‹ Mélanges d'histoireChapitre 5 sur 10 · APRES I^NA · texte numérisé non relu

APRES I^NA

La princesse Louise avait épousé en 1796, à 26 ans, le prince Antoine Radziwill, sorti d'une des plus illustres familles polonaises, qui n'en avait que 21« L'ainé de leurs quatre enfants, Guillaume, avait 9 ans; il était tombé malade à Koenigsberg, et les parents et grandsparents, douloureusement impressionnés par des deuils qui venaient de frapper la famille royale, se tourmentaient fort à son sujet. Un gros paquet de lettres daté de Koenigsberg, 10 décembre, arrivé à Berlin le 21, délivra d'inquiétudes le prince et la princesse Ferdinand. Leur fille disait sa joie d'avoir enfin reçu des nouvelles de ses chers parents, et son espoir d'obtenir des passeports pour revenir à Berlin quand le petit malade serait assez rétabli pour pouvoir supporter le voyage.

Le 15 décembre, ce fut le prince Antoine Radziwill qui écrivit à sa belle-mère, la princesse Ferdinand :

« Guillaume se remet visiblement depuis les dernières nouvelles que Votre Altesse Royale a reçues de Louise ; ce malheur de plus aurait été affreux ; y échapper, c'est presque retrouver le bonheur. »

Deux jours plus tard, la princesse Radziwill écrit la lettre suivante :

î^i^rts"' y.-'i'

APRÈS liNA 43

« Koenig^berg, 17 décembre 1806.

J'ai y Dieu merci, de bonnes nouvelles à vous donner, mes bons parents. Guillaume continue d'aller bien, et les progrès, quoique lents, ne me laissent plus de doutes de son rétablissement. Je ferme les yeux sur le passé et sur l'avenir pour ne m'occuper que de la reconnaissance que je dois dans cet instant à la Providence, qui peut sauver^ qui sauve quand tous les secours humains paraissent nous abandonner.

Vous, ma bonne mère, qui savez tout ce qu'on éprouve pour celui qui sauve votre enfant, devez concevoir tous les sentiments qui m'occupent ; tour à tour, je remercie Dieu et Stufeland(l). J'embrasse Auguste de tout mon cœur. Veuillez lui dire que j'ai vu Stagen,qu41 a dîné avec nous, qu'il est placé, et qu'il va demain au lieu de sa destination ; j'ai eu bien du plaisir à causer avec lui et à entendre tant de détails qui m'intéressaient. Nous sommes bien tristes de n'avoir aucune nouvelle de Mimi. » (2)

Mimi venait d'arriver à Berlin, et dans le même moment, Auguste en était parti. Mais, avant de rendre raison de cette arrivée et de ce départ sur lesquels le général Glarke,gouver-

(1) Le médecin, sans doute.

(2) Arch. nat. AF IV — 1692, fol. 100.

a APniS itBJt

neur général, écrivit unlong rapport à l'Empereur, disons tout de suite que la princesse Radziwill n'obtint pas les passeports sollicités par ses parents et par elle-même. Le 28 décembre, elle avait adressé cette supplique^ l'Empereur:

« Sire, Je joins mes instantes prières à celles que mes parents ont adressées à Y. M. Impériale et Royale pour me réunir à eux. Leur âge et leur santé les ont dispensés du devoir imposé à toute ma famille de suivre Sa Majesté le Roi. Je crois y avoir satisfait eu me rendant jusqu'ici ; la répugnance que j'ai à m'expatrier me fait recourir àla protection de Votre Majesté Impériale. Je remets à sa bonté l'intérêt si cher pour moi de rejoindre mes respectables parents ; ce sera de nouveaux titres qu'elle aura à notre reconnaissance après les marques de bienveillance et d'égards que Votre Majesté Impériale leur a déjà témoignées. Je la supplie de daigner me faire tenir les passeports nécessaires pour mon retour à Berlin.

Je suis avec respect Sire de Votre Majesté Impériale et Royale la très humble et très obéissante servante Louise de Prusse, Princesse Radzivtill.

