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3. Rien n'oblige à entendre le oùv SXifi èxxXY)9C(f d'une unanimité absolue; nne unanimité morale suffit à l'expliquer.
trop de difficulté rassentiment de la plupart d'entre eux. L'assimilation qu'elle semblait consacrer entre les prosélytes de la porte et les Gentils incirconcis n'était pas pour leur déplaire. On ne touchait pas à la position des Juifs convertis ; leur situation privilégiée paraissait demeurer intacte. Us avaient jusqu'à un certain point satisfaction ; mieux leur valait se taire pour le présent et se réserver pour l'avenir sans provoquer de résolution plus décisive. L'aperçu que jette en passant le v. 22 des Actes n'a donc rien d'invraisemblable , rien au contraire qui ne soit dans le tempérament de l'erreur que nous étudions.
Si nous ne suivons pas en détail les fluctuations de rassemblée, nous avons du moins dans leurs lignes principales les discours des Apôtres. Nous avons déjà remarqué que l'auteur des Actes avait choisi les traits saillants, ceux qui allaient directement au résultat final sans se préoccuper des transitions ou des précautions oratoires exigées par le milieu. Aussi ces discours, dans leur forme actuelle, présentent-ils des raccourcis où les idées conformes à l'accord intervenu entre les Apôtres et saint Paul et par conséquent à la liberté des Gentils, sont en singulière évidence. Le lien des diverses parties a besoin d'être recherché et même parfois, comme à la fin du discours de
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Jacques, il est impossible, dans Tétat actuel, de rétablir d'une façon certaine la connexion des pensées. Et cependant, malgré cette condensation et ces lacunes, chaque discours, et dans la facture générale et jusque dans les détails , a sa nuance propre, celle qui convient respectivement au caractère connu par ailleurs de Pierre et de Jacques. On se prend parfois à regretter Tœuvre de Tabréviateur, mais on n'a à reconnaître ni à déplorer aucune grave retouche de l'historien qui eût coulé les deux morceaux dans un moule imiforme et sans ces particularités caractéristiques.
Pierre , l'homme des premiers mouvements et des grandes initiatives, défend avec plus de hardiesse et d'ampleur la liberté des Gentils; Jacques*, ce saint de la nouvelle alliance toujours
1. Jacques, frère du Seigneur, ce saint aux genoux de chameau, qui demeurait si longtemps prosterné dans le temple , est un des personnages de FÉglise primitive qui ont le plus fait impression dans l'antiquité ecclésiastique. Quelque altéré que puisse être le portrait laissé au IP s. par Hégésippe, reproduit par Ensèbe {H, E. II, 23) et par S. Jérôme {De vir. inl, 2), la constante fidélité aux rites mosaïques est un trait incontestable et présente du reste un point de raccord arec ce que les Actes nous rapportent de lui (XXI, 18, 25 et XV, 21). — Jacques, frère du Seigneur, demeuré évéque de Jérusalem après le départ des Apôtres, est bien celui dont parlent les Actes (1. c.) et S. Paul {Gai. 1, 19; II, 9, 12; // Cor, XV, 7) ; sur ce point il y a accord parmi les anciens ; mais , quand il s'agit de savoir si ce Jacques était un a des douze », ils sont divisés; la question reste pleine d'obscurité et n'intéresse qu'indirectement notre élude. — Jacques , frère du Seigneur, est certainement distinct de Jacques de Zébédée, frère de Jean, dont
fidèle aux observances traditionnelles sans méconnaître les principes de TÉvangile, vrai trait d'union entre les deux Testaments et s'attirant ainsi la considération universelle à Jérusalem, s'applique à rattacher le présent au passé et dé-
