JEAN NICOLET
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Ne laissons pas dans Toubli les hommes d'autrefois qui on travaillé plus et mieux que la généralité de leurs contemporains pour le pays que nous habitons. La reconnaissance honore également le peuple qui la ressent et Tindividu qui en est jugé digne.
Fiers des pi-ogrès qui s^iccomplissent sous nos yeux et par nos mains, n^illons pas rejctter dans Pombi-e nos prédécesseurs. Plusieurs d'entre eux valaient comme on dit leur pesant d'or. Ce quMis ont accompli n'était pas mal eonçu, pas mal exécuté ! Leur patriotisme valait le nôtre. Seuls les moyens d'action étaient, en leur temps, inférieurs îiux ressources actuelles.
Donc, il y a sujet de les connaître, de les aimer et de prononcer leurs noms avant tous.
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Du reste, à quoi bon le respect s'il ne s'applique pas à ces hommes qui furent la personnification du dévouement religieux et national !
Les journaux ont publié, depuis 1873, des articles sur la découverte du Mississipi, — découverte qui a été faite, en 1G73 par le sieur Jolliet, Canadien, et le Père Marquette, né en France.
Une lacune, qui n'est pas sans importance, existe dans tous ces écrits : on n'y mentionne aucunement le voyage de Jean Nicolet accompli trente-neuf ans avant celui des deux découvreurs en question, tandis que l'on cite l'entreprise de l'Espagnol de Soto qui est pour l'histoire du Canada d'une bien moindre valeur que celle de Xicolet.
Jean Xicolet fut l'un des plus courageux voyageurs et découvreurs des piemiers temps de la colonie ; il a fait sa large part de l'œuvre commencée par Jacques Cartier et Champlain et terminée par d'Iberville et les frères la Verendrye.
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Le grarid marin ck Saint-Malo s^ proposait «ie i*emonter l^i fleuve qu'il avait découvert et d'arriver au plateau central du ct>ntin'ent oii iî «espérait trouver des cours d'eau qui le <;onduiraient à la Chin-e et au Japon.
Il dût s^arrêter à Montréal, à cause du saut Saint-Louis.
Près de soixante-dix ans après Cartier, tîous voyons Samuel de Champlain poursuivre la snême idée comme le témoignent ses écrits et ses expéditions.
Vers Pépoque de la fondation de Québec (1608) il n'avait pu encoi-e s'avancer au-delà du saut Saint-Louis, mais il tenait toujours à exécuter le projet de pousser une ex])édition jusqu'à la î^ource du Saint-Laurent,
Lescarbot qui avait été le compagnon de Champlain en Acadie, écrit en 1612 que le grand lac (Ontario) désigné à Champlain par les Sauvages comme donnant naissance au fleuve^ doit aboutir de quelque manière à la mer du Sud. Il ajoute, '^ la grande rivière de Canada... prend son origine de Pun des lacs qui se ren-
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contrent au tils de son cours, si bien qu'elle a deux cours, l'un en Orient vers la France, l'autre en Occident vers la mer du sud."
Avant d'avoir eu la connaissance personnelle du Haut-Canada, Champlain pensait comme Jacques Cartier et Lescarbot qu'il suflSrait d'un voyage de deux ou trois cents lieues à l'intérieur des terres pour atteindre la Chine.
Une rivière de la Virginie passa aussi pendant un certain temps pour avoir sa source près du Japon. On ci-ut ensuite que l'Ohioet le Mississipi conduiraient à la mer du Sud.
Parlant de l'ardeur que Champlain met aux découvertes, Lescarbot écrit encore : " Il nous promet de ne cesser jamais qu'il n'ait pénétré jusqu'à la mer Occidentale, ou celle du Nord, pour ouvrir le chemin de la Chine, en 7ain par tant de gens recherché. Quand à la mer Occidentale, je crois qu'au bout du grandissime lac qui est bien loin outre celui (l'Ontario) dont nous parlons en ce chapitre, il se trouvera quelque grande rivière laquelle se déchargera dans
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icelui. ou en sortira (comme celle de Canada) pour s'aller rendre en icelle mer."
Le même écrivain, qui était poëte à ses heure.*!, nous a laissé, dans les Muses de la Nouvelle-France, un sonnet qui mérite d'être plus répandu qu'il ne l'est; écoutons le :