‹ Mélanges d'histoireChapitre 9 sur 10 · LIS QUATRE FILLES DE · texte numérisé non relu

LIS QUATRE FILLES DE

Marguerite de Provence, que la ptu] généalogies vieillissent de deux ans, b naître en 1219, alors que sa naissanc date bien établie du mariage de ses ne peut coïncider qu'avec la fia de l'anu était, à douze ans, tenue pour la prin plus belle et la mieux élevée qui fût en Par le conseil de sa mère, la reine Bla:

des plus sages de son'>royaume, Louis approchait de sa vingtième année, jeta sur elle. Mais Raymond- Déranger n'( riche : en 1234, ni Marseille ni Arles n fait retour à la Provence, et dans la crai le mariage ne manquât, Romée de Vil décida son mattre à donner plus qu'il vait. « Ne mettez point en considératioi de la dépense, lui dit-il, car les princf tiens désireux de s'allier à la puissance que vous acquerrez pour l'aînée, vous deront les autres à telle dot qu'il vous | Le comte de Provence promît donc di

marcs, cinq fois la dot que Béatrix de Savoie lui avait apportée, mais n'en paya comptant que deux mille ; le surplus' fut gagé sur quelques places de Provence.

La première cérémonie des noces fut faite en l'église Notre-Dame des Tables, à Montpellier, par le ministère de l'évéque de la ville, Jean de Montlaur, le 1®' novembre 1233. Au printemps, la jeune princesse fut remise aux ambassadeurs du roi de France et, accompagnée par son oncle, l'évéque élu de Valence, elle arriva à Sens, capitale de la province archiépiscopale dont dépendait Paris, y fut mariée le 27 mai 1234 et couronnée le lendemain.

Parmi les gens de sa suite, Marguerite avait un ménétrier et six troubadours provençaux qui figurent pour 112 livres (valeur du temps) sur les 2.526 livres montant de la dépense faite au festin et au reste de la solennité. L'évéque élu de Valence ne reçut pour lui et son escorte que 236 livres, juste le double de ce qui avait été attribué aux troubadours; mais, ayant suivi le roi et la jeune reine sa nièce à Montereau et à Fontainebleau, il toucha un supplément de 12 livres.

Guillaume de Savoie,rélude Valence, n'avait d'épiscopal que le titre. L'élection ne conférait pas le droit d'exercer les fonctions; fré-

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quemment même, l'évéque élu n'ét tre. Il bénéficiait des avantages te siège, et demeurait libre de rentrai laïque si Rome refusait déilnitivemi les d'investiture, ce qui n'était pas r mort d'un aîné le faisait chef de fai laissait le soin de continuer sa r pour les cadets de grandes maison ment avantageux et qui n'engageait ] En général, la conduite des élus étai comme leur situation ; mais Guilla voie faisait exception à la règle, dont l'investirent les vertueux sot Provence, et qu'ils lui renouvelé] pour le mariage de leur seconde f garant de son bon renom ; nous av en faveur de sa moralité le témoigt thieu Paris, l'historien anglo-norma clin à calomnier les étrangers qu'à justice.

Les jeunes comtesses provençales i de proches parents, si ce n'est du ( mère, Raymond-Béranger n'ayant sœur, mariée au loin en Béarn. Mai Savoie était la douzième d'une famil] tait neuf fils et six iîlles, nés des dei du comte de Savoie, Thomas, prem ce sage prince dont Raymond-Béi

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recherché l'alliance. C'est Thomas I" qui fit coqetruire le châleau-fort de Pignerol, entre le col du Genèvre et Turin, et celui de Ghambéry; il rendit cette ville capitale de ses états deçà les monts. Le comte Thomas fut heureux en toutes «es entreprises : plus heureux encore *dans ses enfants, dit l'historien Nostradamus, ayant donné le jour à une si belle descendance. Béatrix fut la mieux établie de ses filles; de. ses fils, trois devinrent comtes de Savoie à leur rang ; un autre épousa la comtesse de Flandre ; Guillaume, l'élu de Valence, était le cinquième, et le plus jeune, Boniface, fut archevêque de Cantorbéry, primat d'Angleterre.

La famille savoyarde, plus riche de membres que de biens, essaimait volontiers au dehors, et l'élu de Valence, ainsi que quelquesuns de ses frères, aurait pris racine en France, si Louis IX eût été d'humeur à le souffrir. Mais le saint roi, beaucoup plus doux que la reine Blanche, était volontaire autant qu'elle ; il se garait des influences ; et, peut-être, parce qu'il avait souffert — sans en jamais rien témoigner — de l'autorité maternelle, il ne permit point à sa femme de s'ingérer dans ses affaireâ, la tint de fort court pour la dépense, lui défendit de recevoir aucun présent, de prendre personne à son service ou à celui de ses enfants sans le

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congé marital, et le bon accueil qu'il faisait aux oncles de Marguerite se doublait d'une invitation polie d'abréger leurs visites.

