Gal. I, 18: IL
ALIEN Ve 1.5:
Enfin le rôle des acteurs principaux est déterminé d’une façon semblable; ce sont les mêmes divisés en trois groupes dans les deux récits : Paul et Barnabé, apôtres et défenseurs des Gentils; la fraction mécontente qui suscite la dispute; entre eux les Apôtres de Jérusalem. On ne met pas en doute que l'attitude des deux premiers groupes, des deux extrêmes, ne soit la même dans les deux récits, mais celle des Apôtres est-elle présentée de façon différente ? Pas davantage; ce ne sont pas eux qui soulèvent la question, mais une fraction à côté d’eux, remarquent bien les Actes, et ceux qui réclament n'agissent pas sous le patronage des Apôtres?. Saint Paul, dans l'Épitre, ne les représente pas avec moins de force comme gens qui sont sans mission ?, qui s'introduisent d'eux-mêmes et furtivement dans ses relations avec les Apôtres. Il les distingue donc des Apôtres aussi positivement, et même plus énergiquement que les Actes. Dans les Actes et dans l’Épitre, ce sont ces faux frères qui sont les rivaux de saint Paul ; ici et là, les Apôtres sont d'accord avec saint Paul : dans l’Épitre c’est dit en quelques mots, mais bien expressifs : obdèv rpooavélevre... debiac
Ewrav Euor rat Bapväéa rowwvtiac; 11 reconnaissent
1. Act. XV, 1,5, dé. tivec Toy nd Ts aipécewc Tov Paproxiwv.…. 2. Act. XV, 24, mivès 8E u@v éée)0évres.. oùc Où dreotetAduelo. 3. Toùs napstoaxtous Vevdads]pous.
J’évangile des incirconcis, +ù ebayyélioy rc àupo- &vortac. Dans les Actes, les discours de Pierre et de Jacques, la décision finale mettent en scène la même attitude.
Il reste encore un doute : saint Paul, dans l’Épître, ne parle-t-1l pas avecune certaine ironie des Apôtres quand il les désigne quatre fois en quelques lignes sous ce titre : Ceux qui sont réputés quelque chose!? au moins indirectement, par là ne les présente-t-1l pas comme adversaires? — Cette ironie, si ironie il y a?, viserait-elle les Apô-
1. Toïs doxodoiv….. TOV OoxoUvTwY Etvat Tu... où doxoDVTe... où 0opodvtes otdhot etvar... II, 2, 6, 9.
2. En effet, la plupart des commentateurs anciens entendent l'expression bond fide sans ironie et plutôt comme un hommage rendu à la réputation dont jouissaient les Apôtres, c’est un iyxwuov pour saint Chrysostome (in R. L. : xai rdv où tv eivor dvaipov Tos doxodvrds pnotv, SANG LA TAV TOV EAAWV TapaRaUÉEVEOY YVHUAV... — Ce que B. de Péquigny (in h. L.) rend heureusement : « Hoc verbum videbantur non tollit rei veritatem sed famam addit veritati. » — Ces paroles de saint Chrysostome résument bien l’impression de la plupart des anciens, et beaucoup d’interprètes modernes la partagent; cfr. Ellicott, Alford, éd. 1884, B. Weiss. Handb. d. N. T... $ 14, n. 7, 1886. En elle-même l'expression oi doxodvres prise seule ne comporterait pas ironie, comme en plusieurs passages d'auteurs profanes ; elle équivaudrait à oi ënionuot cfr. Theodoret, in h. 1., ou à ot ëvdoïo cfr. Theophylacte, in h. L., Hésychius ; mais ce qui lui donne ici une portée singulière, c’est la répétition à si peu d'intervalle d'un terme qui n’est pas ailleurs employé pour désigner les Apôtres ; ce sont, plus encore, les additions aux vv. 6,9; dox. eïvaitr, otddot eivat.… la première surtout a quelque chose qui sonne mal, par ex. Gal. VI, 3; cfr. I Cor. II, 7; Act. V, 35... Il est bon de constater que quelques interprètes grecs, malgré l'explication courante, ont ici senti, dans l’ex-
