‹ Mélanges d'histoire et de litérature religieuseChapitre 59 sur 115 · S2 MÉLANGES D'HISTOIRE · texte numérisé non relu

S2 MÉLANGES D'HISTOIRE

chement à la loi mosaïque, avec son ardent désir de ménager ses compatriotes. Dans la manière dont il accorde ce qu'il est impossible de ne pas concéder, non moins que dans les réserves, qu'il apporte en vue de la conciliation, son discours ne peut être davantage, pour l'allure générale, même pour les détails, dans le ton qui convient à la physionomie si singulière de cet apôtre. Rien ne ressemble moins dans la forme aux vues et aux vives sorties de Pierre. Celles-ci tendaient à élargir le débat ; elles visaient Juifs et Gentils. Jacques, pour éviter tout éclat, ramène la question au seul cas des GentiU et à la solution pratique à laquelle on se tiendra. Ces dernières paroles même, quelleque soit la manière dont en les rattache à ce qui précède, rendent hommage* à la loi de Moïse, « lue par toute la ville dans les synagogues chaque sabbat, » et qu'il envisage comme une institution nationale toujours subsistante; elles tendent à laisser les Juifs en dehors de la question et contre-

1. AcL XV, 21. — Ceci ressortirait bien davantage si on admettait l'explication de saint Ghrysostome {in h. 2.), suivie par beaucoup de commentateurs. Il pense que par cette phrase saint Jacques veut expliquer pourquoi, dans les mesures proposées, il ne s'est occupé que des Gentils; le raisonnement à suppléer serait celuici : a Quant aux Juifs, ils savent ce qu'ils ont à faire; ils ont Moïse lu dans les synagogues... » La permanence de la loi pour les Juifs serait alors indiquée d'une façon bien accentuée dans le discours de saint Jacques. — Dans l'explication que nous indiquerons plus bas et que nous préférons^ cette idée est moins accusée.

balancent Tefifet des paroles si graves de Pieï^re ^ Mais, par rapport aux Gentils, il manifeste son accord avec Pierre , en rappelant dès le début de son discours le récit de celui-ci sur la première conversion des Gentils 2. Aux signes extérieurs qui l'ont accompagnée, c'était bien à lui d'ajouter, comme témoignage, les paroles des prophètes ^. Us parlent du mouvement des Gentils vers le vrai Dieu aux temps messianiques sans en indiquer les conditions. Or Pierre a raconté comment^ Dieu, en fait, avait réglé ce mouvement sans exiger auparavant l'observance de la loi. C'est pourquoi Jacques juge qu'il ne faut pas entraver ce mouvement 5. Il accorde donc la liberté réclamée, mais il veut lui enlever tout ce qui choquerait trop ouvertement les Juifs en proposant certaines réserves. Il soumet les Gentils convertis à des prescriptions (v. 20) qui ressemblent à celles des prosélytes de la porte; encore ici Jacques n'invente rien; il s'en tient à un code de préceptes, reçu dans le judaïsme. Après avoir proposé ces prescriptions, sur lesquelles nous reviendrons, Jacques ajoute la phrase dont le raccord logique avec ce qui précède n'est pas facile à découvi'ir, mal-

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