8 juin 1795.

Mais, à nous attarder sur le vrai Louis XYII qu'on a tant de peine à quitter, nous avons négligé le faux. Il est temps d'y revenir. La veuve Simon — son mari, lâché par la section dont il avait été l'oracle, était monté sur Féchafaud à la suite de Robespierre — femme de ménage de son métier, mais manquant d^ouvrage ou de forces, sollicita son admission à l'hospice des Incurables, sous le prétexte « d'infirmités cruelles gagnées au Temple à garder le petit Capet ». Elle l'attendit deux ans, pendant lesquels, a hantée d'un souvenir qui l'obsédait, elle se rendit souvent chez l'une de ses cousines, portière place Vendôme. Là, elles causaient du Dauphin, se servant pour le désigner d'un mot de convention, de façon qu'un tiers présent ne

DÙt savoir ce qu'elles disaient, et ce mot con- Stait Astikot-Morlingot » (1).

ait faire preuve d'assez peu de sens :

t-Morlingot suffisant largement à exciter osité, surtout dans une loge deconcierge.

trouvait, en revanche, une vive imaginat, de fait, la Simon n'en manquait pas.

lée par l'accueil malgracîeux despensionde l'hospice, elle prétendit avoir fait * le Dauphin, s'attendrissant au souvenir .« Charles ». Il n'était plus question du t Capet ».

édait-elle, dit Louis Blanc, au désir de se

nôtre, 33^4. L'auteur ne citant là aacane BOarce, nous Df qae ceci est tiré de U relation de Ricbemont, lequel epa plasiears fois voir la Simon aux Incurables. — tre (p. Wj penie que ce Richemont questionna la Simon doGomeater lui-même, et qu'il dut reproduire dana a> publiée *ers 1S34, eiactemeot ce que cette femme lui ., pour ae pat le mettre eu contradiction' ayac les proclarations que le Simon avait éH appelée à faire à la ra de police en 1816. — Donc, conclut M. LeuMre, le Richemont peut élre cousidëré comme émanant de le il est d'ailleurs analogue aux déclarations qu'elle fît à la — Pourtant, sur le point essentiel : les circonstances de I, la Simon, devant la police, fît seulement ■ allusion &

1 aurait pu eacber le Duupbin i, ceipii est aussi iuTrai' le que la Teraion de Richemont, mais bien plus vague, ■timons pas impossible que ce Ricliemont ait eu l'adresse roir à la Simon rétrospectivement beaucoup de choses et lins, il ail pu se procurer quelques renseignemeots sur les > qu'elle avait faites à la police. Ce Richement fut con- I doue ans de détention; ses revendications lombrèrent ridicule et le néant.

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disculper du reproche d'avoir maltraité un enfant, à Fenvie de se donner de l'importance, à la tentation d'étonner autrui par un récit merveilleux et la révélation d'un secret d'Etat? » Suppositions très vraisembla-

blés.

S'il en fallait croire trois anciennes amies de la Simon dont les témoignages ont été recueillis par Beauchesne, les mauvais traitements et les humiliations infligés au Dauphin par le couple ne seraient que trop prouvés. Mais, peut-être avaient-elles démêlé chez celui qui les questionnait et venait en aide à leur pauvreté, un secret désir de trouver la Simon coupable. Il se pourrait aussi, qu'entre juillet 1793 et juillet 1794, la Simon, pour soigner la réputation de patriote de son mari, ait renchéri sur leur dureté à tous deux. Il n'en reste pas moins que le rôle de mère éplorée, assumé par la Simon aux Incurables, est inadmissible.

Cette femme bavarde, « elle parlait comme le vent marche »,et faiseuse d'embarras, a pu finir par se prendre elle-même à ses propres histoires constammentressassées devant un auditoire trop complaisant, a Sauf la sœur Marianne qui ne voulut jamais l'écouter », gardes et même médecins se laissaient conter par la Simon des bourdes fantastiques. « J'ai été gouvernante

des enfants de Louis XVI », dit-elle au docteur Rémuzat (1).

Un mot, et nous en aurons fini avec la Simon. En mai 1805, un jeune homme (Richemont) s'approcha de son lit, et elle reconnut spontanément « son petit poupon, son Charles ». Le Dauphin avait huit ans et demi, au temps que la femme Simon le dorlotait ; il en aurait eu vingt alors. Voici mieux encore. En novembre 1816, la duchesse d'Angouléme serait venue aux Incurables, et déguisée (assure-t-on). La Simon retrouva aussitôt dans la femme de trente-huit ans, prématurément vieillie, la fillette que, tout au plus, elle avait pu apercevoir au Temple (2).

