Grammatica aethiopica,., Karisrnhe
hethéennes pourrait aussi appartenir à ce rameau ; on commence à le soupçonner, mais le déchiifrement est encore trop peu avancé pour permettre de se prononcer. A Y hébreu ancien se rattache le néo-hébreu de la Mishnâ, de la Gemarâ de Jérusalem et des écrits rabbiniques. Par rapport à Thébreu vivant et parlé des textes bibliques, il est chez les uns ce qu'est le latin scolastique du moyen âge , chez les autres ce qu'est le latin d'imitation classique par rapport au latin ancien.
Varaméen avec ses variétés forme le second rameau, qui se bifurque en rameau occidental et rameau oriental y ainsi nommés sinon d'après leur position géographique primitive, au moins d'après la position qu'ils occupent à l'époque des monuments qui nous restent. Les variétés de l'araméen occidental ont laissé des monuments littéraires : 1** dans Varaméen biblique (parties de Daniel et d'Esdras), à tort nommé chaldéen, et dans ces livres eux-mêmes appelé araméen (aramith) ; T dans les Targumim ou traductions populaires de la Bible, à l'usage du peuple juif, quand il cessa d'entendre la langue sacrée ; 3"* dans le samaritain^ qui a conservé une écriture spéciale directement dérivée de l'ancien type d'écriture chananéo-hébraïque. Non seulement nous possédons transcrit avec ces caractères le Pentateuque hébreu, mais encore en dialecte samaritain une version de ce
livre et aussi de nombreux fragments liturgiques, prières et cantiques^.
Les inscriptions de Palmyre et celles des Nabathéens dans le Hauran et à Pétra nous ont aussi conservé deux autres dialectes de Taraméen occidental.
Le rameau araméen oriental comprend avant tout le dialecte d'Édesse, que Técole chrétienne de cette ville, à partir surtout du quatrième siècle de notre ère, a rendu prépondérant et a répandu par sa riche littérature : c*est le syriaque qui a, lui aussi, ses variétés dans la prononciation et récriture différentes des occidentaux (maronites, jacobites) et des orientaux (nestoriens). La littérature syriaque intéresse hautement l'histoire ecclésiastique, les études exégétiques, la théologie. Aussi le syriaque est-il depuis longtemps une des langues sémitiques le plus étudiées, et son système grammatical présente avec l'hébreu d'importants rapprochements. Parmi ceux qui, de nos jours, l'ont spécialement cultivé en France, M. l'abbé Martin, professeur à l'Institut catholique de Paris, a composé divers travaux sur des points particuliers de paléographie et de grammaire, publié des textes inédits et rédigé une bonne grammaire élémentaire. Le Traité de gram* maire syriaque de M. Rubens Duval (Paris, 1881)
1. Gfr. la 4« livraison de la Bibliotheca Samaritana, de M. Heidenhelm : Die samaritan. Liturgie... Lpz, 1888.
est le travail le plus considérable qui, en France, touche à la grammaire comparée des langues sémitiques, spécialement à la phonétique.
Des dialectes appartenant à Taraméen oriental se sont développés d'un façon indépendante, et portés par des tribus araméennes dans la Babylonie, y ont donné naissance aux dialectes que nous ont conservés la Gemarâ de Babylone et les écrits religieux des Mandéens, Enfin, des dialectes araméens sont encore parlés par les chrétiens nestoriens de Urmia par des tribus fixées sur le Haut-Tigre et par quelques autres aux environs de Mossoul.
La branche du Nord compte, en troisième lieu, la langue assyro-babylonienne des inscriptions cunéiformes, la plus jeune dans l'ordre de nos connaissances, la plus ancienne par les monuments qui nous en restent, et à certains points de vue la plus précieuse pour la philologie comparée, parce que les monuments nous arrivent directement et pour la plupart sans transmission littéraire. Ici, pour la découverte , le déchiffrement , les études grammaticales, la France se trouve honorablement représentée : les noms de Botta, de Saulcy, Oppert, Menant, Lenormant, à des titres divers, méritent d'être rappelés, et ce ne sont que les principaux*. L'effort que l'on a dû faire pour interpréter ces inscriptions et chercher dans les langues de la même
1. A côté des travailleurs de la première heare qui ont frayé la
famille des points de comparaison a déterminé en France un mouvement d'étude plus accentué dans toutes les branches de la philologie sémitique. On reconnaît aujourd'hui non seulement que Tassyrobabylonien est une langue sémitique, — ce qui pendant quelque temps fut d'abord contesté, — mais encore qu'il appartient dans la famille sémitique au même groupe que Taraméen et l'hébreu, et encore qu'il a plus de parenté avec l'hébreu qu'avec l'araméen. On voit par là quel profit peut retirer de ce côté la grammaire hébraïque. Ce n'est pas seulement par l'histoire, les mœurs et les croyances que l'étude de ces inscriptions intéresse les choses de la Bible ; elle intéresse aussi sa langue et peut amener une rénovation du commentaire verbal. Les Prolégomènes de Delitzsch, déjà cités, nous promettent pour la lexicographie une ample moisson qui autorise la revision du dictionnaire hébreu, même après lestravauxdeGéséniusetdeFtlrst. Résumons-nous. L'application des connaissances de philologie générale, la comparaison méthodique des formes actuelles, les rapprochements avec les langues de même famille, tels sont les procédés mis en œuvre par l'école moderne pour la
Toie et parmi lesquels Oppert est au premier rang, il faut signaler ceux qui, par leurs travaux d'apparence plus modeste, savent organiser la conquête, passent au crible les premières conclusions et donnent aux interprétations une base plus solide, comme MM. Pognon, J. Halévy, Amiaud et le regretté S. Guyard.
construction de la grammaire hébraïque : elle les emploie simultanément; ils se contrôlent et se complètent; ce que l'un suggère l'autre le confirme, et réciproquement.
Grâce à ces moyens judicieusement employés, on peut déterminer avec certitude ou seulement probabilité suivant les cas, non pas quand et où pour la première fois telle ou telle forme a fait son apparition, mais d'après quel développement et dans quelle succession l'une est sortie de l'autre, et en recueillant les résultats obtenus, on formerait des Éléments de grammaire hébraïque suivant la méthode historique et comparative.