‹ Mélanges d'histoire et de géographie orientales (volume 2)Chapitre 43 sur 65 · Trois p. in-4 autog. — Collection 1 1. C · texte numérisé non relu

Trois p. in-4 autog. — Collection 1 1. C

formité des milieux ou climats respectifs et conformes à ce qu'elles sont aujourd'hui, l'inégalité des aptitudes est un fait certain, l'inégalité des droits est une justice logique. L'égalité des droits ne peut reposer que sur l'égalité des aptitudes ; l'égalité des aptitudes repose sur l'éducabilité égale et par le moral et par les climats. La coaptation primitive et immuable à tel climat serait incompatible avec la ressemblance unitaire et avec l'égalité des droits et des aptitudes. L'inaptitude à éducation physique absolue pour l'individu n'est que transitoire pour la race. Sans cela elle impliquerait pour la race incapacité pour l'éducation morale.

L'égalité des aptitudes repose sur l'éducabilité égale et par Je moral et par les climats. Une tribu de l'humanité est responsable de son éducation morale comme du climat qu'elle choisit. L'abrutissement physique et moral est une sorte d'ivresse dont la génération qui émigra a légué la responsabilité aux enfans qui se laissent decheoir. Ainsi pour nous servir de la formule de Montesquieu dont nous allons beaucoup élargir la portée : les Russes qui transporteront leur capitale à Constantinople prépareront la déchéance morale d'un nouveau Bas-Empire. Les Chamites qui abandonnèrent l'Arménie pour l'Afrique préparèrent la dégradation physique et morale des nègres. L'histoire est consolante en ce qu'elle prouve que la dégradation morale peut être empêchée par la continuité des efforts intellectuels ; l'altération physique diminue par les mêmes efforts appliqués à l'industrie luttant contre le climat.

On le voit, la morale expérimentale ne peut se passer de la morale inductive. Affirmer l'unité de l'espèce et l'égalité des races humaines d'après les seules preuves historiques de leur civilisation passée, c'est admettre l'infériorité des races qui n'ont pas d'annales et qui paraissent avoir été toujours à l'état barbare ou sauvage.

C'est pour celles-ci que les preuves inductives sont importantes : il faut signifier ces preuves aux partisans publics ou secrets des espèces multiples toujours enclins à conclure de la simple expérimentation historique que dis-je ? du statu quo présent !

Quand même on réduirait la question à ces termes, il faut se souvenir qu'il n'y a réellement pas de peuple sans annales et sans monumens. La nation actuellement toujours la plus

dégradée possède une langue monument curieux débris vaste et dont l'étude attentive fait toujours remonter au monde primitif et à une souche illustre tout aussi bien qu< monuments des peuples les plus raffinés.

Note ajoutée par l'auteur des Linéamens à l'exemplaire de Mr Garcin de Tassy.

Paris, 3 janvier 1846.

Il semble être venu à Paris immédiatement après la soutenance de sa thèse de doctoral, car des IN 17, il suit les cours de l'Ecole des Langues Orientales à Paris et il entreprend en 1819 avec Amédée Pighot la première traduction française des (Envies Complètes du grand poète anglais Lord Byron '.

Eusèbe de Salle nous dit dans ses états (h1 service quede 1817 à 1830, il fut élève à l'Ecole des Langues Orientales à Paris. Cette Ecole était dirigée depuis sa fondation parL angles, remplacé à sa mort en 1824 par l'illustre Sylvestre de Sagy. Eusèbe de Salle fréquenta les cours d'arabe, de turc, de persan et d'hindoustani. Sylvestre de Sacy occupait avec éclat depuis 1796 la chaire d'arabe littéral; la chaire d'arabe vulgaire avait été confiée pendant les années 1819-1821, à un copte égyptien, El lion s Bocthor, ancien interprète de l'armée française en Egypte à la mort duquel elle passa à O.ussi.n de Perceval qui l'occupa jusque sa mort en 1871, c'est-à-dire pendant un demi-siècle. La chaire de turc avait pour titulaire Amedée Jaubert (1800-1847), tandis que

1. Œuvres complète* de Lord Byron traduites de l'anglais Par MM. A. -P. et E.-D. S. ; Troisième édition entièrement revue et corrigée, rome premier. Paris, Ladvoeat, M.DCCC. XXI, ln-12.

