Lat. X. 110484' à 12° ; long. E. 10G°38' à
La côte1, sur toute son étendue est formée par une chaîne de montagnes couvertes de forêts, et dont quelques sommetsatteignent une grande élévation ; de leurs bras immenses, elles entourent des baies vastes, profondes, sûres, où des flottes entières pourraient facilement s'abriter. Parmi elles la baie de Camraigne est une des plus grandes ; elle est ouverte,, mais abritée à l'Est par l'île de Kam lin-tong-ha, — partout ailleurs elle est entourée de hautes montagnes, — le fond est de vase, et la profondeur varie entre 5 et 22 brasses.
Au bruit d'un coup de canon, quelques habitants s'assemblèrent sur le rivage au fond d'une anse voisine ; leur surprise fut grande quand ils virent débarquer les Européens, qu'ils reçurent avec bienveillance, bien plus grande encore le lendemain, quand, à l'aide du bois qu'on avait pu couper, on fit fonctionner la machine pour changer de mouillage ; jamais semblable prodige n'avait frappé leurs regards étonnés !
Deux villages s'étendent sur les bords de la baie ; ils sont en grande partie formés de huttes de pêcheurs.
« Leurs habitants, dit M. de Chonski, nous ont paru doux, « gais, bienveillants, mais paresseux et malpropres. Leur cos- « tume ressemble à celui des Chinois des basses classes ; il se « compose d'un sarong blanc, bleu ou noir, en coton ou en << soie, croisé sur la poitrine et boutonné sur le côté droit au « moyen de quelques petits boutons sphériques de cuivre ( jaune et d'un pantalon large, de même étoffe, le tout ence semble d'une malpropreté repoussante. Ils ramassent sur « leur tête, sans les tresser, leurs longs cheveux qu'ils couvrent m d'un morceau de crêpe noir, beaucoup moins ample qu'un « turban. Le plus grand nombre était nu-pieds ; quelques-uns 't portaient des sandales à semelles de bois. L'usage du bétel « m'a semblé parmi eux plus général et plus constant encore « que parmi les Malais. Par suite de cette habitude, leurs (^ mâchoires sont dans un mouvement perpétuel et leur bouche « d'un rouge sanglant laisse voir leurs dents noires et gâtées. « Les maladies de peau sont très communes chez eux ; pro- « bablement à cause de leur extrême malpropreté, de l'abus « qu'ils font des caustiques et de leur genre de nourriture qui « se compose en grande partie de poisson salé. »