Act. XV
de Jérusalem; ainsi, dans les discours de Pierre et de Jacques, T auteur des Actes ne prend que ce qui se rapporte aux dispositions principales de cette décision, laissant de côté les précautions oratoires dont ils ont dû l'entourer pour ne pas blesser leur auditoire. Il est dès lors très naturel de n'y trouver rien que de très favorable aux vues de saint Paul; il suffit, pour cela, qu'ils ne lui aient pas été opposés. Or saint Paul lui-même le reconnaît à diverses reprises : les Apôtres de Jérusalem n'imposèrent à son enseignement aucune condition nouvelle (oiBèv -TcpoaavéôsvTo... GaL II, 6) ; mais au contraire* (àXXi ToivavTtov... Ibid., 7), ils lui tendirent la droite en signe d'union (SeÇiaç eScoxav èp^ol xal Bapva6a xotv(i)v(aç.. Ibid,^ 9) ayant reconnu l'origine et la mission divine de « l'Évangile des incirconcis ». Renan, qui se sert de tout ce morceau pour faire ressortir le désaccord avec les Actes et qui ne veut voir dans la convention dont parle l'Ép. qu'un modus vivendi pratique ne touchant pas au fond des choses, oublie NATURELLEMENT de citcr Cette phrase importante qui aurait pu le gêner et où le fond des choses est bien visé (..,tSôvTsç oti 7us7u(ffT£U[ji.at to euayY^" Xtov Tîjç àxpoôuŒTtaç... xal yvovTSç tyîv ^aptv tyjv 8o66ï(Tav [xci. Ibid., 7, 9). Us comprirent que C^ui qui agissait pour Pierre auprès des circoncis, agissait aussi pour Paul auprès des Gen-
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tils [Ibid., 8). Or ceux qui se sont ainsi conduits envere Paul et ont donné à son Évangile de pareilles marques d'assentiment, de Yaveu de Paul lui-même, n'ont-ils pas pu et dû tenir précisément le langage que leur prêtent les Actes? Qu'on lise leurs discours en face de ces déclarations de saint Paul et que Ton compare! Les deux principaux orateurs des Actes, Pierre et Jacques, figurent dans l'Épltre* parmi ceux qui ont protesté de leur union avec Paul. L'incident d'Antioche, que raconte ensuite saint Paul 2, montre encore davantage que saint Pierre pensait et agissait comme saint Paul. Celui-ci lui reproche une défaillance dans un cas particulier, une inconséquence ; mais Pierre s'était mis à vivre d'habitude en communion avec les Gentils. « Toi qui vis iSvixwç xal oix 'louSaïxwç, » lui dit saint Paul dans son reproche 3; et plus loin, quand il veut montrer à Pierre que la nouvelle conduite de celui-ci, l'acte de se séparer des Gentils convertis comme s'ils étaient toujours des à|jLapTa)Xo(, est en contradiction avec ses propres principes, son raisonnement implique que Pierre admet tout comme lui qu'on est justifié non par la loi, mais par la foi. « Nous juifs de naissance..., ayant reconnu que nul n'est justifié