En quoi son beau-frère Henri III, roi d'Angleterre, ne l'imitait point. On lui a reproché, non sans raison, son engouement pour les étrangers ; mais ces étrangers» qu'ils fussent Savoyards ou Poitevins, étaient ses parents et Henri III avait le sens familial très développé. Soit dit sans aucun blâme à l'adresse de Louis IX — bien mieux qu'Henri III, il gouverna son royaume et sa maison — la reine d'Angleterre, destinée à connaître des moments encore plus cruels que les jours passés par Marguerite à Damiette, eut cependant plus de satisfactions privées que sa sœur. D'abord, elle ne trouva pas de belle-mère dans son pays d'adoption; ensuite, elle vécut entourée de ses propres parents, son mari lui donnait place en ses conseils et ne réglementait pas sa dépense.

Fils du roi Jean, de triste mémoire, Henri III fut un irréprochable mari, un excellent père, un bon frère et, pour le surplus, un pauvre homme. Il approchait de la trentaine, âge tardif quand il s'agit d'un roi pour convoler en justes noces, lorsqu'à la Qn de 1235, il fit demander à Raymond-Béranger la main de sa seconde fille, Eléonore, qui n'avait que 13 ans. Marguerite

LIS QCATRI FILLES DE nATHORD-BilURGEIl

"-au même âge en 1234 : rappro-

innées, les deux sœurs l'étaient n et par l'affection. La mer les mp moins qu'on ne pourrait le 'encontrea étaient fréquentes et, larguerite ne parait pas s'être

en Angleterre, la reine Eiéonore n France, glleterre avait déjà manqué quatre

1227, il aurait souhaité épouser Dte de Bretagne; mais Blanche, ance, se mit entravers du projet, er le comte, qui opposa un refus irésentée par les ambassadeurs songea ensuite à la sœur du roi ixandre, son beau-frère, Alexaniisé Jeanne d'Angleterre, l'aînée lu roi Jean. Alors, l'opposition ns anglais. L'une des sœurs du ivait été donnée au grand justisrre, Hubert de Burgh, haï par eurs anglais à cause de son dé- ! couronne, et tous s'écrièrent enait point que le roi prit pour

cadette, tandis que le justicier ni par mariage à la fille aînée, ça à contre-cœur à son dessein, et ic la Bile du comte de Ponthieu

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dont le domaine tenait les rivages de la mer entre Montreuil et Dieppe. Blanche de Gastille et le jeuneLouis IX firent, par menaces, rompre un mariage qui aurait donné aux Anglais un nouveau point de débarquement en France.

Enfin, le duc d'Autriche lui refusa sa fille (1). Mais, en avril 1235, Henri III eut une satisfaction d'amour-propre : il maria sa jeune sœur, Isabelle, à l'empereur Frédéric II, veuf de sa seconde femme, Yolande de Jérusalem, qu'il était d'ailleurs soupçonné d'avoir fait empoisonner.

Le roi fît bien les choses : là princesse eut de magnifîques bijoux, une vaisselle en or, une batterie de cuisine en argent et quatorze robes. Il y eut force larmes versées lorsque le frère se sépara de sa sœur.

A la fin de cette même année, Henri III tenait sa cour à Winchester, où il célébrait les fêtes de Noël, attendant avec une vive impatience l'arrivée des légats qu'il avait envoyés en Provence pour y chercher sa fiancée. Instruit par ses déconvenues, il avait, cette fois, pris ses précautions. Au moyen d'une première députation, maïs secrète, il s'était assuré des

(1) Lorsque Hubert de Bargh fat tombi en disgrfice, on prétendit qu'il avait infarmé cette u noble damen que le roi était loucbe, ■otet mal bâti.

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dispositions du comte de Provence, et le 23 novembre, le mariage par procuration avait été célébré à Tarascon. L'ampleur du cortège qui suivait Ëléonore était la cause du retardement dont, à Winchester, s'impatientait Henri III. Il se composait de plus de trois cents personnes à cheval, à quoi s'ajoutait une foule nombreuse de curieux. Pendant cinq à six jours que l'on mit à traverser le territoire de la Champagne, le comte Thibaut, alors mal avec la France, s'empressa pour la fiancée du roi d'Angleterre, servit lui-même de guide, et fournît avec magnificence à toutes les dépenses faites tant pour les hommes que pour les chevaux.

