‹ Mélanges d'histoire et de géographie orientalesChapitre 57 sur 100 · XX M · texte numérisé non relu

XX M

J.-B. ChaigneaUy officier français, mandarin à la cour de Cochinchine,

A Son Excellence Monseigneur le Ministre de la marine et des colonies y à Paris l.

Monseigneur,

Je viens invoquer votre sollicitude pour l'importation de la vaccine dans l'empire de la Gochinchine. La petite vérole fait dans cette contrée de bien grands ravages auxquels il devra être facile de remédier par ce préservatif. Il y sera reçu avec bien de la reconnaissance et je le regarderai comme le plus précieux des objets que je suis chargé d'offrir au souverain de la part de S. M. le Roi de France.

M. Lefort, officier de santé à bord du navire le Larose, qui va nous ramener dans ce pays, me paraît bien propre à être chargé d'enseigner aux habitants les moyens d'employer le vaccin et les traitements à suivre pour les sujets vaccinés. Il est déjà fort avantageusement connu en Gochinchine par des cures heureuses et savantes, autant que par son zèle pour son art et ses soins empressés et attentifs pour ses malades; la connaissance particulière que j'ai été à même d'acquérir de toutes ces excellentes qualités me portent à le recommander à Votre Excellence.

Je la supplie encore de vouloir ordonner que tous les vaisseaux du Roi qui seront destinés pour la

1. Rép. le 17 octobre et écrit le même jour à M. Rergerin, corn missaire général à Bordeaux.

Cochinchine soient porteurs d'une certaine quantité de vaccin conservé avec toutes les précautions nécessaires pour un aussi long- trajet, et qu'il soit ordonné aux officiers de santé de donner leurs soins à la propagation de ce précieux préservatif. Daignez agréer, etc.

J.-B. Chaigneau.

J.-B. Chaigneau, officier français, mandarin à la cour de Cochinchine, à Son Excellence le Ministre de V Intérieur, à Paris l.

Monseigneur,

J'ai eu l'honneur de réclamer la bienveillance de Votre Excellence, en la priant, par ma lettre du 4 de ce mois, de vouloir bien accorder à deux de mes fils, Pierre et François Chaigneau, des places gratuites dans un collège du roi.

J'avais témoigné à Votre Excellence le désir de les faire entrer à celui de Sainte-Barbe ; mais j'ai su, depuis ma demande, que cet établissement n'est qu'un pensionnat particulier, où par conséquent aucun sujet n'est admis aux frais de l'Etat. J'oserai exposer aujourd'hui à Votre Excellence qu'il devient fort essentiel pour mes enfants d'obtenir de votre sollicitude la faveur d'être nommés au collège royal de Pontivy : là ils seraient à portée d'avoir avec leur famille des relations qui leur seraient presque interdites dans des villes moins rapprochées. L'éloigne-

1. Ecrit au ministre de l'intérieur le ;>7 octobre IS'20. — L. s.

ment de la capitale et de presque toutes les maisons d'instruction du royaume, ne leur permettrait pas non plus de jouir des vacances qui leur seraient accordées, et qu'en province ils pourront passer tous les ans, près de leurs parents dont ils réclament pour longtemps encore les bons soins et la surveillance.

Permettez-moi, Monseigneur, d'appuyer fortement sur ces motifs auprès de Votre Excellence, et de faire valoir auprès d'Elle que les places gratuites dans les collèges de provinces, et en Bretagne surtout, sont moins ambitionnées que dans ceux de Paris et des villes qui en sont plus rapprochées.

Daignez agréer, Monseigneur, etc.

J.-B. Ghaigneau.

Lorient, 8 octobre 1820.

Page 1