Gal. II
par les œuvres de la loi, mais par la foi de Jésus, nous aussi avons cru au Christ Jésus afin d’être justifiés par la foi du Christ et non par les œuvres de la loi!. » Si donc saint Paul lui-même suppose chez saint Pierre pareil principe, pourquoi ne veut-on voir qu'un langage d'emprunt dans le discours des Actes quand Pierre dit: « C’est par la grâce du Christ Jésus que nous croyons être sauvés de la même façon que ceux-ci, les Gentils ?? » On dirait presque que saint Paul, dans le discours d’Antioche *, vise la circonstance solennelle, c’està-dire la réunion de Jérusalem, où saint Pierre a proclamé ces principes avec lesquels, dans un moment de faiblesse, il met en contradiction sa conduite.
Ces remarques faites sur le but et le ton propres à chacun des récits, la coïncidence dans les lignes générales se présente aisément, d’autant
O ; plus remarquable que les récits paraissent plus
LCL 16,16.
2. Act. XV, 11. Saint Pierre dans les Acles, après avoir affirmé que Dieu a purifié par la foi le cœur des Gentils (r9 mioter xafapioacs Tàc xapôiac aùtwy.. XV, 9) reconnaît qu'eux Juifs croient être sauvés de la même manière que ceux-ci : ôLà ts yépiros Toù Kupiou ’Incoù niotetouev ow0fvar xaË Ov tpénov xäxeïvos.… Et saint Paul montre à Pierre qu'il se met en contradiction avec sa conduite ordinaire (II. 14), bien plus, avec ses principes connus : fuets cet ’Tovdator... eidotes DE ütt où dixauoütot &vDpwnoc £Ë Épywv vépou ëàv un à miotews Xpiotod ’Inoob, ua hueïc eicX. I. Enioteboapev va
dtratwÔGEV Êx niotews XpioTroÙ xai oÙx ÉE Épywv vouou (15-16). 3. Gal. II, 15-16.
indépendants l’un de l’autre et d’un tout autre accent.
Il s’est élevé dans l'Église, une vingtaine d’années après sa fondation, une vive discussion { comme l'Épitre, les Actes le constatent et les données chronologiques qu'ils fournissent en remontant à partir de l’emprisonnement de Paul à Césarée, comme celles de l’Épitre? prises indépendamment et dans un autre sens depuis la conversion de Paul, nous ramènent approximativement à la même date.
La discussion a pour objet la condition d’admission des Gentils dans l’Église, c'est-à-dire leur liberté vis-à-vis de la Loi, en particulier elle porte sur la circoncision; c’est ce que déclarent les Actes. Dans l'Épitre, le même objet est suffisamment indiqué, quand saint Paul parle de liberté à laquelle on veut attenter, d’évangile des incirconcis finalement approuvé, et surtout quand 1l mentionne le cas de Tite (Gal. II, 3), auquel on avait voulu appliquer la prétention générale dont parlent les Actes.
L'issue du débat est la même dans les Actes et dans l’Épitre : il se termine ici et là en faveur des Gentils convertis.
AXN 1 2507, 94!