dans la chaire de persan se succédèrent, Langlès (1796-1824), et de Chézy (1824-1832) ; de 1828 à 1878, Garcin de Tassy enseigna J'hindoustani. Au Collège de France qu'il fréquentait également, il retrouvait Sylvestre de Sacy qui y enseignait le persan ; la chaire d'arabe fut occupée successivement par J. J. Caussin de Perceval (1784-1833) et par A. P. Caussin de Perceval (1833-1871) tandis que l'ancien interprète Kieffer professait le turc (1822-1833). Il poursuivait en même temps ses études de médecine non seulement à Paris mais à Londres où il fit en 1822 une étude spéciale de la variole et de la vaccine qui lui permit de donner en 1829 un travail sur cette maladie au Dictionnaire des Sciences mèdicales1 et de présenter à l'Académie des Sciences a la séance du 22 février 1830, la lettre suivante dans laquelle il intervenait dans un débat entreMM. Robert et Bertrand :

A Monsieur le Secrétaire Perpétuel et Messieurs les Membres de V Académie des Sciences de l'Institut.

Messieurs

A propos des expériences de Mr Robert qui tendent à prouver l'identité de la variole et de la vaccine, Mr Bertrand réclame la priorité de l'idée qui a conduit l'estimable médecin de Marseille. Mon intention n'est nullement d'infirmer la justice de la réclamation de Mr le Dr Bertrand. L'article du Globe qu'il a mis sous vos yeux est décisif, au moins entre lui et Mr Robert. Mais lui-même pourrait être exposé à une réclamation analogue de la part de quelques autres médecins.

1. De la variole chez les Médecins arabes ; Par le Docteur Eusèbe de Salle, élève de l'École des Langues orientales. Paris, Imprimerie de C. L.F. Panckoucke, 1829, in-8, pp. 19.

Extrait du 127e cahier (janvier 1829), tome XXXII, du Journal complémentaire du Dictionnaire des Sciences médicales.

Il y a plusieurs années que Mr Thomson * médecin Écossais a appuyé l'opinion à laquelle se range aujourd'hui Mr Robert, de tant d'expériences et de raisonnements si concluans que la plupart des Médecins de l'Ecosse et beaucoup de médecins anglais l'ont acceptée comme axiome. C'est dans la conversation de quelques uns de ces derniers et dans le livre de Thomson sur la variole que j'ai pris connaissance de ce fait. Je l'ai communiqué à divers de mes confrères lorsque je suis revenu de Londres en 1822.

Je dois laisser aux étrangers vivans le soin de revendiquer leur propriété. Ma réclamation est en faveur d'un étranger mort depuis bien longtemps et à la mémoire duquel j'ai pris un vif intérêt après avoir longuement étudié un de ses ouvrages. Cet auteur est l'arabe Rhazès.

Les idées singulières qui furent émises touchant la varioloïde pendant les épidémies de 1826, 27, me donnèrent envie de comparer ce que l'observation paraissait fournir alors, avec ce qu'en avaient dit les premiers historiens de la variole. J'étudiai les médecins arabes mais surtout Rhazès qui en a donné le premier et le meilleur tableau, tableau que ses successeurs, Avicenne lui-même, se sont bornés à reproduire presque mot à mot.

Je ne fus pas médiocrement surpris de trouver dans Rhazès une foule de preuves à l'appui de l'opinion de Mr Thomson. Les passages*qui les renferment ont été littéralement traduits et recommandés à l'attention du lecteur, lorsque j'ai publié un Conspedus du traité de Rhazès, opuscule dont j'ai eu l'honneur de faire hommage à l'Académie au commencement de 1829 et que. je prends la liberté de remettre sous ses yeux.

Vous pourrez voir, Messieurs, que Rhazès ne dit nulle part que la variole n'attaque qu'une fois en la vie. Mais il incline à croire qu'elle ne revient pas deux fois avec la même violence.

Voici comment dans le premier chapitre, il s'exprime en énumérant les causes qui exposent à la variole les sujets adultes :

1. John Thomson, né à Paislcy, 15 mars 17G5 ; f à Morland Cottage, Edinburgh, 11 oct. 1846 ; a écrit : Account of the Variohtd Epidémie in Scotland, 1819, in-8 ; Lond., 1820, in-8. — Sketehes of the Varieties o/ small-Pox, in-12.