En France, le roi prit aussi tous les frais à sa charge, sans verser toutefois dans l'ostentation de son vassal, car Mathieu Paris note simplement qu'Eléonore de Provence, l'évêque élu de Valence quil'amenaît à son mari comme il avait fait pour Marguerite, et toute l'escorte, eurent de Louis IX libre et honorable passage. Mais, avec sa femme et sa mère, il accompagna à travers son royaume la jeune épousée ; ainsi, les deux sœurs chevauchèrent côte à cdte sur les routes de France.

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L'on s'embarqua au port de ^ proche de la côte anglaise que vent étant favorable, on aborda h à Douvres. Le roi s'était transpoi béry ; c'est là qu'il rencontra la elle lui plut, dit Mathieu Paris ; ch blable puisque au témoignage de qui vitEléonore nombre de fois, el' beauté admirable. Il est moins sûr époux ait plu beaucoup & la Ganc' n'avait ni la haute stature, ni les trt ni l'élégance deLouis IX ; sa taillt cre, son corps trapu, et l'un de trouvait en partie caché par la pauj

La cérémonie du mariage fut céi torbéry par l'archevêque primat, E janvier 1236; mais le couronnemen à la capitale, aussi bien que le fest L'un et l'autre eurent lieu le :

Westminster : il y avait alors un de la célèbre abbaye.

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Les fêtes ordonnées à Sens pour le mariage de Louis IX et de Marguerite, d'ailleurs admirées par les contemporains, semblent assez maigres à côté des splendeurs que Mathieu Paris a vuesetminutieusement décrites. Le cadre anglais était aussi plus avantageux : au bord d*un fleuve magnifique, une grande et riche cité dont la vaste enceinte suffisait à peine à contenir les seigneurs, les gens d'église, les bourgeois, les histrions de tout genre qui affluaient à Londres. Les maisons étaient ornées de tentures de soie, de bannières, de tapis, de guirlandes. Le soir, la ville étincelait à la clarté des lampions et des torches, et dans toutes les rues on avait enlevé la boue, les immondices et les souches de bois qui obstruaient la route. Il est à remarquer que ces mômes détails de voirie sont si^alés dans toutes les solennités comportant un défilé, aussi bien en France qu'en Angleterre. Le nettoyage étant une exception, comme la circonstance qui le rendait obligatoire, il nécessitait un grand effort; dans le cas présent, on y employa «des moyens qui tenaient du prodige ».

A travers les rues libres et propres, les bourgeois de Londres, couverts de manteaux tissus d'or, se rendirent à Westminster pour y exercer les fonctions d'échansons ; ils portaient 360 coupes d'or et d'argent. Le soin de la cuisine et le

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service des mets regardaient les bourgeois de Winchester, ville natale du roi régnant. Glissons sur « l'abondance des victuailles, la grande quantité de plats de venaison, la variété des poissons; sur les copieuses libations »; mais remarquons les jongleurs, peut-être bien venus de Provence et, aux places d'honneur, les grands barons d'Angleterre avec qui le roi, autoritaire sans sagesse, miséricordieux sans prudence, avait eu déjà maintes querelles.

Le frère uniqued'Henri III, le prince Richard, n'ayant pas cherché d'alliance dans une maison souveraine, s'était marié plusaisémentque son aîné. Il avait épousé en 1231 la jeune veuve du comte de Glocester, fîlle de mylord Pembroke, en son vivant régent du royaume pendant la minorité d'Henri III. A mylord Pembroke et à Hubert de 6urgh,renfantroi, âgé deneufansà la mort de son père, avait dû son royaume.

Alors, le prince Louis de France, mari de Blanche de Castille, plus tard Louis VHI, appelé par les barons qu'avait soulevés la tyrannie presque démente de Jean-sans-Terre, était maître de Londres et assiégeait le château de Douvres. Hubert de Burgh le défendit victorieusement, tandis que Pembroke bloquait Louis dans Londres, par terre et par eau. L'exemple de ces deux hommes restés fidèles, malgré tout, à la

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dynastie desPlantagenets, enfitreatrerd'autres dans le devoir, et Louis dut abandooner son entreprise et regagner la France.