le martyre est antérieur à la réunion de Jérusalem (Act. XII, 2) ; et, le serait-il aussi de Jacques, fils d'Alphée, comme Tout pensé la plupart des anciens, il n'en serait pas moins un personnage important, qui eut, en dehors des douze, le titre et le rang d'apôtre. « ... Et je ne vis aucun autre apôtre sinon Jacques, le frère da Seigneur, » dit saint Paul de lui en racontant son premier voyage à Jérusalem. [Gai, t, 19). Il n'est donc pas indifférent de savoir s'il fut un judaïsant obstiné, le chef de la faction , comme le prétend l'école de Tubingue à la suite des judaïsanls du IV et du IIP s. qui se prévalent de sa fidélité à la loi mosaïque pour couvrir leurs doctrines de son nom ; ils Texaltent même jusqu'à lui donner le titre d'évêque des évéques; cfr. en tête des Homélies Clémentines^ la prétendue lettre de Clément à Jacques. Cette vénération outrée ne doit faire illusion à personne, et cependant déjà au IV® s. (v. 360-390) un auteur recommandable s'y est mépris : Marins Victorinus, qui fut d'après saint Jérôme {in Gai. praef. lib. i.) le premier commentateur latin de saint Paul, s'est laissé égarer par les dires et les écrits des ébionltes ; il considère Jacques^ frère du Seigneur, comme le chef réel des judaîsants qu'il appelle Symmachiens (cfr. même désignation dans VAmbrosidster, in Gai. prooem,) et il prétend que saint Paul, dans Gai. I, 19, a voulu nier Tapostolat de Jacques, a Hic Paulus negavit Jacobum apos. tolum... cum autem fratrem dixil, apostolum negaviL » (Victorinus, in Gai. I, 19 et in II. 2). Le témoignage de Victorinus n'a pas d'écho, mais il mériterait d'être étudié avec soin et je m'étonne qu'on n^ait pas davantage appelé sur lui l'attention. Il est vrai que saint Jérôme prise peu les commentaires du vieux rhéteur converti et met en doute sa compétence de ce que « occupatus ille eruditione saecularium litterarum, scripturas omnino sanctas ignoraverit, et nemo possit quamvis eloquens de eo bene disputare quod nesciat » Saint Jérôme a raison : rien ne s'improvise moins qu'un exégète.
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couvre dans les prophètes la prédiction de ce mouvement nouveau des nations vers le pavillon restauré de la maison de David.
Pierre ne pouvait commencer avec plus d'àpropos qu'en rappelant Tévénement qui avait ouvert quelques années auparavant la porte de FÉglise aux Gentils ^ : la conversion du centurion Corneille. Dieu avait manifesté sa volonté, ayant donné TEsprit-Saint aux Gentils comme aux Juifs 2. C'est l'argument de fait qui avait déjà fermé la bouche aux mécontents (Cfr. Act, XI). Pierre ici va plus avant et présente la conclusion qui s'en dégage : Dieu n'a pas fait de distinction entre ces Gentils croyants et les Juifs par rapport au moyen de justification : xal oiôèv Stéxpivsv [xsTaÇù tqijlwv ts xa'i auTwv t^ tciotsi x,aOap(a<; xiç xapStaç auTwv [Act. XV, 9). 11 a purifié leur cœur par la foi. Voilà le
1. Act, XV, 7. — C'est en termes généraux que Pierre fait allusion à celte conversion , ta SOvt}, ce qui élève le fait particulier à la hauteur d'un principe.
2. Act. XV, 8 : ô xapSioyvwaTYj; 0eôç èfAaptupviaev, aOroïç 8où; to ^eù|ia t6 &\\(yi y-aOcb; xai V)(j.tv... L'expression bien caractéristique x<x(>S;oYV(09T7);, uc sc trouvc que dans le N. T., ici et Act. I, 24 et dans les écrivains ecclésiastiques à partir du pasteur d'Herinas (II, 4, 3). Il est remarquable que dans l'autre passage du N. T. où nous le rencontrons , c'est encore dans la bouche de saint Pierre qui dut réciter au nom de tous la prière rapportée en cet endroit. Ici l'expression est admirablement appropriée et rappelle que le i^ieo qui communique l'Esprit, n'arrête pas son regard aux observances du dehors, mais voit plutôt le fond du cœur, la fol. Elle <lonQe la raison du fait qui est indiqué ensuite.
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fait incontestable dont Teffusion sensible du Saint Esprit a été le signe extérieur. Dans ce fait Pierre voit dès lors la ligne de conduite à suivre pour Favenir; et prenant l'offensive contre les opposants, dont ce seul passage du discours fait sentir la présence : « Pourquoi donc maintenant, leur (( dit-il, tentez-vous Dieu en voulant imposer au « cou des disciples un joug que ni nos pères, ni « nous n'avons été capables de porter^? » C'est un autre fait que Pierre constate et qui lui fournit le trait le plus vif contre les mécontents. Qu'il est bien à sa place dans la bouche de l'ancien batelier de Galilée, plus dégagé des préjugés d'éducation, plus prompt à reconnaître les défauts et les lacunes du judaïsme! Jacques ne reviendra pas sans doute sur ces paroles de Pierre, mais son discours ne renfermera rien de tel.