(1) Une déposition du docteur Rémozat, reproduite par M. Lenôtre (page 38) est fort curieuse. La femme Simon ne se contente plus d'effusions à l'adresse de « son Charles », elle les étend à Madame Royale dont elle ne s'est jamais occupée, que, probablement même, elle n'a (jamais vue. « Mes enfants, mes petits Rourbons que j'aime tant, s'ils étaient ici... » Voilà qui sonne terriblement faux. Mais c'est dans la manière de tirer et d'imposer la confidence que la marque d'iuTention est le plus manifeste. Le candide docteur ne paredt pas s'en être aperçu.

(2) Le» Mémoires de la duchesse d^Angouléme^ écrits au Temple, ne laissent pas supposer qu'elle, sa mère ou sa tante aient jamais tu la femme Simon. D'ailleurs, depuis le 3 juillet 1793, Loilis XVII ayait été trop sigoureusement séparé de sa famille pour qu'on laissât ses gardiens communiquer arec les Princesses, lesquelles, depuis la mort du Roi, non seulement ne mirent jamais le pied dans le jardin, mais ne descendirent même pas au palier de l'étage qu'ayait habité le Roi. Et encore une fois, si la Simon avait entrevu autrefois Madame Royale, et le contraire est à peu près certain, il était impossible qu'elle la reconnût en 1816. Cependant, M. Lenôtre a rapporté cette histoire sans y ajouter un mot qui en marquât la prodigieuse inyraisemblance

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Ces anecdotes font assurément honneur à l'imagination de la femme déménage, «gouvernante des Enfants de France »; mais, si elles ont été servies à la justice par les prétendus dauphins en instance de rectification d'état civil, l'on conçoitqu'elles n'aient pas ajusté leurs affaires.

Sous tous les régimes, les tribunaux ont re> poussé les revendications des « dauphins » : sous Louis-Philippe, sous Napoléon III, sous la République (t874) aussi bien que sous la Restauration. C'est en vain que Ton imputerait à de hautes influences gouvernementales des arrêts rendus à des époques si distantes et dans des circonstances politiques si différentes.

Après cette excursion dans le domaine des « peut-être », des hypothèses variées et variables, il parait bon de se retrouver sur un terrain ferme, de saisir, au lieu d'ombres, des solidités qui ne vous fondent pas dans la main. Première certitude : l'enfant mort au Temple, le 8 juin 1795, n'était pas muet. Séquestré pendant

[^.^im:

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sept mois, n'ayant plus personne avec qui échanger une parole, le corps et l'intelligence ruinés par trois ans de captivité et des épreuves sans rapport avec son âge, le petit Dauphin était devenu semblable à une béte traquée : il se refusait à un geste, à un mot, par lassitude de la vie et crainte qu'il n'en sortit quelque nouvelle peine. Mais, s'il parlait peu, aucun des commissaires qui le visitèrent journellement depuis le 19 janvier 1794 jusqu'à l'heure de sa mort, n'a dit qu'il fût muet (1). Les trois gardiens, très différents des Simon, qui lui donnèrent des soins pendant la dernière année de sa vie, n'ont jamais dit qu'il fût muet : ils ont même affirmé le contraire. Les médecins qui le soignèrent et auxquels, comme à toute figure nouvelle, il se montra fermé d'abord, ont si peu soutenu qu'il fût muet que nous avons, de ce côté encore, des témoignages irrécusables que l'enfant du Temple parlait (2). Les gens de la Tour, gui-

(1) Il Mt certain que le 27 février 1795 l'enfaDt ne répondit pas à Harmand du comité de sûreté générale venn pour l'interroger. liai* le DanphÏD avait pria l'épouvanta dei interrogatoire! «t HumlHnd était accompagné de deux canèg;aei trèi propre* à l'effaroucher. — Au reste, ChantelaDie dit judicieusement qn'HarmBOd n'a jamais paru supposer qoe l'eufant fût muet parce qn'il s'était refusé h répondre.

(!) Voir daus Eckard le passage relatif an doct«Dr Palletan; l'ouvrage d'Ëckard fut publié du vivant du docteur, homme incapable de participer à nu mensonge. Ce patsage est reproduit par Chantelsuie, p. 348.