Mylord Pembroke mourut trop tdt. Hubert de Burgh, créé grand justicier et comte de Kent, abusa peut-être de son crédit auprès du roi, se mit à dos tous les seigneurs, et finit dans une disgrâce dont l'excès même donne la mesure de l'inintelligence politique d'Henri III. A partir de ce moment, c'est-à-dire en 1232, quatre ans avant son mariage, le roi, lassé sans doute des heurts constants qu'il avait avec ses propres sujets, prit le parti de dépouiller de leurs offices tous les indigènes, officiers de sa cour, et il en investit des étrangers : Bretons et surtout Poitevins. Tout cela, par le conseil, dit-on, de Pierre des Roches, évêque de Winchester, le mortel ennemi d'Hubert de Burgh, et Poitevin lui-même.

Ces étrangers appelaient traîtres les nobles anglais qui, eux, les traitaient de voleurs : voleurs de places, de dignités, d'argent et d'influence. Le conflit entre Anglais et étrangers était donc bien établi longtemps avant l'arrivée d'EléoQore, et l'on ne sait pourquoi elle est devenue, de ce chef, aussi impopulaire en Angleterre. Elle a introduit de nouveaux étrangers dans le pays et fait les affaires de ses parents,

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c'est un fait indiscutable ; mais nous verrons que les « Savoyards », outre qu'ils étaient la plupart gens de bien, affaiblirent, non sans profit pourl'Angleterre, le crédit qu'avaient sur le roi les « chers Poitevins ».

Henri III, un Plantagenet, était originaire du Poitou ; de plus, il avait par là une mère ; il y avait des frères et des sœurs : famille utérine dépourvue de tout droit sur la couronne d'An^ gleterre. Immédiatement après la mort du roi Jean, en 1216, Isabelle d'Angouléme, sa veuve,, encore jeune et très belle, avait passé sur le continent, sans se soucier des enfants qu'elle laissait derrière elle dans un pays à demi con-^ quispar un prince étranger, pour épouser Hugues le Brun, comte de la Marche, le fiancé de sa jeunesse, demeuré, très certainement, l'élu de son cœur. Elle en eut plusieurs enfants, et trouva tout simple de les envoyer chercher fortune auprès de leur frère, le roi d'Angleterre. Celui-ci, loin de garder rancune de l'abandoit d'autrefois, entretenait les meilleures relations avec sa mère, et môme avec son beau-père dont le Bef, mouvant du Poitou, se trouvait rattaché aux possessions du roi de France, depuis que Philippe-Auguste avait confisqué la moitié des provinces que Jean-sans-Terre possédait sur le continent. Henri III qui, natureU

2M LM qdathk pilles se h*iiioi<d-beh*nger

lement, désirait recouvrer les territoires perdus, se servait du comte de la Marche pour fomenter des troubles dans le Poitou, manœuvre qui devait coûter cher à tous deux.

Mais nous n'en sommes encore qu'au lendemain des noces d'Henri et d'Eléonore ; et déjà, les seigneurs d'Angleterre, convoqués à Londres en avril pour y tenir une assemblée sur les affaires de l'état, s'agitaient fort au aujet de Guillaume de Savoie, l'élu de Valence, ■ auquel le roi témoignait plus de confiance qu'à ses hommes naturels (ses propres sujets), et ils se disaient les uns aux autres : « Pourquoi cet étranger no va-t-il.pas dans le royaume de France puisque le roi de France a épousé la sœurainée de notre reine? Pourquoi ne gouverne-t-il pas les affaires du royaume de France, à raison de sa nièce, qui y est reine aussi bien qu'ici ? n Guillaume de Savoie, plus sage que le roi qui voulait, à toute force, le retenir auprès de lui, partit en 1237 ; il mourut en Italie l'année suivante.

Autre sujet d'émoi : Henri sollicitait « par prières multipliées, tant par lettres que par fréquentes ambassades, le comte de Provence, père de la reine, de daigner entrer sur les terres de son gendre ; or, par là, il convenait d'entendre que le dit comte était bien humblement supplié d'emporter avec lui une partie du trésor

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royal ». Les Anglais ne rendaient pas la vie douce à leurs souverains. Quel mal y avait-il à prier Raymond-Béranger de venir jusqu'à Londres ? Et pourquoi supposer que si le comte acceptait l'invitation, c'est qu'il « avait flairé la bonne odeur des esterlings » ?

Raymond-Béranger, avant d'être arrivé au bord de la mer, fut rappelé précipitamment en Provence dont les troubles n'étaient pas alorstous apaisés, de façon que te roi ne fit pas la connaissance si désirée de son beau-père ; maisil lui envoya mille marcs pour le dédommager des frais de son voyage, et lui permettre « d'acheter de belles parures dans le royaume de France où il ne fut arrêté à son passage par aucune caresse ni aucun présent de la part des Français ».

