L'Oiseau
2. Alexandre, Chevalier, puis Marquis de Chaumont, mourut le 28 janvier 1710 ; il était fds d'Alexandre de Chaumont, seigneur d'Athieules, branche de la famille de Quitry, et d'Isabelle du Bois des Cours, sa femme, fille d'Adrien, seigneur de Favières.
3. Dans sa première lettre, Gerbillon écrit à son père qu'il lui a envoyé « une relation fort en détail de tout ce qui nous est arrivé depuis notre départ de France jusques au jour que M. l'Ambassadeur est parti ». M. de Chaumont a quitté le Siam le 22 décembre 1685. Le P. Sommervogel (Bibl. de la Cie de Jésus, III, col. 1347) écrit : « Michault dit avoir -vu le manuscrit de la relation du voyage de Gerbillon jusqu'à Siarn et
sadeur est parti, et depuis ce temps la ie vous ay encore escrit au mois de Mars dernier par unanglois qui m'a promis de faire tenir fidellement mes lettres a Londres et de la a Paris. Je vous ay marqué dans cette lettre les traitemens favorables que le Roy de Siam et le seigneur Constance son Ier Ministre continuoit a nous faire. Il est vray que quand nous eussions esté parmy nos plus proches parens et nos meilleurs amis nous n'eussions pu espérer plus d'honnêtetés et d'amitiés que nous en avons receu icy. Le Roy nous a fait l'honneur de nous envoyer 7 ou 8 repas magnifiques servis dans sa propre vaisselle et par ses officiers. Outre l'eclipse que nous observasmes en sa présence au mois de décembre dernier il nous donna une audience particulière sur la fin du mois d'avril conioinctement avec Mgr l'evesque de Metellopolis1 ou il nous témoigna une bonté extraordinaire. Tous les grands Mandarins du Roïaume, les 1ers officiers de la Couronne et le sei-
prétend que l'abbé de Choisy en a composé la sienne : Journal du voyage de Siam fait en 1685, par l'abbé de Choisy (Paris, Cramoisy, 1687, in-4), à laquelle il n'a fait qu'ajouter quelques ornements. Il en donne quelques fragments dans ses Mélanges historiques et philologiques, T. I, p. 258- 274 (Paris, 1754 ou 1770, 2 vol. in-12) ». Plus loin le P. Sommervogel cite le manuscrit :
Relation du Révérend Père Gerbillon, ae la Compagnie de Jésus escrite au bord de Loiseau, proche la barre de Siam, la 15 Dec. 1685, in-4, pp. 242 n. ch.
Il ajoute : « Ce MS. se trouve dans le Bibl. des Jésuites de Lyon, relié avec différentes pièces et précédé d'une lettre autographe du P. Gerbillon, sur papier de Chine, de 3 pp. gr. in-8, datée de Siam, 1er juillet 1686. Elle semble accompagner le MS. du voyage qui n'est pas de la main du P. Gerbillon ».
D'après notre lettre, le MS. serait parti au contraire dès décembre 1685.
1. Louis Laneau, de Mondoubleau, dans le pays du Mans, au diocèse de Chartres, missionnaire au Siam (Missions étrangères de Paris), évèque de Metellopolis, premier vicaire apostolique de Siam, Japon, etc., administrateur général du Tong-king, et de la Cochinchine en 1681, de la Chine en 1684 ; + à Siam le 16 mars 1696, à l'âge de 60 ans.
