Hép. le 22 juin 1822. — L. signée
naires qu'ont nécessitées mes premières démarches auprès des autorités de ce pays.
Vous n'ignorez pas, Monsieur, que l'offre de quelques présents est, en Cochinchine, même parmi les particuliers les moins fortunés, un usage de rigueur et qu'on ne saurait s'en dispenser lorsqu'on traite quelque affaire que ce soit.
D'après ces considérations, que j'ai l'honneur de rappeler à Son Excellence le Ministre dans les notes que je lui soumets, j'ai jugé qu'il était convenable de me munir, avant mon départ, des objets qui devraient convenir le mieux aux personnes distinguées du pays, auxquelles je puis avoir recours pour l'objet de ma mission. Le mandarin des étrangers, le gouverneur de la province et quelques autres, semblaient surtout par leur rang élevé et leur grand pouvoir à la cour, mériter des offrandes de quelque valeur, et je n'ai point balancé à les leur faire, pensant bien qu'ils m'en témoigneront leur reconnaissance en s'employant à servir les intérêts des Français en ce qui dépendra d'eux. J'ai fait aussi pour cet effet quelques achats d'objets choisis dans la cargaison du Larose et fort prisés par les mandarins.
Mais ayant pris sur moi de faire l'achat de ces objets, sans savoir d'ailleurs si vous voudrez bien approuver que je produise dans mes comptes celte dépense et celles de la même nature qui pourraient se reproduire par suite, je viens solliciter votre autorisation avant d'en faire mention dans ma comptabilité. Je désire bien aussi savoir de vous-même, Monsieur, s'il conviendra que j'y fasse paraître le montant de l'achat ou des loyers d'une maison que j'ai dû me procurer à mon arrivée dans ce pays.
300 MKLANGES ORIENTAUX
Je n'ai, outre les deux articles que je viens de citer, aucun remboursement à attendre du Ministère, si ce n'est celui de quelques fournitures de bureaux dont j'ai fait l'emplette en France, et dont la somme est trop modique pour que j'en dresse l'état en particulier.
Son Excellence le Ministre et vous-même, Monsieur, voudrez peut-être excuser les demandes de ces renseignements et autres que je pourrai vous faire; du moins deviennent-elles plus excusables après le long* séjour que j'ai fait en Cochinchine, étranger à toutes nos formalités.
J'espère du moins que mon zèle et mon exactitude à me conformer à mes instructions qui seront mes seuls guides, lèveront les difficultés qu'aurait pu causer l'ignorance de certains usages.
Veuillez agréer, Monsieur, etc.
Le Consul de France en Cochinchine, J.-B. Chaigneau.
20 octobre 1821.
.4 Son Excellence le Ministre de la Marine1.
Après avoir quitté Bordeaux le 28 novembre 1820, je m'embarquai, suivant l'avis que j'avais eu l'honneur de participer à Votre Excellence sur le navire le Larose, armé par MM. Balguerie, Sargel et Cie et me trouvai en mer le 1er décembre. Le vaisseau fit voile pour Batavia, où il mouilla le 7 avril suivant,