Ce trait qui porte coup droit aux adversaires est accompagné d'une phrase d'une bien autre importance doctrinale. En affirmant que Dieu a purifié le cœur des Gentils par la foi, Pierre a reconnu tacitement que la Loi est inutile pour leur justification , et c'est sur cette conclusion implicite que s'appuie la vive reprise : « Pourquoi donc tentez- « vous Dieu en voulant surcharger le cou des dîs-
1. Act XV, 10 : vOv ouv x\ TCJtpàÇftTe t6v Oeèv iTtiOeîvat Çu^^^ ^^'i "tov tpâx^Xov Twv (j.aOT)T(î)V ôv oûts ol icarépe; ^(jlûv ovt£ ^{isTc laxuoa{Ji6v ^ourcàjai.
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« ciples? » Mais de plus il déclare que les Juifs eux-mêmes sont justifies par la grâce du Seigneur Jésus de la même manière que les Gentils * ; c'était, en termes d'une suffisante clarté, donner congé à la Loi même pour les Juifs. Pierre tirait ainsi du fait premier toutes ses conséquences, et Paul lui-même n'ira pas plus loin. On dit et on répète que la décision de Jérusalem était toute pratique, que la question ne se présenta que sous cette forme ; le premier point est vrai, mais le second est faux. Les judaïsants avaient eux-mêmes posé dès le début la question sur le terrain doctrinal; ils enseignaient que si on n'était pas circoncis selon la loi de Moïse, on ne pouvait être sauvé 2. La décision, il est vrai, donne la solution pratique, mais elle s'appuie sur des considérations doctrinales; et ces considérations c'est le discours de Pierre qui les présente : « Dieu s'est « manifesté il leur a donné l'Esprit-Saint comme « à nous et n'a mis aucune distinction entre nous
« et eux, par la foi ayant purifié leur cœur
« c'est par la grâce du Seigneur Jésus que nous « croyons être sauvés de la même façon que ceux- « ci (les Gentils) ^ «
1. AcU\S^ 11 : àXXà Sià Tfjc x^piTo; toO Kupiou *It]9ou 7CiffTeuo(Aev acoOrivai xaO^ dv Tp6icov xày.8Tvoi...
2. Ad, XV, 1 : xai nve;... èoi'Saaxov... 6xt èàv |iii^ ireptTjiyjÔfîTe T(j> ëOet t4> M(oOa£(o; oO SuvaaOe <7(o67ivai.
3. Act. XV^ 9, 11 : ô... 6eo; âicapTvpT)jev aOtotç $oùç Ta icveOjiA %b
Nous n'éprouvons aucun embarras à reconnaître tout ce qu'il y a d'avancé ou, selon l'expression de la néocritique, de paulinien dans le discours de Pierre. Nous signalerons encore quelques rapprochements intéressants. Saint Pierre a mis en avant l'argument de fait : Dieu a manifesté sa volonté en donnant le Saint-Esprit aux Gentils. Or quand saint Paul attaque l'erreur judaïsante répandue parmi les Galates, il commence par ce même argument. « Je ne veux savoir de vous « qu'une chose : est-ce des œuvres de la Loi ou « de la prédication de la foi que vous avez reçu « l'Esprit?... Celui qui vous confère l'Esprit et « opère des miracles parmi vous, est-ce par les « œuvres de la Loi ou par la prédication de la « foi*? » Et ensuite, saint Paul argumente de la malédiction qui pèse sur les sujets de la Loi *, incapables de se tenir fidèles à tous ses préceptes ; son raisonnement a pour base le fait franchement reconnu par saint Pierre : « Pourquoi imposer au « cou des disciples un joug que ni nos pères ni « nous n'avons pu porter ^ » : image expressive dont se sert aussi saint Paul quand il veut détourner
&Yio^ xa6(i>c xal ^(xlv xal oOOèv SUxpivev pteta^ù y^ijiuv te xat aOrcûv tq ncorei xaOoptoac Ta; xap$(a; aÙTcàv... 8ià Tfj; yJk^^'^Q^ '^^^ Kvp^ou 'lr,9ov ici(TTeuo|iev ocoO^vxi xaO'Sv Tpoicov xàxetvot.