gneur Constance luy mesme estoieni derrière nous a genoux et prosternez presque le visage contre terre et demeurèrent dans celte posture pendant tout le temps de nostre audience qui dura près de deux heures et nous estions assis sur des tapis tout vis a vis du Roy sur une mesme ligne avec Mgr levesque de Metellopolis et avant hier il nous fit dire qu'il souhaitoit que nous observassions encore en sa présence l'eclipsede lune qui doit arriver icy demain au coucher du soleil ; c'est la que nous aurons nostre audience de congé. Nous sommes particulièrement redevable de toutes ces faveurs au seigneur Constance qui nous a touiours traité comme ses véritables frères; (cest la qualité qu'il donne a tous les Jésuites) il nous a touiours retenus a la cour depuis le départ de Mr l'ambassadeur de France et n'a pas voulu que nous eussions d'autre table que la sienne; il n'a pas fait le moindre voyage qu'il n'aye touiours mené quelques uns de nous avec luy ; ie l'ay accompagné dans tous ceux qu'il a fait, luy l'ayant touiours désiré ainsi : il eut bien voulu que ie restasse tout a fait icy et il m'a pressé sur cela autant qu'on le peut. Mais comme ie ne suis pas venu aux Indes pour demeurer a la Cour, je m'en suis touiours excusé aimant mieux aller a la Chine ou i'espere que que ie pourray travailler a la conversion des idolastres plus facilement et ou il y a une plus grande disette d'ouvriers que dans ce Royaume dans lequel il y a beaucoup d'ecclésiastiques et fort peu de chrestiens. J'eusse mené icy une vie trop commode et trop aisée et ce n'est pas ce que ie cherche : il me sera bien plus avantageux d'estre dans quelque province de la Chine obligé de souffrir quelque chose pour la gloire de Dieu que de demeurer dans une cour ou ie
CINQ LETTRES INEDITES DU PERE GERBILLON 7
n'eusse receu que de l'honneur et ou ie n'eusse pu oie dispenser de mener une vie trop dissipée.
Nous devons nous embarquer dans un vaisseau qui appartient a Mr Constance et qu'il a donné a un capitaine portugais de Macao qu'on dit estre le plus expérimenté de tous ceux qui sont icy, en nostiv considération et a condition que nous y serions les maistres et Madame Constance s'est chargée elle niesme du soin de toutes les choses nécessaires pour nostre nourriture-ainsi nous serons venus de France a la Chine sans qu'il nous en aye rien couster. Le vaisseau qu'on nous donne est le meilleur qui soit dans le portdeSiam et comme nous prenons la saison la plus favorable et que nous avons un bon capitaine qui a fait déjà ce voyage plus de 10 au 12 fois il y a grande apparence que nostre navigation sera heureuse : elle n'est que de 500 lieues que l'on fait ordinairement en moins d'un mois. Quand nous serons arrivés à Macao nous escrirons de la au P. Ferdinand Verbiest' qui demeure louiours a la Cour de l'empereur de la Chine auprès duquel il est en plus grand crédit que iamais et nous attendrons ses réponses suivant lesquels nous prendrons nos mesures pour nostre entrée dans la Chine dont Macao est comme la porte et pour l'exécution des desseins dont nous sommes chargés de la part du Roy. Nous avons tout suiet d'espérer un succès favorable de nostre entreprise dans la Chine ce que vous verrez bien par les dispositions favorables ou 1rs affaires de la religion chrestienne sont dans ce royaume et par les marques eclatlantes «le honte
1. Ferdinand Verbiest, fâ '[% (~ Non Houai-jen, né a Pitthem, près de Courtrai, le 9 oct. 1623 ; arrivé en Chine en L659 ; f * Pc-king le 29 janvier 1688 ; Président du Tribunal des Mathématiques.
que l'empereur a donné a nos pères l'année passée et dont ie vous envoyé une petite relation tirée des lettres que nous avons reçues icy depuis deux mois. J'ay adiouté a cette petite relation quelques remarques sur la manière dont les Japponnois en usent a présent avec les étrangers. J'avois dessein d'y ioindre une petite relation de Testât présent du Royaume de Siam mais comme un de nos pères qui reste icy4 s'est chargé d'en envoyer une a Paris ie me eonlenteray de prier le P. procureur de nostre province de vous en envoyer une copie et de faire seulement quelques remarques sur la manière dont se gouverne la cour du Roy de Siam.
Jay bien suiet de remercier Dieu de toutes les grâces qu'il m'a fait depuis mon départ de France puis qu'outre la protection spéciale qu'il nous a donné dans toutes nos affaires iay eu cet avantage particulier que ie n'a y pas encore ressenti la moindre incommodité de maladie malgré la diversité des climats; de sorte que ie suis présentement grâces a Dieu en aussi bonne sîinté que i'eslois lorsque ie partis de Paris, le croiois les chaleurs de la zone torride bien plus insupportables que ie ne les ay trouvé icy ou i'ay veu passer le soleil par dessus nos testes et éprouvé les plus grandes chaleurs de l'esté sans autre incommodité que celle de suer beaucoup toutes les après disners; mais les nuicts sont toujours assez fraîches pour pouvoir dormir commodément et les matinées sont assez supportables pourpouvoir travailler iusques a midy sans estre beaucoup incommodé de la chaleur. L'air est si pur qu'il n'y a iamais de maladies populaires. Les eaux corn-