EoeDigiberK, 28 décambra 1806. i (t) (1) AF IV— 1S90, fol 43. — Lettre autographe.

Pour des motifs qui nous échap] reur ne se laissa pas fléchir. Il sul le propre beau-frère de Frédéric rejoindre le quartier général pru permit pas que, de Koenigsberg < on pût sortir pour rentrer dans I conquises parnos armes.

Le prince Auguste, placé dac très délicate de prisonnier sur affecté, suivant le rapport verbal par le général Hulin, gouverneur se promener à cheval dans les rui pendant deux jours de suite, qui ment ceux où il avait circulé des prétendues défaites de l'armée avait vu le général major, comte ( autre prisonnier sur parole, venu permission, liberté que le prince naît lui-même fréquemment : « .

presque chaque jour à Berlin la i lottenbourg, et il a dû même y re^

46 APRÈS ïÛKk

refus formel que le gouverneur général lui a fait de le laisser séjourner à Berlin. »

Déjà, l'Empereur avait écrit à Glarke pour l'engager à Téloigner de Berlin à la première occasion, de façon que le 24 décembre, à 5 heures du matin, le prince fut arrêté, avec tous les égards dus à son rang et à ses augustes parents, et dirigé sur Nancy, accompagné de l'adjudant commandant Lépreux.

Les Berlinois nefurent pas informés des véritables causes de ce départ que les sentiments anti-français du prince rendaient nécessaire, en raison de la prolongation de la guerre; ils les soupçonnèrent probablement, mais n'en tinrent aucun compte au prince qui les scandalisait par l'affichage public de ses faiblesses. Presque tous les jours, il s'était montré au spectacle avec sa maîtresse : c'était, pour lors, la fille d'un chapelier, une demoiselle Wichmann, et, bien entendu, il se répandit dans la ville certains détails que l'heure indiscrète de l'arrestation fit connaître. Glarke les transmit à l'Empereur, tout à trac, sans périphrases : « et dans la propre maison de son père, le prince Ferdinand ! » ajoute Glarke (1).

G'était là encore une délicatesse française que les bons parents, malgré leur grande hono-

(1) AF IV, 1692, fol. 103-107.

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rabilité personnelle, n'étaient guère en état de comprendre, ainsi qu'on le verra plus tard, ni le public non plus, sans doute ; toutefois, il se montra très mécontent que la demoiselle, sur les instancesduprinceÂuguste, fût partie de Berlin pour le suivre, une heure après qu'il en était parti lui-même.

Laissons-les sur le chemin de Nancy, et revenons à Mimi qui, bravant toutes les défenses, avait quitté sa résidence de Freyenwalde, et était arrivée en coup de vent à Berlin, le 23 décembre avec ses deux fils et MM. de Constant et de Bentinck, attachés à sa maison.

Freyenwalde était à la distance d'une poste de Berlin, une douzaine de lieues environ. Le prince et la princesse d'Orange, avec leurs enfants et leur suite, s'y étaient installés depuis un mois, après de longues pérégrinations qui avaient momentanément séparé les deux époux, et causé de mortelles alarmes à la douairière et à sa fille, demeurées longtemps sans nouvelles de ce qu'elles avaient de plus cher.

Le trait d'union entre les deux moitiés de la famille d'Orange fut la princesse électorale de Hesse, Augusta, sœur de Mimi, restée, l'on s'en souvient^ à Berlin ; le petit enfant qu'elle y mit au monde en novembre, et qui fut un

e vécut que quelques jours. Âugusta étaient nièces de la douairière ; Mimi, par son mariage, devint la , et belle-fille très aimée, de sa tante.

s passèrent entre Schleswig et Freyenus le couvert de la princesse élec- Hesse, pour laquelle M. Bourrienne, de France à Hambourg, avait une nsidération, car il chargeait ses pro- 'riers des lettres de Hambourg ou de rquilapouvaient intéresser. Le prince tein, écrivant de Hambourg à la prinictorale de Hesse, recommande à de coucerter les lettres qu'elle lui k M. Bourrienne dont il lui donne et la prie de vouloir bien ajouter ihose d'obligeant pour M. le ministre.