SIX MOIS AU TEMPLE AVEC LOCIS XVll 29

chetiers et garçons, n'ont jamais dit qu'il fût muet. Admettre une conspiration de mensonges groupant un tel nombre d'affiliés, sans autre lien commun qu'un mot d'ordre auquel ils sont restés fidèles jusques et au delà de la tombe, ce serait raisonner au rebours du bon sens.

Deuxième certitude. Autant que chose au monde peut être prouvée, l'enfant séquestré le 20 janvier 1794, était le même qui entra au Temple le 13 août 1792, et qui y mourut le 8 juin 1795. Sans revenir sur les motifs de Pencagement de l'enfant, on ne peut plus logiques s'il s'agit du Dauphin, dénués de sens dansle cas de substitution, puisque l'on fabriqua une porte à clairevoie par où le prisonnier demeurait parfaitement visible (1), nous rappellerons que, parmi les employés du Temple et gardiens particuliers du Prince, sept connaissaient l'enfant, avant même que la famille royale eût été enfermée dans la Tour ; que deux porte-clefs, déjà installés au Temple avant le 10 août, n'en sortirent qu'après la mort du Dauphin qu'ils avaient obligatoirement vu tous les jours. Enfin, les témoignages de tous ceux qui se sont trouvés au Temple, en même temps que le iSls de

(1) La chambre où fut enfermé le Dauphin était assombrie par la hotte de la fenêtre ; mais les commisnaires l'appelaient fréquemment à la porte ; il y Tenait trois fois par jour prendre sa nourriture.

MOIS AD TEMPLE AVIC LOOtS XTU

lont formels, concordants et n'ont

t bien plus simple que les raconimon. Il l'est trop, et l'on s'est plu, encore au soupçon romanesque de Dauphin. Faut-il voir là l'une des ■tardent laréparationsolennelleoù, honneur de notre pays est si direcessé 7

tien privée, du moins, est facile, ine place une image de Louis XVII, iste victime du Temple, mais du antde Trianon dont Madame Yigéei a conservé les traits, et mettons li sa mère, notre pauvre et belle tement iîère du Dauphin qu'elle & la France.

Après léna

Correspondances privées de la Famille royale de Prusse

JuOiijt.i

Après léna

Le 15 octobre 1806, xeroi Frédéric-Guillaume et la reine Louise, arrivant de Weimar où Murât avait failli les surprendre, rentrèrent à Berlin, et le même jour prirent le chemin de Koenigsberg avec une partie de la famille royale. Mémel, aux frontières de la Russie, devait être leur dernière étape. Le prince Guillaume, qui s'était montré l'un des plus ardents partisans de la guerre, avait suivi le roi son frère, accompagné de sa femme, Marianne de Hesse-Hombourg; ils emmenaient leur petite fille âgée de deux ans. La princesse Guillaume était près de mettre au monde un second enfant.

À Koenigsberg, puis à Mémel, résida aussi, mais fort contre son gré, la princesse Antoine Radziwill, née Louise de Prusse, cousine du Roi, tandis que ses parents, le prince et la princesse Ferdinand, étaient demeurés à Berlin, accablés de la perte de leur fils atné Louis, tué à Saalfeld le 10 octobre, et bénissant pourtant Napoléon qui avait laissé libre sur parole leur

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second fils, Auguste, fait prisonnier quinze jours plus tard, à Prenzlow.

La propre sœur du Roi, Augusta (1), mariée au prince électoral de Hesse, n'avait pas quitté non plus la capitale : comme la princesse Guillaume, elle était dans un état de grossesse avancée. Elle vécut fort tranquille à Berlin avec ses enfants. Son mari, et le père de son mari, l'électeur dépossédé de Hesse, avaient cherché un refuge dans le duché de Schleswig, pays neutre dépendant du Danemark. A Schleswig, le prince électoral de Hesse retrouva la tante de sa femme, la douairière d'Orange-Nassau, soeur du feu roi dé Prusse Frédéric-Guillaume II, réunie à sa fille Louise, dite Loulou^ douairière elle-même, bien qu'âgée seulement de 36 ans. Loulou était une admirable créature ; le sort ne l'avait pas gâtée, mais elle aimait les siens d'une affection si tendre et si active que le regret d'une vie manquée ne trouvait pas de place dans son cœur tout rempli d'adoration pour son unique frère, Guillaume prince d'Orange (2) et pour sa belle -sœur, Mimi^ son « angesse ». Mimi, c'est-à-dire Wilhel-

(1) BUe s'appelait Auguste. Pour préyenir une confusion arec le fils du prince Ferdinand, son nom a été changé ici en Augusta.

