‹ Mélanges d'histoire et de géographie orientales (volume 2)Chapitre 17 sur 65 · Voir Bibl. Sinica, col · texte numérisé non relu

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3. J'ai publié et traduit une partie des dix-neuf lettres adressées en allemand par Mourier à Klaproth, de Copenhague, de 1800 à 1804, dans les Mélanges de Charles de Harlez, pp. 239-250.

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<lans quelles conditions il fit la connaissance du ■comte Jean Potocki :

« Après le partage définitif de la Pologne, le comte J. Potocki devint sujet russe, el entra au service de cette puissance, avide de s'attacher les personnages les plus marquans du pays qu'elle s'était approprié. A l'époque de l'ambassade que l'empereur Alexandre envoya en 1805 en Chine, le comte J. Potocki fut nomme chef du corps de savans qui accompagna cette légation. Ce fut alors que j'eus l'honneur de faire sa connaissance particulière, et le plaisir de voyager avec lui depuis Kazan jusqu'à Kiakhta sur la frontière de l'empire de la Chine. Il aurait été impossible de faire un choix plus heureux pour remplit' un emploi aussi éminent ; les vastes connaissances du Comte et son zèle pour le progrès des sciences l'en rendaient digne. Malheureusement des circonstances assez connues firent échouer l'ambassade du comte Golovkix, et au lieu de pénétrer dans la capitale du Céleste Empire, elle fut renvoyée avec dédain du camp du vice-roi de Mongolie. Cet événement était d'autant plus imprévu que tout paraissait présager un succès heureux à une expédition si importante.

« Quelques années auparavant, j'avais vu le comte Potocki à Berlin. Comme il savait que je m'occupais de l'étude du chinois et d'autres langues d'Asie, pour me guider dans mes études historiques, il contribua beaucoup à me faire appeler tà Saint-Pétersbourg en 1804. Depuis, il m'a toujours honoré de son amitié et de sa bienveillante protection. Je lui dois principalement la direction que j'ai donnée à mes travaux, et l'idée de les poursuivre à Paris, ville qu'il regardai! ^avec raison comme celle que doit habiter de préfé-

rence l'homme que ses occupations obligent à consulter de riches bibliothèques et des collections de tout genre1. »

Klaproth se montra toute sa vie reconnaissant au comte Jean Potocki des bontés qu'il avait eues pour lui ; longtemps après la mort du comte, le 12 décembre 1816, à Oladowska, à l'âge de cinquante cinq ans, Klaproth publia à Paris, chez Merlin (1829), le récit des voyages de son ancien protecteur2. Rien que de louable dans tout ceci. Klaproth avait été moins heureux quelques années auparavant lorsqu'il avait désiré honorer la mémoire du comte Jean Potocki en voulant donner son nom à un archipel d'Asie qu'il n'avait jamais visité, mais que lui, Klaproth, avait découvert de la manière suivante :

« Je consultai les originaux chinois et mandchous des cartes levées par ordre de l'Empereur Khang-hy, et j'y trouvai non seulement la pointe du Liao Toung autrement représentée que dans les cartes de d'Anville ; mais elles me firent voir aussi qu'au sud de la côte méridionale de cette province se trouve un groupe de dix-huit îles, qui ne sont indiquées sur aucune de nos caries, et que les Anglais n'ont pas découvertes en 1816, puisqu'ils sont toujours restésà plus d'un degré trop au sud pour apercevoir ce nouvel archipel.

(( 11 m'est donc permis de dire, sans trop de vanité, que je suis le premier Européen qui ait découvert

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