I de novembre, un courrier de Bouriporta à la princesse Augusta un vopaquet dans lequel se trouvaient une son époux, purement amicale (1) ; une I, très aimable : « ... notre établîsseis est aussi confortable que possible circonstances; la satisfaction d'être na mère est pour moi un grand motif

Beélectoral da Heise écrinitpcn et «'en tenait aux itail d'autant p1n> prodant qa'il cberchaitli gagner ■icai da l'Emperaar.

APRÈS limk 49

de consolation adieu, mon cœur », et une

longue épltre de la douairière d'Orange.

Sclileswig, 25 novembre 1806.

La situation est de tout point si affreuse que l'on ne trouve réellement pas de termes pour s'exprimer; mais, croyez bien, ma chère nièce, qu'en particulier je sens vivement la part que vous y avez, et que j'ai bien partagé la position où vous vous trouviez au moment du départ de votre famille, devant attendre à Berlin les ennemis qui entraient en vainqueurs. Mais on m'assure qu'ils se sont montrés avantageusement à votre égard, et que l'Empereur a eu envers vous les procédés qu'il vous devait à tous égards. Je serai bien aise d'en apprendre la confirmation de vous-même et d'avoir des nouvelles de votre santé.

C'est au milieu de tout cela que ma fille et moi nous avons été poussées successivement par les événements malheureux de la guerre, depuis Brunswick jusqu'ici et, à mon grand étonnement, j'y ai trouvé votre époux et l'électeur, chassé de ses Etats comme nous, et plus maltraité qu'aucun de nous, malgré sa neutralité. Les bras m'en sont tombés, et c'est d'abord à vous que j'ai pensé, ma chère nièce.

50 APRBS lÉNA

Si vous avez quelque chose de consolant à m'apprendre, veuillez m*en faire, part.

Je suis toujours sans nouvelles de mon fils et de Mimiy depuis le 28 octobre ; ils étaient alors ensemble, depuis la veille, à Côslin; ils avaient envoyé Sartoris à Berlin et voulaient attendre son retour pour se décider où ils

iraient Pas de nouvelles des Russes, mais

des données sûres qu'ils arrivent en foule.

J'ignore encore combien de temps nous pourrons rester ici, puisque cela dépend des Français, s'ils veulent ou non respecter la neutralité danoise. On se flatte qu'il n'y a rien à craindre; mais, d'un moment à l'autre, cela peut changer : alors, le vent décidera de notre sort ; car il ne nous reste plusqu'à passer le Belt ou à nous rendre en Angleterre.

Je vous embrasse, ma chère nièce, et suis avec le plus tendre attachement, votre toute dévouée tante.

WiLHKLMINE.

Votre mari est extrêmement amical à notre égard et je trouve qu'il se comporte très bien dans le malheur, ne montrant d'inquiétude que pour vous. » (1)

La lettre désirée de la nièce dut arriver sur

(1) Id., fol. 78.

APRÈS lÉNA 51

ces entrefaites, car le 1*' décembre, Loulou s'empresse de répondre à sa cousine Âugusta de Hesse.

• Schleswig, \" décembn 1806.

Votre lettre m'a bien réjouie, ma chère cousine, et je vous en rends mille grâces, ainsi que des voeux que vousm'adressez pour ma fête (1). Vous ne doutez pas non plus de la part que j'ai prise à la perte de votre nouveau-né. Je pense, au reste, comme vous, que les morts sont plus heureux que les vivants et, d'après cela, je ne m'afQige pas pour ce pauvre petit. C'est aussi la réflexion que j'ai fait faire à votre mari qui, maintenant, m'y paraît résigné.