(2) Elle en ayait eu un autre : 6eorges-Frédéric,cadet du prince d'Orange qui, malgpré sa jeunesse, arait courageusement lutté contre les armées républicaines avant de se résigner à quitter la Hollande. H était mort en 1799, à peine âgé de 25 ans.

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mine» était l'autre sœur du roi de Prusse ; elle avait alors 32 ans, sept ans environ de plus que la princesse électOHle de Hesse; les deux soeurs étaient étroitement unies.

Le prince et la princesse d'Orange, en froid avec la reine de Prusse, et néanmoins suspects à l'Empereur, ni ne voulaient aller à Koenigsberg, ni ne pouvaient rentrer à Berlin : ils menèrent une vie errante pendant plusieurs mois, et ne laissèrent pas pour cela de recevoir des lettres de Schleswig et d'y en faire parvenir par l'intermédiaire des employés français préposés au service des postes. La réception de la correspondance dans les pays allemands conquis par l'Empereur représentait pour nos agents un travail considérable : vu l'état de guerre, toutes les lettres étaient ouvertes ; celles qui émanaient de personnages importants étaient copiées ou prises en extraits, et préalablement traduites lorsqu'elles étaient écrites en allemand.

Les princes et princesses dont les lettres figurent dans les rapports des postes centralisés à Berlin, se servaient tous, sauf le prince électoral de Hesse, de la langue française, ce qui pourrait être pris pour une habileté propre à hâter l'expédition de la correspondance, si Taisance du style et, plus encore, certaines expressions courantes chez nous et qu'un dictionnaire n'ensei-

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gne point, ne prouvaient que le français était encore Tidiome usuel, la véritable langue maternelle de la haute classe en Allemagne.

Grâce aux rapports des postes, il nous est possible de connaître, peints par eux-mêmes — non le roi et la reine de Prusse qui ne confiaient pas de lettres aux malles ni aux courriers — mais la plupart des membres de leur famille, et il n'en coûte pas d'avouer que la proportion des belles âmes y était singulièrement élevée : vertus civiques mises à part dont ces correspondances ne sauraient témoigner, puisque l'ouverture des lettres n'était ignorée de personne. Et, peut-être, voudrait-on voir ces princes, ces princesses, un peu moins occupés du bon vouloir de l'Empereur, du maintien de leurs dotations, de l'incommodité de leurs résidences; un peu moins empressés, les uns, à recevoir à Berlin les autorités françaises, les autres, à profiter pour y envoyer des nouvelles de la courtoisie de nos officiers d'avant-postes.

Si, au lendemain d'Iéna, tous ou presque tous ont cherché à tirer le meilleur parti possible d'une situation effroyable, cela ne signifie pas qu'ils en eussent pris leur parti; mais, seulement, que certaines délicatesses étaient étrangères à ces tempéraments tudesques. D'autre part, elles sont compensées par l'exaltation des

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affections familiales sur lesquelles ces pauvres gens, dissociés et désemparés par l'effondrement de la monarchie, avaient reporté ce qu'en des temps meilleurs ils accordaient aux intérêts publics, et dépensaient dans le train de leur vie subitement arrêté.

Ces lettres étant réduites aux incidents et aux sentiments de famille n'ont, en quelque façon, point de date ni de caractère essentiellement local. Par leur forme, elles nous appartiennent, et Ton estimera sans doute que, dans le nombre, il s'en trouve d'assez touchantes pour que la langue française s'en fasse honneur.

Le prince Ferdinand était le doyen de la famille royale. Né en 1730, il avait près de 77 ans ; sa femme, Louise de Brandebourg-Schwedt, près de 69. Cinquante-deux ans de ménage n'avaient pas usé leur mutuelle affection : ces vieux époux s'adoraient et adoraient leurs trois enfants dont l'atnée seulement, Louise, princesse Antoine Radziwilly avait hérité des vertus

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privées de ses parents. Les deux fils, Louis et Auguste, étaient, Tun comme l'autre, orgueilleux, dépensiers, débauchés jusqu'au scandale; mais ils avaient une passion ardente, sinon de grandes capacités, pour les choses militaires, à quoi leur père, frère pourtant du grand Frédéric et fils du roi sergent^ ne s'était jamais intéressé.