Channing1 traduit ainsi ce passage :

Et Us (juvenibus) qui in pueritiâ eorum uariolis correpti fuerant (levioribus). Rhazès n'est pas aussi étranger qu'il semble à une question où il s'agit de vaccine. L'idée de faire rentrer la vaccine dans la variole, n'a pu venir que lorsque la varicelle et la varioloïde ont été reconnues pour identiques à la petite vérole, par conséquent aussi lorsque il a été admis que cet exanthème pouvait attaquer plus d'une fois dans la vie.

Or en deux scolies importantes, Rhazès les a soulignées plusieurs fois dans son traité. Elles sont virtuellement renfermées dans le passage que j'ai transcrit.

S'il y avait quelqu'ambiguité dans leur expression, l'expérience des médecins écossais l'avait déjà dissipée. Je vois avec plaisir que celle des médecins français y vienne ajouter un commentaire plus décisif.

J'ai l'honneur d'être, Messieurs

Avec un profond respect Votre très humble et très obéissant Serviteur

Eusèbe de Salles, D. M.

Ancien Élève de l'École royale des Langues orientales 2.

Celte lettre fut renvoyée à l'examen de Tessier3, et de Magendie4.

1. Rhazès de VariolisetMorbillis, arabice et latine : cvm aliis nonnvllis eivsdem argvmenti. Cvra et impensis Iohannis Channing, natv et civitate

Londinensis Londini, Excvdebat Gvilielmvs Bowyer, MDCCLXVI,

in-8, pp. xiv + 1. f n. ch. + pp. 276, voir p. 27.

Traduit en anglais sous le titre de :

— A Treatise on the small-pox and measles, by Abu Becr Mohammed Ibn Zacariyâ ar-Razi (commonly called Rhazès) transi, from the original arabic by William Alexander Greenhill. Lond., 1848, in-8, p. 30.

Le passage ci-dessus est ainsi traduit : or who in their childhood hâve had the chicken-pox (literally à light or mild small-pox. 1).

2. L. a. s., 3 p. in-4. — Archives de l'Académie des Sciences.

3. Henri Alexandre Tessier, né à Angerville, S.-et-O., 16 oct. 1741 ; f à Paris, 11 déc. 1837 ; élu le 10 déc. 1975, membre de la Classe des Sciences physiques et mathématiques de l'Institut ; nommé par ordonnance royale du 21 mars 1816, membre de l'Académie des Sciences (Section d'Économie rurale).

4. François Magendie, né à Bordeaux, 15 oct. 1783; f à Sannois-

Eusèbe de Salle avait déjà donné en 1828 une Traduction et Commentaire <lu Traité <!•• Rhazès sur la variole qui e>t sans doute le seul ouvrage avant conservé quelque intérêl scientifique «lu célèbre médecin arabe Mohammed Aboi Bkkr [un Zacaria, né .1 \\ ancienne Rages, en Perse, d'où lui vin! le surnom <le Razi ou de Hua/ s et qui mourait à un âge avancé en 923 après J.-C. Je note la même année I N~s un op cuir d'Eusèbe de Salle adressé à un ami de Collè{ Auguste Lacombb, avocat l.

Au moment de l'expédition d'Alger, il obtint en mais 1830 d'être nommé interprète «le l'armée d'Afrique : le 6 juillet 1830, il était désigné comme deuxième interprète près la Commission provisoire à Alger; nommé le 20 août ls 30, Médecin <lu dispensaire de saut/' a Alger, il [-entrait en France la même année; le Ier juillet 1832, il était nommé Interprète «le première classe attaché à l'administration civile d'Alger : en décembre, il revient en France en de trois mois; il obtient une pro-

longation de six semaines du 11 mars au 6 mai N comptant comme campagnes : Algérie : 1830 <-\ I832/ A peine nommé interprète, Eusèbe <le Salle s'empresse d'offrir ^<'v servi 3 l'Académie des

Sciences par la letl re suivante :

S.-et-O.), le 7 oct 1855 : élu le 19 DOV. I (Section de Médecine et de Chirai

l. Lettre d'un Médecin à un Av..

d'économie politique sur l'état actuel de la profession -lt* Médecin en

France ; par le I)r Bnsèbc de Salle. — A l'ai . rue

de l'École de Médecine, n° 10 ; à Montpellier, : et &

Bruxelles, au dépôt général do librairie médicale (.r.

A Monsieur le Secrétaire perpétuel, Monsieur le Président et Messieurs les Membres de V Académie des Sciences de Vinstitut.

Commissaires

Messieurs

Cuvier

Magendte

„ . > 12 avril 1830

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