' Nous fîmes hierensemble une partie de boston et nous fûmes voisins à souper. Vous pensez donc bien, mon ange, qu'il fut sans cesse question de notre aimable Augusta. Il vous écrivit hier par occasion et m'a chargée de vous dire mille tendresses de sa part, ainsi que de celle de toute sa famille, qui eut la politesse de passer chez moi le 28, jour Auquel/espérais que personne ne songerait, puisqu'il me rendait bien triste. Vous comprenez cela, ma toute chère, et cependant, la bonté et l'amitié qu'on

(1) Lonlon itait aie le 28 noycmbre.

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me témoigne de tout côté à cette occasion ne peuvent que me toucher.

Veuillez, cher ange, remercier la tante Ferdinand (1) de sa gracieuse lettre du 21 octobre que je ne reçus que samedi et, si vous le pouvez, faites savoir à Mme de Sartoris que la sienne de la même date est, depuis deux jours, en ma possession en lui en faisant mille remerclments. Je n'ai rien appris de sa princesse (2) depuis le 18 octobre ; je m'inquiète pour sa santé qui est si délicate.

Adieu, chère Augusta ; Maman vous embrasse ; j'envoie une tendre accolade à votre petite famille.

Votre Loulou. » (3)

Dans le même moment, la mère et la fille eurent une grande joie ; elles reçurent une lettre du prince d'Orange dont elles n'avaient pas eu de nouvelles depuis quatre semaines. Lorsque le prince l'avait écrite, il était de nouveau séparé de sa femme, de façon que Loulou, ignorant que tous deux s'étaient rejoints ensuite à

(1) L« prince Ferdinand était oncle du feu roi Frëdëric-Guil* laume II et de la douairière d'Orange; grand-oncle du roi régnant Frédérîc-Gruillaume III, de ses frères, de ses sœurs : Mimi et Auguste, ainsi que du prince d'Orange et de sa sœur Loulou.

(2) La princesse Louise Radziwill, fille du prince Ferdinand.

(3) Id., fol. 79.

Freyenwalde, répond à son frère, le 7 décetnbte, sous le couvert de Mme de Sartoris.

« Te n'essayerai pas de vous dépeindre, mon bon Guillaume, la joie que j'ai ressentie samedi en reviyant de votre écriture. Il faut avoir été privé das nouvelles de ceux qu'on chérit pour comprendre cela. Je bénis Dieu de votre bonne santé^ de celle de Mimî et des choux à l'époque où vous les quittâtes, me flattant que tous ces voyages continuels ne leur auront pas fait plus de mal qu'à nous qui, malgré la mauvaise saison et tout ce qui l'en suit, sommes à merveille.

Toujours insatiable, depuis que j'ai de vos nouvelles, mon bon ami, j'en voudrais encore ; car, en digne fille d'Eve, ma curiosité n'est rien moins que satisfaite, et je suis impatiente du parti définitif que vous prendrez, me flattant quelquefois qu'il nous réunira en temps etlieu, seule joie que je demande au Ciel.

Je vous rends mille grâces, mon très cher frère, de tout ce que vous me dites de tendre et d'amical sur mon anniversaire de naissance, qui n'est plus une fête pour moi, mais m'accable de tristesse par tous les souvenirs qu'il me présente . Votre amitié pourtant est un baume pour mon cœur affligé, et j'y compte comme sur un appui inébranlable. Vous pouvez vous imaginer

B notre inamaa fut pour moi. en ce trist« lu 28 novembre ; j'en fus bien touchée, et it l'impossible pour surmonter mon riiat répondre comme je le devais aux actenit bontés qu'on me marquaitde tous côtés; lendemain j'en fus récompensée par la ise et le moment dé bonheur que me pro- 'Otre lettre du 24 novembre. Nous n'avions eçu de vous depuis celle du 20 octobre ; re qu'il ne faudra pas derechef attendre 3 semaines,

r, 6 décembre, nous bûmes à la santé de eur votre fils; je désire qu'il profite de la que lui donne l'adversité pour croître ses t et se rendre digne du nom qu'il porte, ftssez-le pour moi, et Fritz et Pauline . vous les reverrez, ainsi que leur charmaman. Tous mes vœux montent au Ciel re faveur, mon aimable ami. Mon Oieu !

