Rép. le 27 juin 1822. I
tout ce qui concerne l'objet de la mission dont le roi et vous-même avez bien voulu m'honorer. Votre Excellence y verra que des circonstances fâcheuses ont ajourné le moment de mes négociations, et me donnent à craindre de leur voir éprouver quelques entraves de la part du gouvernement coehinchinois. Il m'est possible de n'avoir à vous rendre, Monseigneur, qu'un compte peu satisfaisant de mes démarches, dont j'ai cru devoir vous informer aussi dans les notes que j'ai eu l'honneur de soumettre à Votre Excellence.
Je joins aussi à ces notes une lettre relative aux bons services que M. Philippe Vannier, comme Français et comme mandarin, est disposé à rendre ici à ses compatriotes, toutes les fois qu'il s'agira du bien g-énéral.
Espérons que la réunion des bons sentiments chez tous les Français qui viendront résider en Cochinchine, ne contribuera pas peu à la formation et au maintien des relations amicales que la France veut établir entre elle et ce royaume; relations qui, en étendant les vues et les opérations de son commerce, lui assureront de plus en plus la conservation de la paix dont elle jouit par les bienfaits de son auguste Souverain.
Daignez, Monseigneur, mettre aux pieds de S. M. l'hommag-e de mon parfait dévouement, et veuillez agréer pour vous-même, etc.
Le Consul de France enrCochinchine,
J.-B. ClIAIGNEAU.
Notes soumises à Son Excellence le Ministre des affaires étrangères, par J .-B. Chaigneau, Consul de France en Cochinchine, en date duXQ octobre 1821 4.
Le 17 mai 1821, le navire le Larose se trouvant mouillé, dès le matin, devant l'embouchure de la rivière de Hué, où il avait fait flotter déjà le pavillon français à un précédent voyage, le capitaine fit saluer cette capitale de 21 coups de canon. Le salut venait d'être achevé lorsqu'on vit sortir de la rivière une embarcation se dirigeant vers le navire qu'elle ne tarda pas à accoster. Elle avait été expédiée par le mandarin du port qui nous envoyait en reconnaissance ses écrivains ou lettrés. Je répondis promptementaux demandes qu'ils avaient été chargés de nous faire, et leur fis avec empressement toutes celles qui devaient intéresser le plus l'objet de ma mission.
Ce fut avec un bien vif sentiment de peine que j'appris la mort de l'empereur Gia-long : ce prince avait expiré vers la fin de l'année 18192. Je devais craindre que cet événement n'eût apporté dans ce pays des changements très défavorables aux relations dont j'allais devenir le médiateur ; les faits ont malheureusement confirmé en partie ces premières
1. Copie — Cette copie est la première d'un registre sur lequel on avait commencée copier les dépêches du Consulat «le Cochinchine ; le registre ne contient que seize pièces copiées but les quarante-cinq premiers feuillets du registre. — La plupart de ces pièces existent en original dans le dossier Chaiyneau ; les autre- pièce- originales BOnl probablement égarées. —Naturellement, nous ne reproduisons d'après les copies que celles qui n'existent pas en original.