Bull. Soc. Géoy. Rochefort, 1907, p
suivantes reçues pour lui la veille, en réponse à la demande d'audience qu'il avait adressée de Macao :
En lisant la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, j'ai été parfaitement au courant de tout. J'ai remis au Vice- Roi la lettre qui m'a été apportée par M. Rivoire, à qui j'ai remis la réponse du Vice-Roi, pour qu'il vous la fasse tenir.
A cause de ses occupations, le noble Consul de lre classe ne peut pas venir à Canton tout de suite ; mais, comme le Commissaire Impérial est sur son départ, il serait à désirer que M. le Consul vînt sans délai pour traiter avec lui ; car, s'il tardait un peu trop, il est à craindre qu'il ne puisse voir le Commissaire Impérial.
Je souhaite au Consul mille bonheurs et le salue respectueusement.
S. Tchang Hoa.
La seconde lettre était écrite par le Vice-Roi :
Moi, Tsy, deuxième précepteur du fils de l'Empereur, premier préfet de la milice, Vice-Roi des deux Kouang, j'ai l'honneur d'accuser réception de la lettre par laquelle j'ai été officiellement informé de l'arrivée à Macao de l'honorable Consul de lre classe. Nous avons ainsi l'espérance de nous voir bientôt mutuellement, mais à cause des fatigues d'un long voyage, il veut se reposer quelques jours avant de venir à Canton.
Le Commissaire Impérial et moi, conformément à la bonté et à la bienveillance de notre grand Empereur, désirons traiter avec les mêmes attentions et les mêmes égards tous les Étrangers, de quelque nation qu'ils soient ; car il est extrême- * ment à désirer de voir régner la paix à l'intérieur afin que chacun soit heureux dans sa position.
J'ai déjà plusieurs fois manifesté ces mêmes sentiments dans mes lettres à M. le Commandant Cécille, qui sans doute l'aurait fait connaître à l'honorable Consul de lre classe.
Nous désirons connaître d'une manière certaine et par des
lettres authentiques, quel est celui qui est chargé de gérer les affaires de l'illustre Royaume de France, afin que nous puissions traiter en toute confiance avec lui.
Il a toujours régné entre la France et la Chine une paix et une amitié qui n'ont pas d'exemple parmi les autres royaumes, et c'est pour cela qu'il est beaucoup plus facile de tout régler avec vous, Français. N'ayez aucune sollicitude à cet égard. Cependant je désire que le M. Consul vienne de suite à Canton, afin d'y traiter facilement les affaires face à face avec le Commissaire Impérial, ce qui serait plus difficile après son départ.
M. Rivoire attendant à Canton la réponse de votre lettre, je lui remets la présente et je vous souhaite mille bonheurs.
Sig. Ky-Koung*.
Le 30 août, le Consul adressait au Vice-Roi, pour lui et le Commandant Fornier-Duplan, une demande d'audience pour lui remettre une lettre du Ministre de France. Après des pourparlers par divers fonctionnaires chinois, l'audience fut fixée au mardi 6 septembre 2.
Peu de jours après, M. de Ratti-Menton recevait du Vice-Roi sa réponse au Ministre des Affaires étrangères et une lettre pour lui-même. M. de Ratti-Menton écrivait à M. Guizot :
Canton, 20 septembre 1843.
Monsieur le Ministre,
J'ai reçu de S. A. le Haut Commissaire Impérial et du Vice- Roi des deux Kouang une dépèche collective, en réponse à celle que V. E. avait adressée au Vice-Roi pour m'accrédiUt auprès de lui, en qualité de Consul du Roi. J'ai l'honneur d'envoyer ci-joint la traduction de ce document à V. E., en attendant qu'une occasion sûre me permette de lui adresser la pièce originale.