î suis occupée de vous tous et comme je ais que nous puissions être réunis ! Je me cependant que cela arrivera tôt ou tard.

is serre contre mon cœur. » (1)

isieur, cotre fils, le cher neveu de la tante u, venait de prendre ses quatorze ans.

le cadet, avait dix ans, et Pauline, la plus

.,(ol. 81.

jeune de la famille, un peu moins de sept. Ce jour-là même, 7 décembre, la petite Pauline avait ressenti les premières atteintes d'un mal auquel on n'attrîbua d'abord aucune gravité.

C'est le père qui en donna la nouvelle à sa sœur.

■ Fre;snwalde, 9 dëaeinbn 1B06.

... Notre établissement provisoire est assez tranquille; nons sommes toujours dans l'attente des passeportspourpouvoir retourner à Berlin. Pauline est un peu incommodée depuis deux jours; mais ce n'est qu'un peu de froid et de dérangement d'estomac ; je me flatte que dans un ou deux jours elle sera entièrement remise. »

Le 12, le prince écrit à sa mère :

« J'ai reçu hier votre lettre du 1" décembre ; je me flatte que nous pourrons avoir régulièrement de vos nouvelles. Gomme nos lettres ne contiennent que des signes de vie et des assurances au sujet de l'état de nos santés respectives, je pense que le meilleur sera d'écrire alternativement à vous et à ma sœur, et d'expédier en conséquence par semaine une lettre à chacune.

Mon épouse et la petite famille sont à vos pieds ; avec la santé, cela va assez bien ; cependant, Pauline n'est pas encore entièrement remise.

56, APRÈS ïéruk

L'empereur de France, ceux qui sont attachés à sa personne et le ministre des Relations extérieures (1) ont quitté Berlin et sont à Posen, à ce que Ton m'a dit. Cet éloignement retarde l'espoir que j'avais d'obtenir quelques déterminations au sujet du sort de ma maison.

Agréez... G. F. prince d'Orange. » (2)

Enfin, l'on apprend, le 15 décembre» à Schleswig, par l'intermédiaire de la princesse électorale de Hesse, des nouvelles sûres et récentes du prince et de la princesse d'Orange. Aussitôt, Loulou écrit à sa cousine :

« Vous dire, ma bien chère Augusta, le plaisir que m'a fait votre lettre, n'est pas en mon pouvoir. Je vous remercie mille et mille fois de m'avoir donné des nouvelles de notre M imi pour laquelle, ainsi que pour tout ce qui lui appartient, j'étais fort inquiète. Voici un mot que je vous supplie, mon cœur, de lui remettre de ma part.

Pauvre Marianne! que je la plains! (3) Elle

(1) Le prince de Bénëyent.

(2) Id., fol. 83.

(3) Marianne, la princesse Guillaume, belle-sœur du Roi, de Mimi et d'Augusta, Tenait d'être éprouvée par un affreux malheur ; elle-même l'a raconté dans une admirable lettre qui sera rapportée plus loin.

WKf^^^^^

AMiis tink

aimait cette enfant avec tant de passion, e Ciel lui ravit cette douce consolation ! ^- Mi va et vient continuellement, etje pense <\ finalement, elle viendra encore me dîrebonj en passant, ainsi que ses marmots, qu'elle allée chercher, apprenant que, vu l'absence son fraiello, elle en avait encore le temps

J'embrasse votre petite famille et salue v( cour, ainsi que tout ce qui pense à mon e.

tence dans cette grande ville. Adieu, mon an une autrefois davantage. Je vous chéris pou vie.

