‹ Mélanges d'histoire et de géographie orientalesChapitre 56 sur 100 · XVIII M · texte numérisé non relu

XVIII M

A Son Excellence Monseigneur le Ministre de la Marine et des colonies, à Paris l.

Monseigneur,

Mon départ pour retourner en Cochinchine se trouve encore plus précipité que je ne l'avais prévu, MM. Balguerie, Sarget et Cie, de Bordeaux, préparant pour cette destination une expédition par le vaisseau le Larose, qui doit partir au commencement du mois prochain. Je crois qu'il importe, à raison de l'honorable mission dont le gouvernement veut bien me charger, que j'arrive au moins en même temps que ce vaisseau. C'est pourquoi je me décide à laisser mes affaires à terminer à des personnes de confiance, et à abréger le séjour agréable que je me proposais de faire parmi mes parents et amis que je revois avec tant de satisfaction après une si longue absence, dans l'espoir d'y revenir lorsque j'aurai satisfait à ce que je dois à mon roi naturel et au bien de l'État.

Je viens prier Votre Excellence de vouloir me faire adresser à Bordeaux, avant la fin de ce mois, les ordres et les instructions qu'elle pourrait juger convenable de me donner, aussi bien que tout ce qui pourrait lui être particulièrement agréable dans ce pays où je serai fort heureux de trouver des occasions d'employer tout mon zèle pour lui prouver mon respect et mon dévouement.

Je crois, monseigneur, qu'il importe à ma mission

1. Voir la lettre écrite le 10 Octobre au Ministre des affaires étrangères en lui envoyant copie de la lettre de M. Chaigneau.

que l'agence française en Cochinchine soit pourvue des règlements et ordonnances de la marine, relatifs à toutes les relations politiques, commerciales et à la police à l'étranger; du Bulletin des lois; et que, pour nous tenir au courant des affaires nous recevions, par toutes les occasions, un journal détaillé de toutes les nouvelles, tel que le Moniteur.

Je désire que Votre Excellence en reconnaisse l'utilité et veuille donner des ordres en conséquence.

Permettez, monseigneur que je place ici l'expression des sentiments de la gratitude la plus respectueuse que je ressens pour les bontés dont vous m'avez comblé.

J'ai l'honneur d'être, etc.

J.-B. Chaigneau,

Lorient, le 4 octobre 1820.

M. Chaigneau, consul en Cochinchine1.

Paris, le 7 octobre 1820.

J'approuve, monsieur, la nomination que vous avez faite de M. Louis-Eugène Chaigneau en qualité de chancelier de votre consulat en Cochinchine, et je vous autorise à lui allouer un traitement de 1,500 IV. par an; cette dépense vous sera remboursé* sur l'état que vous produirez à mon ministère.

Recevez, monsieur, etc.

1. Minute. — Eugène Chaigneau fut plus tard consul à Singaporo ;

voir infra.

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