Le témoignage est suspect : Louis IX avait autant d'estiMe que d'affection pour le comte de Provence. Il ne se laissait pas mener par sa femme(i) ; mais il n'écartait pas, de parti pris, la famille de sa femme. Thomas de Savoie, troisième fils du comte Thomas I", que Marguerite avait attiré en France, s'y rendit si considérable par ses services que Louis IX lui fit épou-

(1) Mathieu Paris le loue auei crûment de ne pas se laiisar piétiner, comineHeDri III, par la femme, les parents et les coni' patriotes de sa femme (tergum calcandom non submittit).

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ser la comtesse de Flandre, Jeanne, fille aînée du comte Baudouin, tué en 1204, étant empereur de Constantinople, par le cruel Johannïs, roi des Bulgares. Jeanne, digne par ses vertus de son illustre père, était veuve du trop fameux Ferrand de Bragance, Tuii des vaincus de Bouvines.

Ce cadet de Savoie, devenu comte de Flandre, s'en alla visiter sa nièce Eléonore, et arrêter en même temps quelques conventions relatives au commerce que ses nouveaux sujets faisaient avec l'Angleterre. II arriva pendant les fêtes de l'Assomption; le paya était en liesse : la très jeune reine avait mis au monde, le 15 juin 1239, au palais de Westminster, trois ans et demi après son précoce mariage, un enfant mâle.

Le roi en fut transporté d'allégresse, et personne ne le félicita plus cordialement que les bourgeois de Londres, ravis que l'héritier du trône fût né dans leur ville. Il y eut des danses publiques au sondes sistres et des tambours ; pendant plusieurs nuits les rues furent illuminées avec de gros lampions. L'évéque de Carlisle catéchisa l'enfant, c'est-à-dire en fit un catéchumène, cérémonie préparatoire au baptême ; le légat romain le baptisa et l'archevêque de Cantorbéry le confirma. Le roi, qui avait une grande dévotion pour Edouard le Confesseur,

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dernier roi de la dynastie saxonne, ei le nom, inusité chez les Normands-Ang son premier-né. Combien, par la su pompes paraissent vaines lorsque la v caractère manquent à celui qu'elles ont turément glorifié ! Cette fois, elles s'acd avec l'avenir, Edouard étant destiné longuement et à faire un grand roi.

Une foule de messagers partirent ] pandre cette nouvelle, et revinrent chi présents magnifiques « que le roi s'adji mais, ne lui étaient-ils pas acquis?

royal n'en avait pas encore l'emploi — , qu'un railleur, natif de Normandie, plaisanterie : « Dieu nous a donné cet ( le seigneur rot nous le vend. »

Edouard n'eut pas moins de dix [ parmi lesquels son oncle Richard, c Cornouailles, qui perdit à cette naissa titre d'héritier présomptif du trdne, e de Montfort, fils du vainqueur des Al devenu comte de Leicester en Anglel chef de sa mère. Henri III, dont il avait la plus jeune sœur, tantôt le comhlaitd'i faveurs, tantôt le traitait ignominieuseï d'une façon comme de l'autre, pré] crise ou les Plantagenets, du fait de S Montfort, auraient perdu leur couronn

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jeune Edouard, plus semblable à sa mère qu'à son père, ne se fût trouvé là.

Eléonore avait fait ses relevailles lorsque son oncle, le comte de Flandre, débarqua à Douvres. Le roi alla à sa rencontre, «fit nettoyer les rues de Londres, qui n'avaient pas dû l'être depuis le mariage royal, et voulut qu'une députation de bourgeois fit honneur à son hôte ; ce qui déplut, mais moins que la gratification annuelle de 500 marcs, accordée au comte, en échange d'une façon d'hommage qu'il avait rendu au roi d'Angleterre.

Thomas repartit au bout de quelques jours.

Pierre de Savoie, celui de ses frères pour qui l'Angleterre devait être une seconde patrie, très fidèlement servie, se fixa auprès du roi Henri III à la fin de 1240. Le 5 janvier suivant, fête de saint Edouard, le roi, pour en honorer la mémoire par une cérémonie plus magnifique encore qu'à l'ordinaire, ceignit le baudrier militaire à Pierre de Savoie dans l'église de Westminster. Le lendemain, il donna un festin copieux en l'honneur, non de saint Edouard^mais de Pierre de Savoie, auquel les bourgeois de Londres furent sommés d'assister — malgré qu'ils en eussent, sachant bien qu'ils payeraient la carte — sous peine de 100 sols d'amende par tète.

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