Votre mari m'envoie une lettre dont Mac a voulu se charger, «t je lui ai cédé ce pla: en fille bien élevée. »

(1) HariS'PBalawiiB, Tune des Hsnis dD ciar Alexandra, e fpomé à IB ans, en 1S04, le prince héréditaire, de Saie-Wii lieDtenant-général an ferrice de Rus>fe. 11 était en TOyagi Ifarie avait dit f> rapprocher de son beaa-frire, le prince fa ditaire de Uecklembaurg-Schvrerin, alors fixé à Allons pri Hamboarg, car ce dernier écrirait le 23 janvier 1807 : < Ha b sœur Marie est encore dam eei environ! ; elle eit inqniète •on mari qui canrt le inonde. > — Le prince héréditaire de U lembonrg-Sehwerin était vent d'Hélène Paulowna, actur c de Uarie ; il avait deux enfanta, de 6 ana et de k bdb ; ce ■Bsurément les marmots, neveux de Marie, dont parle Loi que leur tante avait pris dorant nne absence de son bean-f: Marie n'avait pas d'enfants, TJn mot qne l'on trouvera plus indique qu'elleen avait perdu un ou deux ; il fallait qu'ils fns morts dans l'année de leur naissance, car le Gotba n'en •Dcune mention. — LefrattUo ne peut être que le beau-frèi Marie; les grands ducs : ses frères et cenidaczar, n'étaienti «D AUema^e i une telle époque.

oici l'heureuse lettre incluse dans la prée.

fin, chère et bonne Mimî, j'apprends où tes (1) et où je puis vous adresser quelignes ; je le fais avec d'autant plus d'emment qu'il y a bien longtemps que je n'ai onheur de correspondre avec toi ni savoir nouvelles directes. Juge, angesse, que lière lettre était du 28 octobre, et que, I lors, je ne savais rien de tes faits et , jusqu'à ce que, par deux mots de ton imé en date du 24 novembre, j'appris Lieu de pousser vers le Nord {2} tu te raplis de nos climats, et j'en éprouvais une oie, me flattant que parla, tôt ou tard, )arviendrons à nous réunir, moi comment tu te portes, et comment ta a résisté à ces voyages continuels ainsi lUe de tout ce qui t'entoure. Je suis bien ente de^ revoir de ton écriture, bonheur e suis privée depuis six semaines. J'em- I tes choux et salue ta société. Voici deux pour Guillaume (le prince d'Orange). Je rit bien souvent depuis le 30 'octobre, re lettre que jesaiaquetu as reçue; mais re si ces épltres te sont parvenues, puis-

?rejenwalde,

n KoeniK>beTg où ictrooTait la famille rojel«d*n^«g«.

qu'elles te cherchent sans doute où tu u'c et ceux qui a'ea sont chargés me les restiti apparemment en temps et lieu. Ma santé s tient ainsi que celle de Maman, et nous pf notre temps tout tranquillement penst parlant sans cesse des ahsents pour lei nos vœux se réunissent.

Le 18 et le 6, nous bûmes les santés du mais, toutes les occasions, et particulier celle du 21, m'ont rendue bien triste (1).

cara mia, c'est par Âugusta que j'ai su étais, et je la prie de te faire parvenir c< te serre dans mes bras en idée et suis toute éternité. »

Les« deux mots pour Guillaume » n pas moins tendres.

« Schlesvi^, 15 démmbre 1

Avant-hier, j'eus une grande et faussi mon bien-aimé Guillaume, ayant reçu une de votre part, qui, dans le temps, m'eût r fort heureuse et qui, maintenant, ne me c plus que des regrets : elle était du 8 oc elle me revient parPosen. Grâceà Augusta

60 APRÈS linx

TOUS savons réuDÎ à Mimi et aux enfants, et nous sommes persuadées que nos lettres du 1*' envoyées en Basse-Silésie, n'ont pas pu vous parvenir, et voilà pourquoi vous ne nous écriviez plus, incertainssi mémenousétions encore ici. J'espère donc que ma lettre du 7, envoyée pour plus de sûreté par estafette A Mme de Sartoris, vous aura été remise et que nous y recevrons promptement réponse. En tout cas, ces lignes-ci ne vous manqueront pas, à moins que vous n'ayez encore changé de domicile, et alors, j'espère que si vous ne pouvez vousmême nous en instruire, Augusta aura du moins cette bonté.