L'Empereur eut pour les deux vieillards qu'il estimait infiniment des attentions marquées. Il alla lui-même leur témoigner ses regrets de la mort du prince Louis, et assigna pour résidence au prince Auguste, Gharlottenbourg, à Is^ porte même de Berlin.

Cependant, les pauvres parents et lear fille Louise souffraient cruellement d'une séparation dont ils ne prévoyaient point le terme et, en outre, la princesse Radziwill s'épouvantait à l'idée que la cour de Prusse, chassée de retraite en retraite, serait bientôt obligée de chercher un refuge en Russie. Le prince Ferdinand écrivit donc à l'Empereur qui avait quitté Berlin le 25 novembre pour se rendre en Pologne, la lettre suivante :

Barlin, le i dicambra 1S06,

Sire,

C'est par une suite des bontés infinies dont il a plu à Votre Majesté Impériale de m'honorer le jour que Vous avez passé chez moi, que je prends la liberté de les réclamer en intention de Vous demander d'avoir la grâce de permettre que ma fille, la Princesse Louise, son époux, le Prince Antoine de Radziwil, les enfants et leur suite, qui se sont réfugiés à Koenigsberg en Prusse (1), puissent se rendre à demeure à Reinsberg, petite villa qui m'appartient, éloignée de vingt lieues de France de Berlin, et à quatre lieues de la ville de Ruppin. Ma lîlle est d'une santé faible et délicate, de sorte qu'elle ne pourra que difficilement supporter le climat rigoureux de la Prusse ; qu'à la suite de la perte douloureuse que j'ai faite au commencement de cette guerre, ce serait une grande consolation pour moi de la savoir plus près, et à portée de recevoir de ses nouvelles, comme pour elle de se rapprocher de ses parents, qui est le seul bien qui l'attache au monde.

Si Vous daignez, Sire, acquiescer à ma demande, Vous aurez la grâce de donner vos

(1) Le nom de Prnise, qui l'eit éteodo à tout l'Etat, corrcapond essentiellement k la proTÎnce dont Eoenlgiberg est la capitale.

ordres, de faire expédier un passeport à ma fille la Princesse Louise et sa suite, pour se rendre de Koenigsberg en Prusse, à Reinsberg.

J'ai l'honneur d'être avec un profond respect. Sire, de Votre Altesse Impériale le très humble et très obéissant serviteur

FKRniHAHn (1).

La princesse Ferdinand joignit une lettre à celle de son époux. L'empereur lui inspirait, une admiration mêlée d'effroi et le trouble de son ftme a passé dans son style.

Sire, C'est avec la confiance qu'inspire un bienfait déjà reçu que j'implore aujourd'hui la grande âme de Votre Majesté Impériale. Elle rendit il y a UQ mois à nos âmes déchirées de la perte d'un fils, le fils qui nous reste; c'est une mère en larmes qui l'en supplie ; comment supporterai-je l'idée de voir ma fille avec une santé fragile, quatre petits enfants, abandonner sa patrie pour chercher un asyle, au milieu de l'hyver, dans une terre étrangère, sous un ciel si dur ; comment la nouvelle de la mort des deux enfants de la princesse Guillaume n'eût-elle pas rempli

- 1690, toi. U. — UUr« auto-

mon ime de terreurs ? Je crains pour ma fille : allarmes pour mes petits enfants. Sire, vous n'est pas seulement le plus grand des souverains; Sire, vous est bon frère, bon fils; Vous ne serez pas sourd aux prières d'une mère, Vous ne serez pas insensible à sa douleur. Votre Majesté Impériale, au milieu de ses victoires, ne dédaignera pas la douceur de diminuer les maux d'une famille déjA si malheureuse. Je me rendrai caution pour ma fille, Sire, que Votre Majesté Impériale n'aura pas le plus léger sujet de riagretter la grâce qu'elle aura faite, tant d'adversités, des pertes cruelles en répondant également, et le bien que ma fille devra à Votre Majesté n'en est pas un garant moins sûr. Retirée dans le château de son père à Rheinsberg, à 20 lieues de Berlin, elle ne pourrait même être exposée à blesser la reconnaissance. Père et Mère béniront à jamais Votre Majesté Impériale dont la Bonté adoucit les infortunes dont leurs vieux jours étaient accablés.

Je suis avec respect

Sire

de Votre Majesté Impériale

la très humble et dévouée servante

Louise Pr. Ferdinahd.

Berlin, CB 3 décembn 1806.

(1) Id., fol. Ï5, — Lcttn «uiograptiA,

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