tres, que saint Paul n'aurait pas moins constaté leur accord avec lui, et ceci nous suffit pour faire coïncider son récit avec celui des Actes dans les grandes lignes. Mais, disons-le bien haut, l'ironie ne peut viser les Apôtres. Le supposer, ce serait porter atteinte à la sincérité de saint Paul; à moins qu'il n’y ait en lui le owet le non — ce dont ilse
pression, un ton de bläme et, l’appliquant aux Apôtres mêmes, s'en tirent par leur théorie de l'oixovoui«, cfr. Oecumenius in R. 1. et Photius cité ap. Oecumen.; quelques latins aussi, saint Augustin, Pelage, dans leur Comment. in h. l. au v. 6 prennent l'expression en mauvaise part, mais ils ne l’appliquent pas aux Apôtres; ce qui est une faute manifeste. — L'expression s'explique plutôt comme le oi ürepAtav àméotoo. de 11 Cor. XI,5; XII, 11, dirigée non contre les Apôtres, leur titre et leur mission, que saint Paul reconnaît si expressément aux vv. suivants 7-9, mais contre la manière dont les judaïsants les exaltent et se prévalent d'eux. — Notons que dans la Vulg. la pointe d'ironie est beaucoup plus accusée et paraît atteindre directement les Apôtres, non seulement parce que le texte actuel ajoute partout esse aliquid, qui dans le grec ne setrouve qu’une fois au v. 6, mais surtout parce qu'il rend le participe doxodvres par l'imparfait qui videbantur ; ce qui écarte davantage le sens of ox. pris absolument, et nous reporte au moment de la réunion de Jérusalem, tandis que le présent ramène aussitôt l'esprit à la réputation surfaite et exclusive que les judaïsants sont en train de répandre et que les fidèles Galates n'acceptent que trop. ( L'Amiatinus, comme le texte du Comment. de saint Jérôme, n’a qu’une fois le esse aliquid ; la vieille Vulg., telle que la représente le Claromontanus, traduit par le présent au v. 6 : qui videntur.) — Dès lors avec l’imparfait, l'opposition si accusée entre le &mû tüy douobvyrwvy eivai tt et la parenthèse éxoiot note fou se trouve bien amoindrie, et de plus le traducteur latin prend more pour l’adverbe (aliquando) et c'est plutôt la particule donnant à ôxotot le sens de gualescumque, comme l'a bien vu le traducteur syriaque. Dans un passage si important, il ne faut négliger aucune nuance.
défend si fort (II Cor. I, 1-19), — il ne peut se prévaloir de l'accord si entier qui à eu lieu entre lui et les Apôtres, déclarer leur mission divine comme la sienne qu'il compare à celle de Pierre !, les regarder par conséquent comme ministres du même Évangile, reconnaitre leur autorité au point d'aller conférer avec eux de peur de courir ou d’avoir couru en vain? ou même aller les voir par honneur et déférence , et en même temps, dans un même récit, vouloir les dénigrer, se moquer d'eux! Ce n’est pas possible. Il faut donc chercher une autre adresse pour ses pointes ironiques. Or elle n’est pas difficile à trouver. Quels adversaires saint Paul a-t-il en vue dans toute l’Épitre? — les judaïsants qui portent le trouble en Galatie et qui, dans leurs attaques personnelles contre saint Paul, le mettent en opposition avec les autres Apôtres; autant ils diminuent son autorité, autant ils relèvent, exaltent celle des autrés, ne parlant d'eux qu'avec des ütres pompeux. Saint Paul les prend dans leurs propres filets et leur dit : « Oui, ceux qu'on exalte devant vous, Galates, que vous avez en si haute estime, qu'on répute les colonnes, eh bien! ceux-là même ont reconnu mon évangile,
1. Henioteuuat to etayyéltov.. xafwc Ilétpos.. 6 yao évepyñous ITétopw... évhpynoev ai éwot.. Gal. II, 7, 8.
2. Avebéunv.….. xt” idiav GE toic doxodoty un news ei xEvéV... Gal. IL, 2.