Le sort de la pauvre Marianne m'afifecte infiniment. Une Marie qui l'aime beaucoup et qui est ici, en a été bien afQigée, d'autant que cela lui rappelle ses propres malheurs. Cette charmante etintéressante jeune personne vous fait ses compliments, dit mille tendresses à Mimiqu'ellechérit. Elle va nous quitter, ce dont je suis bien fâchée.

Adieu, mon aimable ami, je vous serre dans mes bras en idée et suis à jamais votre

Loulou. n

Cependant, la maladie de la petite Paulin& n'était pas encore connue àSchleswig. La lettre détaillée que le prince d'Orange écrivit sur ce sujet à sa sœur, étant du 19 décembre, ne lui parvint qu'à la fin du mois : elle donnait à la foislieu de craindre et d'espérer.

■ Frejenwalde, 19 décembre IB06.

D'après ma précédente, je n'ai reçu aucune nouvelle de vous, ma très chère sœur, et leslettres du 7 sont,pBr continuation, les plus fraîches qui soient en notre possession. D'ici, je peux vous marquer que nous sommes bien portants, à l'exception de Pauline, qui continue à être malade et ne promet pas de guérison de quelques jours. Elle a une fièvre de nerfs, ce qui nous a engagés à consulter le médecin de Berlin, Grappengieser, tant pour avoir une idée exacte de la maladie, que pour juger du degré de confiance que mérite le médecin d'ici. Il a été très content de lui et de la manière dont il a traité l'enfant, et nous a tranquillisés sur le compte de Pauline, vu qu'il a assuré qu'il n'y a

62 Al>RèS lÉNA

aucun danger et que la maladie étant absolument déclarée, il n'est pas à craindre qu'il puisse exister quelque doute à cet égard, de sorte que les remèdes les plus efficaces peuvent être employés sans crainte de se tromper sur le genre de la maladie.

Veuillez informer ma mère de cet état de maladie de l'enfant, et lui présenter en même temps mes hommages et ceux de Mimi. Du reste, rien de nouveau ; nous sommes dans l'attente des futurs événements et désirons surtout obtenir quelques renseignements qjui décident notre sort.

Mimi vous fait mille compliments ; les enfants vous baisent les mains et moi, je vous embrasse avec un attachement inviolable.

Votre très dévoué frère et ami Guillaume Frédéric. (1)

Les médecins étaient pleins dé confiance — en eux-mêmes — mais la maladie était inquiétante et elle mit les médecins dans leur tort : c'est une triste et banale histoire. L'enfant mourut le 22 décembre. La mère quitta sur l'heure Freyenwalde avec ses deux fils et courut à Berlin auprès de sa sœur, faisant dire au gouverneur général Clarke qu'elle avait craint la malignité

(1) Id. fol. 92-98 pour cetU lettre et les troit qui la précèdent.

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de la fièvre dont sa fille était morte pour ses autres enfants ; ' que, d'ailleurs, on pouvait la charger de chaînes-. C'est à quoi le général Clarke ne songeait guère. Il prit sur lui d'autoriser provisoirement la princesse & demeurer à Berlin pour y soigner sa santé délabrée; mais il rendit le prince responsable du coup de tête de sa femme, et le fit aussitôt partir de Freyenwalde et conduire en Poméranie, au delà des postes français.

Le prince d'Orange s'en alla rejoindre le quartier général prussien avec une répugnance manifeste. Signataire, avec les deux frères du Roi et les deux fils du prince Ferdinand, de la déclaration qui, en faisant tomber le ministère Haugwitz, avait déchaîné la guerre, il s'était, après les revers, fort détaché des destinées de la Prusse; de plus, bon époux et bon père, cette nouvelle séparation d'avec sa famille au lendemain d'un deuil cruel luiétaitparticulièrement pénible.

Ce prince qui, le premier de sa race, devait porter le titre de roi, ce futur Guillaume I", souverain des Pays-Bas et de la Belgique, semble avoir été plus enclin à se laisser conduire qu'à user d'autorité dans les conjonctures politiques aussi bien que dans les afi'aires de son ménage. Souhaitant l'amitié de l'Empereur, il

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